{"id":1091,"date":"2024-04-13T22:52:15","date_gmt":"2024-04-13T20:52:15","guid":{"rendered":"https:\/\/gregoryderville.com\/?p=1091"},"modified":"2025-06-06T20:10:10","modified_gmt":"2025-06-06T18:10:10","slug":"swell-what-i-always-wanted","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2024\/04\/13\/swell-what-i-always-wanted\/","title":{"rendered":"Swell &#8211; \u00ab\u00a0What I always wanted\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Il y a deux ans disparaissait David Freel, le leader guitariste et chanteur du groupe am\u00e9ricain Swell: l&rsquo;occasion de re(d\u00e9couvrir) ce groupe avec une chanson atypique et ensorcelante issue de l&rsquo;un de ses meilleurs albums\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;histoire de Swell est celle d&rsquo;un excellent groupe qui a rat\u00e9 son rendez-vous avec le grand public, pour lequel \u00e0 vrai dire il n&rsquo;\u00e9crivait pas (ses membres se contentaient de composer et de jouer les chansons dont ils avaient envie, en y mettant tout leur coeur, et advienne que pourra), mais enfin une reconnaissance plus large n&rsquo;aurait sans doute pas \u00e9t\u00e9 de refus. Pour d\u00e9crire son peu de notori\u00e9t\u00e9, les fans du groupe californien parlent souvent d&rsquo;injustice, et quand on \u00e9coute en entier l&rsquo;album \u00ab\u00a0Too many days without thinking\u00a0\u00bb , splendide de bout en bout, je suis bien d&rsquo;accord avec eux.<\/p>\n\n\n\n<p>Je peux le dire d&rsquo;autant plus tranquillement que j&rsquo;ai moi-m\u00eame d\u00e9couvert Swell sur le tard, apr\u00e8s la mort de David Freel. Shame on me.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Too many days without thinking\u00a0\u00bb est un disque qui atteint un \u00e9quilibre subtil et \u00e0 mon go\u00fbt quasi parfait: il est inventif mais sans verser dans les exp\u00e9rimentations arty qui me gonflent assez souvent, il est plein d&rsquo;\u00e9nergie mais sans \u00eatre bourrin, il fourmille de m\u00e9lodies ent\u00eatantes mais sans facilit\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est notamment le cas sur ce morceau. Celui-ci commence par un long instrumental r\u00e9p\u00e9titif d&rsquo;o\u00f9 \u00e9merge ce que j&rsquo;adore le plus dans le son du groupe: la batterie originale et pr\u00e9cise de Sean Kirkpatrick, ici l\u00e9g\u00e8rement syncop\u00e9e (ce qui la rend encore plus captivante). La guitare acoustique et la voix de David Freel, tr\u00e8s minimalistes, prennent de l&rsquo;ampleur lorsqu&rsquo;elles sont rejointes, dans les refrains, par un synth\u00e9 quasiment bloqu\u00e9 sur une seule note.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette description peut laisser croire \u00e0 une chanson indolente et un poil monotone, mais \u00ab\u00a0What I Always Wanted\u00a0\u00bb est en r\u00e9alit\u00e9 tr\u00e8s excitante. Lorsqu&rsquo;on l&rsquo;a d\u00e9j\u00e0 entendue et appr\u00e9ci\u00e9e plusieurs fois, assez pour bien la conna\u00eetre, on est irr\u00e9sistiblement plong\u00e9 dans l&rsquo;attente de deux moments o\u00f9 une l\u00e9g\u00e8re modulation remplit soudain le morceau d&rsquo;un halo de myst\u00e8re et de s\u00e9duction: l&rsquo;apparition \u00e0 3&rsquo;37 d&rsquo;une deuxi\u00e8me voix qui vient moduler la premi\u00e8re, tandis que le clavier va chercher une nappe plus aigu\u00eb; et plus encore, un froissement de tambourin si l\u00e9ger qu&rsquo;on croirait un furtif serpent \u00e0 sonnette (\u00e0 2&rsquo;53). Comme l&rsquo;a \u00e9crit R\u00e9mi Lefebvre dans une belle chronique de cette chanson, \u00ab\u00a0<em>la musique ce sont des notes, du silence entre elles, un flux que l&rsquo;on a appris \u00e0 conna\u00eetre et reconna\u00eetre (\u2026), et souvent un moment vibrant, aussi fugace qu&rsquo;in\u00e9luctable, que l&rsquo;on attend d\u00e8s que le morceau est engag\u00e9<\/em>.\u00a0\u00bb Cette chanson de Swell en est un exemple parfait: depuis ses premi\u00e8res notes, \u00ab\u00a0<em>tout semble ainsi tendu vers le tintement de ces cymbales, qui sont comme une d\u00e9livrance, une \u00e9piphanie<\/em>\u00a0\u00bb , et qui bien qu&rsquo;elles soient \u00e0 peine perceptibles, s&rsquo;av\u00e8rent renversantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand j&rsquo;ai lu cette analyse de R\u00e9mi, j&rsquo;ai tout de suite pens\u00e9 \u00e0 un formidable \u00e9pisode de la non moins formidable \u00e9mission de France Inter anim\u00e9e par Jean-Claude Ameisen, \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2022\/02\/18\/sur-les-epaules-de-darwin\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2022\/02\/18\/sur-les-epaules-de-darwin\/\">Sur les \u00e9paules de Darwin<\/a>\u00a0\u00bb . Dans cet \u00e9pisode, Ameisen raconte l&rsquo;exp\u00e9rience suivante:<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"846\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/John-Keats-846x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10451\" style=\"width:355px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/John-Keats-846x1024.jpg 846w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/John-Keats-248x300.jpg 248w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/John-Keats-768x930.jpg 768w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/John-Keats-1268x1536.jpg 1268w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/John-Keats-512x620.jpg 512w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/John-Keats-826x1000.jpg 826w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/John-Keats-537x650.jpg 537w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/John-Keats-372x450.jpg 372w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/John-Keats-1320x1599.jpg 1320w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/John-Keats.jpg 1393w\" sizes=\"auto, (max-width: 846px) 100vw, 846px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">John Keats<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>\u00ab\u00a0<em>Une \u00e9quipe de chercheurs a fait \u00e9couter \u00e0 des personnes des morceaux de musique dans lesquels ils avaient remplac\u00e9 quelques mesures de musique par des plages de silence \u2013 des interruptions silencieuses de deux \u00e0 cinq secondes.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Les personnes qui ne connaissent pas le morceau de musique le remarquent imm\u00e9diatement.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Mais les personnes qui connaissent et aiment ce morceau ne remarquent pas ces plages de silence. Leur conscience remplace la musique qui manque par la s\u00e9quence qui est pr\u00e9sente dans leur souvenir. Elles n\u2019ont pas entendu qu\u2019il y avait eu une interruption. Elles ont entendu le morceau de musique dont leur m\u00e9moire et leur anticipation du plaisir \u00e0 venir ont reconstruit en elles les passages effac\u00e9s. \u00abLes m\u00e9lodies entendues sont douces\u00bb , dit John Keats. Mais celles qui ne sont pas entendues sont plus douces encore<\/em>.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Ce que Jean-Claude Ameisen d\u00e9crit ici, c&rsquo;est une exp\u00e9rience qui pour moi est profond\u00e9ment banale. Quand j&rsquo;\u00e9coute un morceau que j&rsquo;aime au plus haut point, que j&rsquo;ai entendu des dizaines et des dizaines de fois, voire davantage, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que c&rsquo;est depuis mon propre cerveau qu&rsquo;il est en train d&rsquo;\u00eatre diffus\u00e9, que c&rsquo;est moi qui suis en train d&rsquo;en jouer chaque note caract\u00e9ristique, d&rsquo;en chanter les paroles, de gratter les riffs de guitares ou de taper de mes index les breaks de batterie.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a ne fait pas tr\u00e8s longtemps que je connais \u00ab\u00a0What I always wanted\u00a0\u00bb , mais elle est d\u00e9j\u00e0 entr\u00e9e dans cette cat\u00e9gorie de chansons.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Swell - What I Always Wanted\" width=\"1230\" height=\"692\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/yRR3aWVB7R8?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID1091\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"1091\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-1091\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a deux ans disparaissait David Freel, le leader guitariste et chanteur du groupe am\u00e9ricain Swell: l&rsquo;occasion de re(d\u00e9couvrir) ce groupe avec une chanson atypique et ensorcelante issue de&hellip;<a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2024\/04\/13\/swell-what-i-always-wanted\/\" class=\"more-link\"><span class=\"more-button\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">Swell &#8211; \u00ab\u00a0What I always wanted\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/a><\/p>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID1091\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"1091\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-1091\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1093,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[81],"tags":[777,20,10,650,252],"class_list":["post-1091","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-musique","tag-artiste-a-decouvrir","tag-inde","tag-rock","tag-science","tag-swell"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1091","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1091"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1091\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10454,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1091\/revisions\/10454"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1093"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1091"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1091"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1091"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}