{"id":1198,"date":"2024-03-05T00:35:36","date_gmt":"2024-03-04T23:35:36","guid":{"rendered":"https:\/\/gregoryderville.com\/?p=1198"},"modified":"2025-04-21T16:26:11","modified_gmt":"2025-04-21T14:26:11","slug":"bruce-springsteen-atlantic-city","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2024\/03\/05\/bruce-springsteen-atlantic-city\/","title":{"rendered":"Bruce Springsteen &#8211; \u00ab\u00a0Atlantic city\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>En 1975, \u00e0 la sortie d&rsquo;un concert de <a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/bruce-springsteen\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/bruce-springsteen\/\">Bruce Springsteen<\/a>, le critique musical John Landau, qui allait devenir son futur manager et producteur, a eu cette formule aussi enthousiaste que c\u00e9l\u00e8bre, et qui va s&rsquo;av\u00e9rer particuli\u00e8rement clairvoyante: \u00ab\u00a0<em>J&rsquo;ai vu le futur du rock&rsquo;n&rsquo;roll et son nom est Bruce Springsteen<\/em>\u00a0\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les albums qui ont suivi (\u00ab\u00a0Born to run\u00a0\u00bb , \u00ab\u00a0Darkness of the edge of town\u00a0\u00bb , \u00ab\u00a0The river\u00a0\u00bb ), Springsteen a cultiv\u00e9 une image de rockstar fougueuse en produisant une musique \u00e9lectrique intense et muscl\u00e9e (en particulier en concert), simplement adoucie de temps \u00e0 autre par des ballades d\u00e9chirantes.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est dire la surprise qu&rsquo;a repr\u00e9sent\u00e9 en 1982 la sortie de son sixi\u00e8me album, \u00ab\u00a0Nebraska\u00a0\u00bb . Le Boss y prend tout le monde \u00e0 revers, son public, la critique et l&rsquo;industrie musicale. Sans doute envahi par la fatigue de correspondre au st\u00e9r\u00e9otype du h\u00e9ros baraqu\u00e9 du rock&rsquo;n&rsquo;roll et par l&rsquo;envie de redevenir un gars simple, il fait ici la preuve que l&rsquo;on peut \u00e9crire et enregistrer un monument de la musique avec quelques bouts de ficelles. \u00ab\u00a0Nebraska\u00a0\u00bb est un disque enti\u00e8rement acoustique, enregistr\u00e9 chez lui sur un petit magn\u00e9tophone \u00e0 cassettes, et dans lequel il s&rsquo;accompagne lui-m\u00eame, essentiellement \u00e0 la guitare et \u00e0 l&rsquo;harmonica (avec ici et l\u00e0 un peu de mandoline et d&rsquo;orgue).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l&rsquo;origine, l&rsquo;album avait \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 de la m\u00eame mani\u00e8re que les pr\u00e9c\u00e9dents: d&rsquo;abord des demos enregistr\u00e9es solo dans des conditions pr\u00e9caires, puis des prises en studio dans lesquelles Springsteen est accompagn\u00e9 par le E street band.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ici le Boss et son groupe n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 satisfaits du r\u00e9sultat, notamment parce qu&rsquo;ils estimaient que la musique avait tendance \u00e0 noyer la profondeur des textes, qui racontaient ce qu&rsquo;\u00e9taient en train de devenir les \u00c9tats-Unis, quelque part entre la nouvelle litt\u00e9raire et la chronique sociale et judiciaire. Les chansons parlaient de losers d\u00e9sol\u00e9s, de pauvres types laiss\u00e9s pour compte et \u00e0 la d\u00e9rive, d&rsquo;assassins et de victimes, de vies fracass\u00e9es sur le mur du r\u00eave am\u00e9ricain\u2026 Ces descriptions de anti-h\u00e9ros affam\u00e9s de d\u00e9livrance ou de r\u00e9demption, comment les enrober d&rsquo;une musique dynamique et p\u00e9taradante?<\/p>\n\n\n\n<p>Alors Bruce Springsteen a choisi de revenir aux versions nues, brutes et intimes qu&rsquo;il avait d&rsquo;abord enregistr\u00e9es seul chez lui. Et c&rsquo;est ainsi que \u00ab\u00a0Nebraska\u00a0\u00bb est devenu ce disque minimaliste, d\u00e9pouill\u00e9, lent et basique. Avec sa musique de vagabond perdu sur des routes poussi\u00e9reuses et parsem\u00e9es de nids de poule, avec son \u00e9vocation des petits riens de la vie (on pense au Jack Kerouac de \u00ab\u00a0Sur la route\u00a0\u00bb ou au Ernest Hemingway de \u00ab\u00a0Des souris et des hommes\u00a0\u00bb ), avec sa sensibilit\u00e9 \u00e0 fleur de peau, \u00ab\u00a0Nebraska\u00a0\u00bb est de loin mon album pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/bruce-springsteen\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/bruce-springsteen\/\">Bruce Springsteen<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9tonnamment peut-\u00eatre, la chanson que j&rsquo;aime le plus sur l&rsquo;album est la plus rapide, celle o\u00f9 la guitare est la plus incisive et o\u00f9 les plaintes de l&rsquo;harmonica, redoubl\u00e9es par les choeurs, relay\u00e9es par les ululements et les roulements de mandoline finaux, se font les plus poignantes.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"768\" src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Springsteen-a-Atlantic-city.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9103\" style=\"width:566px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Springsteen-a-Atlantic-city.jpg 1000w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Springsteen-a-Atlantic-city-300x230.jpg 300w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Springsteen-a-Atlantic-city-768x590.jpg 768w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Springsteen-a-Atlantic-city-807x620.jpg 807w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Springsteen-a-Atlantic-city-600x461.jpg 600w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Springsteen-a-Atlantic-city-400x307.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Atlantic city\u00a0\u00bb est une plong\u00e9e au coeur de ce Las Vegas de la C\u00f4te Est, dans laquelle les paum\u00e9s viennent fantasmer sur la nouvelle chance que pourrait leur offrir quelque gain inesp\u00e9r\u00e9 au casino ou aux machines \u00e0 sous. Bruce Springsteen nous fait d\u00e9couvrir la d\u00e9tresse d&rsquo;un homme qui a perdu son travail, dont la vie de couple se d\u00e9lite, qui s&rsquo;est compromis avec la p\u00e8gre pour payer ses dettes, et qui se rend compte que toutes les issues de secours qu&rsquo;il croyait avoir encore pour sauver sa peau et son \u00e2me sont en train de se verrouiller. Il essaye de rester d\u00e9termin\u00e9 et plein d&rsquo;espoir, mais il a du mal \u00e0 ne pas sombrer dans une forme de d\u00e9faitisme aussi douloureuse qu&rsquo;accablante.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Atlantic city\u00a0\u00bb est une chanson sur le d\u00e9sir de s&rsquo;\u00e9tourdir qui peut s&#8217;emparer de nous quand la vie devient trop difficile, quand on se sent au bout du rouleau, vraiment au bout du rouleau, quand on a l&rsquo;impression d&rsquo;avoir fait les mauvais choix, de s&rsquo;\u00e9garer dans des impasses, de s&rsquo;enfoncer dans les \u00e9checs qu&rsquo;on s&rsquo;\u00e9tait pourtant jur\u00e9 d&rsquo;\u00e9viter. Une chanson comme une main tendue dans l&rsquo;espoir d&rsquo;en trouver une autre, secourable, \u00e0 laquelle s&rsquo;accrocher, et qui nous donne une deuxi\u00e8me chance, une chance en tous cas de r\u00e9\u00e9crire un nouveau morceau de vie sur une nouvelle page blanche.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0And everything dies baby that&rsquo;s a fact<\/p>\n\n\n\n<p>But maybe everything that dies someday comes back\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Bruce Springsteen - Atlantic City\" width=\"1230\" height=\"923\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/M3eu1gW-bQ8?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID1198\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"1198\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-1198\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1975, \u00e0 la sortie d&rsquo;un concert de Bruce Springsteen, le critique musical John Landau, qui allait devenir son futur manager et producteur, a eu cette formule aussi enthousiaste que&hellip;<a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2024\/03\/05\/bruce-springsteen-atlantic-city\/\" class=\"more-link\"><span class=\"more-button\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">Bruce Springsteen &#8211; \u00ab\u00a0Atlantic city\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/a><\/p>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID1198\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"1198\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-1198\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":9102,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[81],"tags":[522,222,10],"class_list":["post-1198","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-musique","tag-bruce-springsteen","tag-folk","tag-rock"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1198","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1198"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1198\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9104,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1198\/revisions\/9104"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9102"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1198"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1198"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1198"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}