{"id":151,"date":"2025-01-31T16:10:42","date_gmt":"2025-01-31T15:10:42","guid":{"rendered":"https:\/\/gregoryderville.com\/?p=151"},"modified":"2025-04-20T16:09:01","modified_gmt":"2025-04-20T14:09:01","slug":"neil-young-cortez-the-killer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2025\/01\/31\/neil-young-cortez-the-killer\/","title":{"rendered":"Neil Young &#8211; \u00ab\u00a0Cortez the killer\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;album \u00ab\u00a0Zuma\u00a0\u00bb, sorti en 1975, alors que <a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/neil-young\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/neil-young\/\">Neil Young<\/a> est sous le coup de son r\u00e9cent divorce, fait partie ce qu&rsquo;il a lui-m\u00eame appel\u00e9 la \u00ab\u00a0<em>trilogie du foss\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb (ditch trilogy). Autant dire que les chansons n&rsquo;y sont pas sp\u00e9cialement joyeuses, mais en revanche elles sont d&rsquo;une profondeur et d&rsquo;une intensit\u00e9 exceptionnelles, notamment celle-ci.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0Cortez the killer\u00a0\u00bb est un morceau qui d\u00e9nonce la violence avec laquelle les conquistadores emmen\u00e9s par Hern\u00e1n Cort\u00e9s ont colonis\u00e9 le continent am\u00e9ricain, et notamment le territoire azt\u00e8que. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, cette th\u00e9matique et les paroles sans concession ont fait que le disque a \u00e9t\u00e9 interdit en Espagne jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du r\u00e9gime franquiste.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Beaucoup de commentateurs ont justement fait remarquer que Neil Young d\u00e9veloppe dans cette chanson une vision id\u00e9alis\u00e9e et largement erron\u00e9e de la fa\u00e7on dont vivaient les peuples d&rsquo;Am\u00e9rique centrale. Il affirme par exemple que \u00ab\u00a0<em>L<\/em><em>a guerre n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 connue<\/em>\u00a0\u00bb des Azt\u00e8ques, ce qui est une contre-v\u00e9rit\u00e9 historique: en r\u00e9alit\u00e9 c&rsquo;\u00e9tait une civilisation tr\u00e8s violente, dans laquelle la torture et le meurtre rituel \u00e9taient monnaie courante, et o\u00f9 chaque homme recevait un entra\u00eenement militaire pouss\u00e9 d\u00e8s son plus jeune \u00e2ge (pour les individus les plus pauvres, la seule possibilit\u00e9 de grimper dans la hi\u00e9rarchie sociale passait m\u00eame par le succ\u00e8s militaire et le fait de rapporter des prisonniers). C&rsquo;est entendu, la colonisation a \u00e9t\u00e9 une abjection et Cortez \u00e9tait un illumin\u00e9 dont l&rsquo;arm\u00e9e \u00e9tait peupl\u00e9e de salopards sanguinaires. Mais les Azt\u00e8ques n&rsquo;\u00e9taient pas non plus des bisounours\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cela dit, si cette chanson a marqu\u00e9 l&rsquo;histoire du rock, ce n&rsquo;est pas tant pour son texte que pour sa musique, impressionnante et carr\u00e9ment grandiose, et qui en elle-m\u00eame raconte une histoire, telle une complainte douloureuse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0Cortez the killer\u00a0\u00bb dure plus de sept minutes, et elle durerait m\u00eame davantage s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas eu lors de la session d&rsquo;enregistrement un probl\u00e8me technique \u00e0 cause duquel le dernier couplet et le dernier solo de Neil Young ont \u00e9t\u00e9 perdus. Dans la version studio, le probl\u00e8me est surmont\u00e9 par un fade away qui donne l&rsquo;impression que la chanson est volontairement estomp\u00e9e petit \u00e0 petit, mais en r\u00e9alit\u00e9 c&rsquo;est juste une adaptation aux circonstances.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sept minutes, donc, et ce sont sept minutes d&rsquo;un plaisir musical assez jouissif.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Neil-Young-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-8809\" style=\"width:523px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Neil-Young-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Neil-Young-300x169.jpg 300w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Neil-Young-768x432.jpg 768w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Neil-Young-825x464.jpg 825w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Neil-Young-600x338.jpg 600w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Neil-Young-400x225.jpg 400w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Neil-Young.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme sur tout le reste de l&rsquo;album, les accords sont simples et tout le Crazy Horse qui entoure Neil Young est fi\u00e9vreux \u00e0 souhait. La ligne de basse appara\u00eet de fa\u00e7on tr\u00e8s pr\u00e9sente, mais elle dispara\u00eet parfois pour laisser le premier r\u00f4le \u00e0 une batterie s\u00e8che et puissante, qui trace un rythme lent et lancinant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et puis il y a LES solos du druide canadien \u00e0 la guitare, \u00e0 commencer par le premier, tr\u00e8s long (le chant n&rsquo;intervient qu&rsquo;\u00e0 3&rsquo;23), tortur\u00e9, sinueux comme la danse d&rsquo;un cobra, plaintif et d\u00e9chirant. Il n&rsquo;y a ici nulle trace de virtuosit\u00e9 inutile, de d\u00e9monstration technique, encore moins d&rsquo;esbroufe: comme l&rsquo;a \u00e9crit justement un chroniqueur, on a l&rsquo;impression que le Loner laisse simplement sa guitare pleurer, avec un son un peu \u00ab\u00a0sale\u00a0\u00bb , tr\u00e8s distordu en tous cas. Comment mieux mettre en musique la douleur et le d\u00e9sespoir de ces populations am\u00e9rindiennes submerg\u00e9es par l&rsquo;avanc\u00e9e d&rsquo;une arm\u00e9e surpuissante? Beaucoup de critiques tiennent ce premier solo pour l&rsquo;un des plus marquants de toute l&rsquo;histoire du rock, et j&rsquo;en suis bien d&rsquo;accord. En tous cas il est tellement embl\u00e9matique de \u00ab\u00a0Cortez the killer\u00a0\u00bb que lorsque <a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/neil-young\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/neil-young\/\">Neil Young<\/a> joue cette chanson en concert, il a l&rsquo;habitude de l&rsquo;\u00e9tirer encore davantage, parfois jusqu&rsquo;\u00e0 presque un quart d&rsquo;heure, ce qui en fait toujours un moment phare de ses prestations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0Cortez the killer\u00a0\u00bb est une perle noire, \u00e9pique et fracassante, comme l&rsquo;a \u00e9t\u00e9, finalement, l&rsquo;aventure sanglante de l&rsquo;arm\u00e9e de Cortez partant conqu\u00e9rir et soumettre l&rsquo;Am\u00e9rique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a une derni\u00e8re chose qui me touche \u00e9norm\u00e9ment dans ce morceau \u00e9poustouflant, et cela concerne cette fois-ci les paroles. Tout \u00e0 la fin, Neil Young passe soudain \u00e0 la premi\u00e8re personne pendant deux vers. Est-ce pour \u00e9voquer l&rsquo;introspection et les remords que Hern\u00e1n Cort\u00e9s a peut-\u00eatre \u00e9prouv\u00e9s \u00e0 la fin de sa vie? Ou bien parle-t-il de lui-m\u00eame? En tous cas ces quelques mots me percutent\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0I still can&rsquo;t remember when<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">or how I lost my way\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Cortez the Killer (2016 Remaster)\" width=\"1230\" height=\"923\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/uX9k9aoX6gk?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID151\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"151\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-151\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;album \u00ab\u00a0Zuma\u00a0\u00bb, sorti en 1975, alors que Neil Young est sous le coup de son r\u00e9cent divorce, fait partie ce qu&rsquo;il a lui-m\u00eame appel\u00e9 la \u00ab\u00a0trilogie du foss\u00e9\u00a0\u00bb (ditch trilogy).&hellip;<a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2025\/01\/31\/neil-young-cortez-the-killer\/\" class=\"more-link\"><span class=\"more-button\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">Neil Young &#8211; \u00ab\u00a0Cortez the killer\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/a><\/p>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID151\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"151\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-151\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":141,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[81],"tags":[728,727,11,10],"class_list":["post-151","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-musique","tag-guerre","tag-mort","tag-neil-young","tag-rock"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/151","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=151"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/151\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8810,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/151\/revisions\/8810"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/141"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=151"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=151"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=151"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}