{"id":15319,"date":"2026-04-03T10:34:12","date_gmt":"2026-04-03T08:34:12","guid":{"rendered":"https:\/\/gregoryderville.com\/?p=15319"},"modified":"2026-04-03T16:12:18","modified_gmt":"2026-04-03T14:12:18","slug":"xavier-legrand-jusqua-la-garde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2026\/04\/03\/xavier-legrand-jusqua-la-garde\/","title":{"rendered":"Xavier Legrand &#8211; \u00ab\u00a0Jusqu&rsquo;\u00e0 la garde\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-eec6aa9c89d0dc6309669a8d35f32b85\">Cela faisait pas mal de jours que je tournais autour de ce film, que je n&rsquo;ai pas vu au cin\u00e9ma \u00e0 sa sortie, que je savais susceptible de me plaire beaucoup, mais dans lequel je crois que je n&rsquo;osais pas de plonger, de peur peut-\u00eatre d&rsquo;\u00eatre catapult\u00e9 dans un thriller domestique \u00e0 l&rsquo;issue r\u00e9voltante, ou bien de peur d&rsquo;\u00eatre transperc\u00e9 \u00ab\u00a0jusqu&rsquo;\u00e0 la garde\u00a0\u00bb par une violence psychologique qui m&rsquo;est difficilement supportable. Hier \u00e9tait le dernier soir o\u00f9 je pouvais le regarder sur ARTE.tv, et je m&rsquo;y suis enfin mis, de peur de rater b\u00eatement un grand film, plusieurs fois c\u00e9saris\u00e9 en 2019 (notamment pour le C\u00e9sar du meilleur film), r\u00e9compens\u00e9 aussi par deux prix \u00e0 la Mostra de Venise en 2017 (meilleur r\u00e9alisateur et meilleur premier film).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-0fab4278ee2e8254e31ec735c37cd377\">J&rsquo;ai bien fait&nbsp;! \u00ab\u00a0Jusqu&rsquo;\u00e0 la garde\u00a0\u00bb est un film passionnant, un film comme je les aime&nbsp;: court (1h30 \u00e0 peine y compris les deux g\u00e9n\u00e9riques noirs et silencieux), intense, \u00e9pur\u00e9, \u00e0 l&rsquo;os, d\u00e9nu\u00e9 de pathos (c&rsquo;est peut-\u00eatre un drame, mais en aucun cas un m\u00e9lodrame). Pas de musique, par exemple. Pas besoin de violon stridents ou de battements du c\u0153ur lourdingues pour faire ressentir la peur&nbsp;: la preuve. C&rsquo;est aussi un film qui ne d\u00e9fend pas lourdement et d\u00e9monstrativement une th\u00e8se, mais qui s&rsquo;av\u00e8re pourtant un r\u00e9quisitoire implacable, en d\u00e9pit de ce que le r\u00e9alisateur Xavier Legrand, dont c&rsquo;\u00e9tait le premier long m\u00e9trage, a lui-m\u00eame dit dans une <a href=\"https:\/\/www.rts.ch\/info\/culture\/cinema\/9354112-le-film-jusqua-la-garde-presente-un-sujet-tabou-sous-forme-de-thriller.html\">interview \u00e0 la RTS<\/a>&nbsp;: \u00ab\u00a0<em>J&rsquo;avais envie de montrer un homme, pas un monstre pervers et narcissique que l&rsquo;on retrouve chez les personnes violentes.<\/em>\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-19c22d02c1ff15333d11ad0c5aa84fb7\">D&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre du film, l&rsquo;essentiel n&rsquo;est pas stabiloboss\u00e9 mais est simplement sugg\u00e9r\u00e9. \u00c0 commencer par la fa\u00e7on dont la Justice place sur un pied d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 deux individus dont on sent pourtant bien, d\u00e8s les premi\u00e8res sc\u00e8nes, que l&rsquo;un est l&rsquo;agresseur et le manipulateur habile \u00e0 enfiler un masque social (bourru peut-\u00eatre, OK, mais sinc\u00e8rement d\u00e9sempar\u00e9 et affable malgr\u00e9 tout), pour masquer sa dangerosit\u00e9 et obtenir ce qu&rsquo;il <em>veut<\/em>, tandis que l&rsquo;autre est la victime paralys\u00e9e par des ann\u00e9es de domination, de terreur, d&#8217;emprise et de soumission. Ou bien la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 avec laquelle la Justice \u00e9value les profils des parents et d\u00e9cide de partager la garde de Julien, en d\u00e9pit de son refus clairement \u00e9nonc\u00e9, et en quels termes&nbsp;!, d&rsquo;avoir le moindre contact avec son p\u00e8re. J&rsquo;ai lu dans la <a href=\"https:\/\/www.radiofrance.fr\/franceinter\/podcasts\/le-masque-et-la-plume\/jusqu-a-la-garde-de-legrand-1108141\">critique de ce film sur la page Internet du Masque et la plume<\/a> que cette sc\u00e8ne d&rsquo;ouverture impressionnante installe de fa\u00e7on tr\u00e8s habile \u00ab\u00a0<em>une <\/em><em>premi\u00e8re ambigu\u00eft\u00e9 au tribunal pour \u00e9tablir une tension psychologique, rendant incertain le jugement du spectateur<\/em>.\u00a0\u00bb Je dois dire que si j&rsquo;ai bien ressenti cette tension psychologique, pour moi il n&rsquo;y avait point d&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 sur la dangerosit\u00e9 du mari&nbsp;: sans m\u00eame avoir rien lu du film, il \u00e9tait \u00e9vident que sa possessivit\u00e9 et sa violence allaient forc\u00e9ment \u00e9clater au grand jour.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Jusqua-la-garde-Pere-et-Julien.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"513\" src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Jusqua-la-garde-Pere-et-Julien.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15322\" style=\"width:431px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Jusqua-la-garde-Pere-et-Julien.jpg 800w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Jusqua-la-garde-Pere-et-Julien-300x192.jpg 300w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Jusqua-la-garde-Pere-et-Julien-768x492.jpg 768w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Jusqua-la-garde-Pere-et-Julien-600x385.jpg 600w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Jusqua-la-garde-Pere-et-Julien-400x257.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-9881615773d2e890d3b48fbc8b40e651\">Elle aussi n&rsquo;est que sugg\u00e9r\u00e9e, la nullit\u00e9 crasse et abyssale de ce p\u00e8re \u2013 enfin je devrais plut\u00f4t dire de celui qui se pr\u00e9tend un p\u00e8re et qui a le culot de pr\u00e9tendre que son enfant a \u00ab\u00a0<em>besoin de son p\u00e8re<\/em>\u00a0\u00bb alors qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9 il est infoutu de se comporter de fa\u00e7on ne serait-ce que vaguement correcte avec lui&nbsp;: il ne jette ses \u00ab\u00a0<em>Mon c\u0153ur<\/em>\u00a0\u00bb que de fa\u00e7on m\u00e9canique, comme il a appris qu&rsquo;il faut le faire, et uniquement quand il sent qu&rsquo;il en a besoin pour d\u00e9sarmer l&rsquo;hostilit\u00e9 de son jeune fils, mais il est \u00e9vident qu&rsquo;il est strictement incapable de faire preuve de la moindre empathie \u00e0 son \u00e9gard, il est strictement incapable de l&rsquo;\u00e9couter, de tenir compte de ses \u00e9motions et d&rsquo;entendre sa volont\u00e9 pourtant clairement affirm\u00e9e. Il passe soudain d&rsquo;un ton doucereux aux cris, il claque les portes, il balance son sac, il conduit de fa\u00e7on saccad\u00e9e, il lui impose d&rsquo;attendre une heure dans un v\u00e9hicule de soci\u00e9t\u00e9 transform\u00e9 en ge\u00f4le sous pr\u00e9texte que sa m\u00e8re le lui a remis une heure en retard, il le jette \u00e0 sa m\u00e8re dans la rue \u00e0 force d&rsquo;\u00eatre exc\u00e9d\u00e9 par son hostilit\u00e9\u2026 Plus marquant encore, la sc\u00e8ne o\u00f9 \u00ab\u00a0l&rsquo;autre\u00a0\u00bb, comme il est d\u00e9sign\u00e9 tout le film, reste ostensiblement sourd \u00e0 la demande de son gar\u00e7on d&rsquo;inverser deux week-ends pour pouvoir \u00eatre pr\u00e9sent \u00e0 la f\u00eate d&rsquo;anniversaire de sa grande s\u0153ur, les yeux vides obstin\u00e9ment riv\u00e9s sur la t\u00e9l\u00e9vision comme pour lui signifier qu&rsquo;il n&rsquo;est rien, le laisser d\u00e9sempar\u00e9 et d\u00e9pendant. \u00c0 elle seule cette sc\u00e8ne dit tout&nbsp;: quoi qu&rsquo;il pr\u00e9tende, quoi qu&rsquo;en pensent son avocate et la juge, ce type est d\u00e9finitivement un tocard, un minable, une sombre merde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-94a57382a343761b28047c2638cd8c5a\">Sugg\u00e9r\u00e9e surtout, la peur, sourde et invincible, qui parcourt le film de la premi\u00e8re \u00e0 la derni\u00e8re seconde. Comme l&rsquo;a dit lui-m\u00eame Xavier Legrand, \u00ab\u00a0<em>C&rsquo;est la colonne vert\u00e9brale, l&rsquo;\u00e9motion majeure, celle que j\u2019ai cherch\u00e9e durant toute l\u2019\u00e9criture du sc\u00e9nario.<\/em>\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-9d1e33074bf3602ca2c2c41f2ea01323\">C&rsquo;est cette peur qui explique la paralysie qui saisit Miriam dans le bureau de la juge aux Affaires familiales, une paralysie presque stupide, comme si son cerveau s&rsquo;arr\u00eatait de fonctionner d\u00e8s que l&rsquo;autre est l\u00e0 avec sa carrure et son animosit\u00e9 mena\u00e7antes. Cette paralysie en tous cas la rattrape \u00e0 de nombreuses reprises tout au long du film, \u00e0 chaque fois notamment qu&rsquo;elle est confront\u00e9e \u00e0 son bourreau. Par exemple dans la sc\u00e8ne o\u00f9 il s&rsquo;introduit en profitant de la surprise dans son nouveau logement, et o\u00f9 il en fait la visite m\u00e9thodiquement pour \u00ab\u00a0<em>voir o\u00f9 mes enfants vivent<\/em>\u00a0\u00bb , sans demander la permission d&rsquo;une Miriam d\u00e9sarm\u00e9e qui sort de la douche et qui, simplement enroul\u00e9e dans une serviette, est d\u00e9sarm\u00e9e et totalement vuln\u00e9rable. Quand Miriam finit par succomber \u00e0 une \u00e9treinte impos\u00e9e par l&rsquo;autre, qui vient de faire semblant de chialer et de jouer les Calimero pour annihiler sa r\u00e9sistance, quand elle se retrouve emprisonn\u00e9e entre ses gros battants, la t\u00eate bloqu\u00e9e vers le plafond comme ce personnage c\u00e9l\u00e8bre de \u00ab\u00a0Guernica\u00a0\u00bb, avec un regard de b\u00eate sauvage qui se fige en attendant que \u00e7a se passe et que le danger s&rsquo;\u00e9loigne, on comprend que cette sc\u00e8ne, l&rsquo;une des plus terribles du film, ne d\u00e9crit pas seulement une violation de domicile, mais un viol, litt\u00e9ralement \u2013 et qui plus est un viol qui se d\u00e9roule sous le regard d&rsquo;un fils impuissant, qui n&rsquo;a s\u00fbrement pas fini de se sentir coupable de ne pas avoir su assez prot\u00e9ger sa maman.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f20d04fc5f67601ec3f692c1952e93f\">Que dire aussi du long plan-s\u00e9quence o\u00f9 Julien fuit litt\u00e9ralement son p\u00e8re et o\u00f9 la cam\u00e9ra le suit et finit par se retourner pour v\u00e9rifier si le traqueur a \u00e9t\u00e9 sem\u00e9 \u2013 on a l&rsquo;impression que le cameraman lui-m\u00eame est essouffl\u00e9&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-913bfd74b92ae90aa3bea3c7a807b0fa\">Que dire encore de la fa\u00e7on dont sont mises en sc\u00e8ne les \u00e9motions de la s\u0153ur de Miriam, inqui\u00e8te face \u00e0 la difficult\u00e9 de sa ni\u00e8ce Jos\u00e9phine \u00e0 se projeter dans le nouveau logement o\u00f9 la famille va essayer de revenir \u00e0 la vie, soucieuse d&rsquo;entourer sa s\u0153ur comme elle peut et de l&rsquo;aider \u00e0 refaire surface, puis r\u00e9volt\u00e9e et fr\u00e9missante de rage devant ce beauf qui vient d&#8217;empoigner Miriam par le cou et \u00e0 qui elle ne trouve rien d&rsquo;autre \u00e0 dire que \u00ab\u00a0<em>D\u00e9gage sinon je te tue&nbsp;!<\/em>\u00a0\u00bb , le majeur vengeur \u2013 et comme on la comprend d&rsquo;avoir envie que ce connard cr\u00e8ve sur place&nbsp;!<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Jusqua-la-garde-Julien-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"707\" height=\"361\" src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Jusqua-la-garde-Julien-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15321\" style=\"width:451px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Jusqua-la-garde-Julien-1.jpg 707w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Jusqua-la-garde-Julien-1-300x153.jpg 300w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Jusqua-la-garde-Julien-1-600x306.jpg 600w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Jusqua-la-garde-Julien-1-400x204.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 707px) 100vw, 707px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-ec10ff7d4a6be841c9984adb50421491\">Et puis il y a, bien s\u00fbr, le regard \u00e9perdu de d\u00e9sespoir de Julien \u00e0 chaque fois qu&rsquo;il est oblig\u00e9 d&rsquo;\u00eatre en pr\u00e9sence de son g\u00e9niteur, ses m\u00e2choires serr\u00e9es, son visage tordu de chagrin et de peur. L&rsquo;humiliation qu&rsquo;il ressent \u00e0 devoir se soumettre \u00e0 la volont\u00e9 de ce type qu&rsquo;il voudrait voir dispara\u00eetre de leur vie, de ce type qu&rsquo;il fuit d\u00e8s qu&rsquo;il le peut, \u00e0 qui il ne manifeste pas un seul signe d&rsquo;affection, pas un seul, et \u00e0 qui il n&rsquo;adresse quasiment pas la parole de fa\u00e7on spontan\u00e9e, sauf deux fois, pas une de plus je crois&nbsp;: une fois pour lui demander d&rsquo;inverser le week-end pour aller \u00e0 la f\u00eate de sa s\u0153ur, et la deuxi\u00e8me fois pour lui marmonner un \u00ab\u00a0<em>Dans ton cul<\/em>\u00a0\u00bb rageur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-4b374fbeee08c42a4ff3f2c9a8198ab8\">Enfin il y a l&rsquo;une des sc\u00e8nes les plus puissantes de ce film, un long, saisissant et haletant plan s\u00e9quence qui commence lorsque Julien r\u00e9clame de venir se coller dans le lit de Miriam, parce qu&rsquo;il est effray\u00e9 par le retour de l&rsquo;autre qui sonne fr\u00e9n\u00e9tiquement \u00e0 l&rsquo;interphone (\u00ab\u00a0<em>C&rsquo;est lui&nbsp;?<\/em>\u00a0\u00bb ). Alors les gestes rassurants de maman reviennent \u00e0 Miriam. Pr\u00e9c\u00e9demment dans le film, \u00e0 plusieurs reprises on s&rsquo;\u00e9tait dit qu&rsquo;elle a un peu perdu le fil, qu&rsquo;elle ne sait plus trop y faire, par exemple lorsqu&rsquo;elle recadre un peu trop durement sa fille au t\u00e9l\u00e9phone \u2013 \u00e7a manque un peu d&#8217;empathie, de compr\u00e9hension, de douceur. Mais l\u00e0, tout \u00e0 coup, alors que la menace devient imminente, c&rsquo;est comme si subitement tout redevenait vivant en elle. La main de Miriam passe dans les cheveux du petit gar\u00e7on coll\u00e9 le dos contre son corps, mais ce n&rsquo;est pas de fa\u00e7on m\u00e9canique&nbsp;: c&rsquo;est \u00e0 nouveau un mouvement d\u00e9licat et entourant, un geste qui dit \u00ab\u00a0Je suis l\u00e0, je te prot\u00e8ge, je veille sur toi, on est \u00e0 l&rsquo;abri, on va pouvoir se rendormir tranquillement\u00a0\u00bb. Il n&#8217;emp\u00eache, apr\u00e8s un long moment les yeux de Miriam se rouvrent tout \u00e0 coup et elle se redresse brusquement lorsqu&rsquo;elle entend l&rsquo;ascenseur qui s&rsquo;\u00e9branle tout en bas de l&rsquo;immeuble&nbsp;: tel le faux pr\u00eacheur de \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2024\/02\/09\/charles-laughton-la-nuit-du-chasseur\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2024\/02\/09\/charles-laughton-la-nuit-du-chasseur\/\">La nuit du chasseur<\/a>\u00a0\u00bb qui poursuit les enfants le long du Mississipi, qui les hante et qui finit toujours par ressurgir pour les engloutir, l&rsquo;autre n&rsquo;a pas renonc\u00e9, il n&rsquo;est pas parti, il est l\u00e0, il monte, il approche, il va venir tambouriner \u00e0 la porte. \u00c0 ce moment, avant m\u00eame de comprendre qu&rsquo;il tient son fusil de chasse dans les mains, nous comprenons aussi bien que Miriam et Julien ce qui s&rsquo;impose comme un constat limpide&nbsp;: non seulement le danger n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi grand que depuis qu&rsquo;elle a d\u00e9cid\u00e9 de quitter ce conjoint manipulateur, pervers et violent, mais tant que cette ordure ne sera pas mis hors d&rsquo;\u00e9tat de nuire, nulle part elle et ses enfants ne seront en s\u00e9curit\u00e9. Il faut voir cette sc\u00e8ne pour comprendre ce que c&rsquo;est que l&rsquo;hyper-vigilance, la sensation de ne plus jamais \u00eatre en s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 cause d&rsquo;un autre qui est entr\u00e9 dans une vie et qui n&rsquo;en sortira plus, qui la pourrira \u00e0 jamais de l&rsquo;int\u00e9rieur, tel un poison ingu\u00e9rissable, tel un virus maudit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-7665f9e08956dac8fd017374d54000fa\">C&rsquo;est cela, je crois, qui m&rsquo;a le plus frapp\u00e9&nbsp;: Miriam est une femme t\u00e9tanis\u00e9e dont la vie s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9e, litt\u00e9ralement. Une femme d\u00e9truite et qui n&rsquo;a peut-\u00eatre m\u00eame plus assez de force pour ne pas devenir une morte-vivante. Car elle a bien quelque chose d&rsquo;une zombie, cette femme. Professionnellement, elle est au ch\u00f4mage et on la devine bien peu capable de la sociabilit\u00e9 exig\u00e9e par un emploi. Affectivement, elle a une liaison, en tous cas \u00e7a aussi c&rsquo;est sugg\u00e9r\u00e9, mais \u00e0 en juger par la r\u00e9action couarde et vaguement honteuse du type en question quand il croise le chemin de \u00ab\u00a0l&rsquo;autre\u00a0\u00bb, ce n&rsquo;est probablement pas avec lui qu&rsquo;une relation stable et s\u00e9curisante est envisageable (de toutes fa\u00e7ons ce n&rsquo;est s\u00fbrement pas demain la veille qu&rsquo;elle est pr\u00eate \u00e0 s&rsquo;engager \u00e0 nouveau, le stress post-traumatique ne s&rsquo;estompera pas de sit\u00f4t). Socialement ce n&rsquo;est gu\u00e8re mieux&nbsp;: on voit beaucoup Miriam s&rsquo;inqui\u00e9ter mais on la voit bien peu sourire, ni avec ses parents, ni avec ses amis, ni m\u00eame avec ses enfants \u2013 elle s&rsquo;\u00e9claire tout juste un peu dans la soir\u00e9e \u00e0 la salle des f\u00eates, et notamment lorsqu&rsquo;elle dit quelques mots affectueux au ch\u00e9ri attentionn\u00e9 de sa fille Jos\u00e9phine (celui-l\u00e0 on le voudrait bien dans la vie de sa fille). C&rsquo;est comme si Miriam \u00e9tait toujours sur ses gardes, c&rsquo;est comme si elle savait qu&rsquo;elle doit toujours \u00e9conomiser son \u00e9nergie pour \u00eatre \u00e0 tout instant pr\u00eate \u00e0 se battre si l&rsquo;autre surgit \u00e0 l&rsquo;improviste \u2013 et de fait il surgit, il campe devant chez ses parents dans sa voiture, il r\u00f4de autour de la f\u00eate d&rsquo;anniversaire de Jos\u00e9phine, il extorque \u00e0 Julien leur nouvelle adresse \u00e0 la ZUP et il s&#8217;empare de ses cl\u00e9s, il viole l&rsquo;intimit\u00e9 de leur nouveau logement pour venir y poser sa marque et sa sale griffe, et pour finir il y revient, de nuit, arm\u00e9 d&rsquo;un fusil, pour hurler et mettre en actes le fait que pour lui Miriam est sa chose, qu&rsquo;elle lui appartient, qu&rsquo;il a le droit de vie et de mort sur elle. \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.radiofrance.fr\/franceinter\/podcasts\/zoom-zoom-zen\/zoom-zoom-zen-du-mercredi-04-fevrier-2026-3687561\">Contr\u00f4le coercitif<\/a>\u00a0\u00bb , disent les professionnel\u00b7les de la lutte contre les violences conjugales pour d\u00e9signer la fa\u00e7on dont les conjoints violents privent progressivement leurs victimes de leurs libert\u00e9s, par l&rsquo;isolement, l&rsquo;intimidation, le contr\u00f4le des ressources et l&rsquo;\u00e9puisement mental. Dans le film, c&rsquo;est tr\u00e8s bien sugg\u00e9r\u00e9 par la brutalit\u00e9 avec laquelle l&rsquo;autre fait irruption, et par le passage brusque de la latence \u00e0 l&rsquo;horreur \u00e0 chaque fois qu&rsquo;il se pr\u00e9sente \u00e0 Miriam, ou m\u00eame \u00e0 chaque fois que sa simple existence se r\u00e9active dans son paysage mental. Cela dit bien ce qu&rsquo;est le contr\u00f4le coercitif&nbsp;: \u00ab\u00a0<em>l&rsquo;objectif, ce n&rsquo;est pas forc\u00e9ment de faire mal physiquement, l&rsquo;objectif, c&rsquo;est de soumettre, de tuer la personnalit\u00e9 de la victime<\/em>\u00a0\u00bb . Comme le dit Andreea Gruev-Vintila, docteure en psychologie, ce pi\u00e8ge se referme alors et ne pas se rebeller devient alors pour la victime une condition de survie&nbsp;: \u00ab\u00a0<em>Tant qu&rsquo;une femme se soumet aux r\u00e8gles install\u00e9es par son conjoint, son compagnon, son partenaire, elle est en relative s\u00e9curit\u00e9. C&rsquo;est lorsqu&rsquo;elle d\u00e9sob\u00e9it qu&rsquo;elle est en danger, qu&rsquo;il va y avoir un nouveau comportement de contrainte qui va s&rsquo;ajouter. Et ces comportements dans leur globalit\u00e9 forment cette \u00ab\u00a0cage\u00a0\u00bb dont parle Evan Stark<\/em>\u00a0\u00bb dans <em>Coercive control&nbsp;: how men entrap women in personal life<\/em> (paru en 2007).<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Controle-coercifit.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"487\" src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Controle-coercifit.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15323\" style=\"width:733px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Controle-coercifit.jpg 1000w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Controle-coercifit-300x146.jpg 300w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Controle-coercifit-768x374.jpg 768w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Controle-coercifit-825x402.jpg 825w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Controle-coercifit-600x292.jpg 600w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Controle-coercifit-400x195.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-c322962b0d23eea77afa4949db667011\">Le bourreau, justement. Jou\u00e9 par Denis M\u00e9nochet (pas loin d&rsquo;\u00eatre aussi prodigieux que L\u00e9a Drucker, m\u00eame si lui n&rsquo;a pas eu le C\u00e9sar du meilleur acteur pour ce r\u00f4le), il est d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre un monolithe de violence contenue \u00e0 grand efforts, une grenade d\u00e9goupill\u00e9e toujours pr\u00eate \u00e0 exploser. Il incarne son personnage avec une \u00e9tonnante \u00e9conomie de mots&nbsp;: rien qu&rsquo;avec son regard totalement inexpressif de poisson mort, avec sa bouche toujours pinc\u00e9e comme un \u00e9motic\u00f4ne en col\u00e8re, avec ses \u00e9ruptions de col\u00e8res lorsqu&rsquo;il ne sait plus quoi r\u00e9pondre \u00e0 son gar\u00e7on qui repousse avec \u00e9nergie ses manifestations d&rsquo;affection frauduleuse, avec ses naseaux qui se contractent \u00e0 la simple pens\u00e9e qu&rsquo;elle a \u00ab\u00a0<em>un mec<\/em>\u00a0\u00bb et qu&rsquo;elle l&rsquo;a d\u00e9finitivement foutu \u00e0 la poubelle (\u00ab\u00a0<em>Je suis quoi pour toi, maintenant&nbsp;?<\/em>\u00a0\u00bb , demande-t-il avec autant d&rsquo;inqui\u00e9tude que de brutalit\u00e9, tandis que tout son corps \u00e0 elle semble crier \u00ab\u00a0Que dalle&nbsp;!\u00a0\u00bb)\u2026 C&rsquo;est le genre de type dont honn\u00eatement j&rsquo;ai du mal \u00e0 ne pas me dire qu&rsquo;il est irr\u00e9cup\u00e9rable et que m\u00eame des ann\u00e9es de psychoth\u00e9rapie n&rsquo;y changeraient rien&nbsp;: l&rsquo;humanit\u00e9 l&rsquo;a d\u00e9sert\u00e9, peut-\u00eatre m\u00eame n&rsquo;est-elle jamais entr\u00e9e en lui, c&rsquo;est un concentr\u00e9 de m\u00e9chancet\u00e9. Un concentr\u00e9 de connerie, aussi. Comment ces types peuvent-ils \u00eatre \u00e0 ce point aveugl\u00e9s par la rage et la jalousie qu&rsquo;ils en viennent \u00e0 se pourrir la leur, juste pour se venger&nbsp;? Ici il est question d&rsquo;un homme qui se vante lui-m\u00eame d&rsquo;avoir tout quitt\u00e9, emploi et maison, pour venir s&rsquo;installer l\u00e0 o\u00f9 son ex est revenue, soi-disant pour renouer avec ses enfants, mais en r\u00e9alit\u00e9&nbsp;pour continuer \u00e0 exercer son emprise, de plus pr\u00e8s, en serrant plus fort autour de la gorge. Si ces types s&rsquo;acharnent \u00e0 refuser d&rsquo;accepter qu&rsquo;on les quitte, ou qu&rsquo;on les fuie, c&rsquo;est peut-\u00eatre tout simplement, en r\u00e9alit\u00e9, parce qu&rsquo;au fond d&rsquo;eux-m\u00eames ils ont bien conscience que ce sont des merdes et que sans \u00ab\u00a0leur\u00a0\u00bb femme, ou si \u00ab\u00a0leur\u00a0\u00bb femme leur \u00e9chappe, la v\u00e9rit\u00e9 de leur n\u00e9ant \u00e9clatera \u00e0 la face du monde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-9ce83fbe2583acfac912d412fe76356d\">Je disais pour commencer que dans \u00ab\u00a0Jusqu&rsquo;\u00e0 la garde\u00a0\u00bb, le r\u00e9alisateur Xavier Legrand a refus\u00e9 de prendre parti. Il y a bien quand m\u00eame, pourtant, plusieurs personnages qui prennent parti, \u00e0 commencer par la s\u0153ur de Miriam. Il y a aussi une voisine, dont l\u00e0 aussi il est sugg\u00e9r\u00e9, en tous cas c&rsquo;est ce que j&rsquo;imagine, qu&rsquo;elle aussi fait partie de la cohorte innombrable de celles qui ont connu \u00e7a, qui elles aussi ont crois\u00e9 la route d&rsquo;un monstre ordinaire. Elle, la voisine, n&rsquo;a pas ferm\u00e9 les yeux, elle a fait son devoir, elle a appel\u00e9 la police, elle a donn\u00e9 son adresse et \u00e9pel\u00e9 son nom (\u00ab\u00a0<em>B, O, U, H, A, deux D, A<\/em>\u00a0\u00bb ), et une fois que tout est fini, le dernier regard que lui jette Miriam soudain p\u00e9trifi\u00e9e est un regard encore terroris\u00e9, mais plein de gratitude, car elle sait bien \u00e0 qui elle doit la vie, et peut-\u00eatre aussi celle de son fils. \u00c0 ce moment l\u00e0, L\u00e9a Drucker r\u00e9ussit le prodige de s&rsquo;incliner devant sa voisine sans m\u00eame d\u00e9placer le moindre millim\u00e8tre de son corps. Ces deux femmes se parleront un peu plus tard, sans doute, quand les vagues de la d\u00e9flagration se seront un peu estomp\u00e9es. Elles se tomberont peut-\u00eatre dans les bras l&rsquo;une de l&rsquo;autre. Ou bien peut-\u00eatre que cela n&rsquo;aura pas le temps d&rsquo;arriver parce que Miriam et ses enfants fuiront ce lieu d\u00e9sormais profan\u00e9 et sali par la violence de l&rsquo;autre, pour aller chercher ailleurs un refuge encore insouill\u00e9. En tous cas en un seul plan, tourn\u00e9 d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre d&rsquo;un long et froid couloir, Xavier Legrand a mis en sc\u00e8ne et en image le beau concept de sororit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-5850970bb34dbd9b061eb0db744c2b7f\">J&rsquo;ai fini le film en pleurant, et pendant tout le g\u00e9n\u00e9rique final aussi, et encore ce matin je ne suis pas bien s\u00fbr de comprendre pourquoi. Peut-\u00eatre de soulagement. Ou bien parce que je m&rsquo;identifiais \u00e0 ces deux personnages ch\u00e9tifs qui essayent de vivre mais dont l&rsquo;existence est \u00e0 jamais obscurcie par la simple existence de la b\u00eate mena\u00e7ante qui plane au-dessus de leur t\u00eate, et qui continue \u00e0 hurler m\u00eame quand il est menott\u00e9 sur le ventre. Plus probablement parce que je suis toujours infiniment \u00e9mu par le fait de voir un parent se pencher sur son enfant, se mettre \u00e0 sa hauteur, l&rsquo;entourer de ses bras et faire comme il peut avec ses pauvres moyens pour essayer de le consoler, de le rassurer, de lui dire que c&rsquo;est fini ou que ce sera bient\u00f4t fini, que \u00e7a va aller. Plus les ann\u00e9es passent et plus je me dis qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien de plus important que \u00e7a&nbsp;: contribuer \u00e0 ancrer dans le c\u0153ur de l&rsquo;\u00eatre humain que l&rsquo;on a mis au monde la conviction tranquille que le monde est un endroit dans lequel on peut marcher en s\u00e9curit\u00e9. Et il faut se rendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence&nbsp;: si presque toujours le danger est du c\u00f4t\u00e9 des hommes (comme on l&rsquo;a vu l&rsquo;autre jour avec le bien nomm\u00e9 C\u00e9dric Prizzon, le masculinisme tue, <a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2026\/03\/27\/le-feminicide-est-le-produit-du-patriarcat\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2026\/03\/27\/le-feminicide-est-le-produit-du-patriarcat\/\">le patriarcat tue<\/a>), le plus souvent ce sont les femmes qui savent cr\u00e9er les conditions de la s\u00e9curit\u00e9, en tous cas de la s\u00e9curit\u00e9 affective. C&rsquo;est pour cela, je crois, que je me dis de plus en plus que je suis de leur c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID15319\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"15319\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-15319\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cela faisait pas mal de jours que je tournais autour de ce film, que je n&rsquo;ai pas vu au cin\u00e9ma \u00e0 sa sortie, que je savais susceptible de me plaire&hellip;<a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2026\/04\/03\/xavier-legrand-jusqua-la-garde\/\" class=\"more-link\"><span class=\"more-button\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">Xavier Legrand &#8211; \u00ab\u00a0Jusqu&rsquo;\u00e0 la garde\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/a><\/p>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID15319\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"15319\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-15319\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":15320,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[86],"tags":[63],"class_list":["post-15319","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-societe","tag-feminisme-partriarcat"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15319","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15319"}],"version-history":[{"count":23,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15319\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15348,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15319\/revisions\/15348"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15320"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15319"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15319"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15319"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}