{"id":15392,"date":"2026-04-12T22:07:08","date_gmt":"2026-04-12T20:07:08","guid":{"rendered":"https:\/\/gregoryderville.com\/?p=15392"},"modified":"2026-04-12T22:12:22","modified_gmt":"2026-04-12T20:12:22","slug":"simon-and-garfunkel-the-boxer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2026\/04\/12\/simon-and-garfunkel-the-boxer\/","title":{"rendered":"Simon and Garfunkel &#8211; \u00ab\u00a0The boxer\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-9ac00cf961d1ea846fe5a532228b76c6\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-f59ce8440086541595dcaced8c525292\">Mis \u00e0 part leurs principaux succ\u00e8s tels que \u00ab\u00a0Mrs Robinson\u00a0\u00bb, je connais tr\u00e8s peu Simon et Garfunkel. Quand j&rsquo;\u00e9tais \u00e9tudiant, ma copine de l&rsquo;\u00e9poque \u00e9tait tr\u00e8s fan, mais j&rsquo;y voyais une sorte d&rsquo;anachronisme baba-cool, et je trouvais m\u00eame leur musique assez mi\u00e8vre (avec une mention sp\u00e9ciale pour la m\u00e9lodie de fl\u00fbte de \u00ab\u00a0El c\u00f3ndor pasa\u00a0\u00bb, qui m&rsquo;a toujours sacr\u00e9ment saoul\u00e9). Ces derni\u00e8res ann\u00e9es j&rsquo;ai plusieurs fois essay\u00e9 d&rsquo;\u00e9couter des albums entiers, mais rien \u00e0 faire, \u00e7a m&rsquo;a toujours laiss\u00e9 plut\u00f4t froid.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-87415a70c9ad2470977c3a65ea6a1a79\">Parmi toutes les chansons du duo, il y en a quand m\u00eame une qui me pla\u00eet vraiment et que je trouve tr\u00e8s \u00e9mouvante, pour sa th\u00e9matique autant que pour sa musicalit\u00e9.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Simon-Garfunkel-Bridge-over-troubled-water.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"402\" src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Simon-Garfunkel-Bridge-over-troubled-water.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15394\" style=\"width:371px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Simon-Garfunkel-Bridge-over-troubled-water.jpg 400w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Simon-Garfunkel-Bridge-over-troubled-water-150x150.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-f93015c5d414a3ac5273e554e42d4b14\">\u00ab\u00a0The boxer\u00a0\u00bb figure sur le cinqui\u00e8me et dernier album de Simon et Garfunkel (\u00ab\u00a0Bridge over troubled water\u00a0\u00bb), paru en 1970. C&rsquo;est le disque le plus r\u00e9ussi de leur carri\u00e8re, para\u00eet-il, en tous cas c&rsquo;est celui qui a re\u00e7u le plus grand succ\u00e8s et qui comprend plusieurs \u00e9normes tubes. Une sorte de bouquet final ou de chant du cygne, car \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque la relation entre les deux anciens amis \u00e9tait nettement d\u00e9grad\u00e9e, Paul reprochant \u00e0 Art de prendre un peu trop la lumi\u00e8re, en cons\u00e9quence de quoi son art du songwriting \u00e9tait trop peu mis en valeur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-37ad29838021dc9702093255b31eec0d\">Le texte de \u00ab\u00a0The boxer\u00a0\u00bb, autobiographique, raconte l&rsquo;errance de Paul Simon lorsqu&rsquo;il est arriv\u00e9 \u00e0 New York, dans les quartiers mis\u00e9rables \u00ab\u00a0<em>seuls connus des gens en haillons<\/em>\u00a0\u00bb&nbsp;: pendant une longue p\u00e9riode, il n&rsquo;a r\u00e9ussi \u00e0 y trouver ni travail, ni amour. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque il se sentait si seul et paum\u00e9 qu&rsquo;il lui arrivait de chercher du r\u00e9confort aupr\u00e8s des prostitu\u00e9es de la Septi\u00e8me Avenue \u2013 juste assez pour supporter tant bien que mal la morsure de la solitude, du d\u00e9nuement et du froid glacial pendant les rudes hivers new-yorkais. Dans le dernier couplet, le texte passe soudain \u00e0 la troisi\u00e8me personne, et il d\u00e9crit un boxeur saoul\u00e9 par une pluie de coups, qui clame qu&rsquo;il va abandonner, mais qui continue le combat malgr\u00e9 tout. \u00ab\u00a0The boxer\u00a0\u00bb est donc une m\u00e9ditation sur la difficult\u00e9 \u00e0 tenir le coup malgr\u00e9 les difficult\u00e9s et l&rsquo;\u00e9puisement, ainsi qu&rsquo;un encouragement pour celles et ceux qui sont tout pr\u00e8s de jeter l&rsquo;\u00e9ponge : qui sait, la solution et la r\u00e9ussite se trouvent peut-\u00eatre au coin de la rue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-d2d409bd49da3fde74b9097aab254aa6\">La chanson est aussi une description pr\u00e9cise et quasi sociologique du r\u00eave am\u00e9ricain, en y ajoutant n\u00e9anmoins une port\u00e9e \u00e9motionnelle tr\u00e8s touchante, qui la rend totalement universelle. Elle raconte en effet l&rsquo;\u00e9ternelle histoire du jeune homme qui esp\u00e8re gagner une place au soleil, mais dont le r\u00eave reste inaccessible malgr\u00e9 tous ses efforts, et qui ne parvient pas \u00e0 y renoncer bien qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9puise \u00e0 le poursuivre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-561f21ea85432cb52df91b1381825192\">Je ne suis pas, surtout pas, de ceux qui r\u00e9p\u00e8tent \u00e0 tout bout de champ qu&rsquo;il faut \u00ab\u00a0tenir bon\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0ne rien l\u00e2cher\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0ne jamais abandonner\u00a0\u00bb. Je dois m\u00eame dire que je d\u00e9teste ces formules, qui sont pour moi un ticket pour le burn-out et la d\u00e9pression. Dans bien des cas, c&rsquo;est une question de survie que de renoncer, et c&rsquo;est un manque de respect pour soi-m\u00eame que de s&rsquo;accrocher \u00e0 ce qui fait du mal alors qu&rsquo;on pourrait le quitter (qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une personne, d&rsquo;un m\u00e9tier ou d&rsquo;une responsabilit\u00e9 quelconque). Rester debout dans l&rsquo;adversit\u00e9, ce peut \u00eatre un motif de fiert\u00e9, oui. Mais seul celui ou celle qui encaisse les chocs sait \u00e0 quel point c&rsquo;est difficile et douloureux, et je n&rsquo;aime pas qu&rsquo;on l&rsquo;incite \u00e0 rester sur le ring en lui souhaitant \u00ab\u00a0bon courage\u00a0\u00bb alors que le vrai courage, souvent, serait d&rsquo;en descendre. L\u00e0 comme ailleurs, les conseilleurs ne sont pas les payeurs.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Simon-Garfunkel-photo-NB.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"610\" src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Simon-Garfunkel-photo-NB.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15395\" style=\"width:388px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Simon-Garfunkel-photo-NB.jpg 800w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Simon-Garfunkel-photo-NB-300x229.jpg 300w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Simon-Garfunkel-photo-NB-768x586.jpg 768w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Simon-Garfunkel-photo-NB-600x458.jpg 600w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Simon-Garfunkel-photo-NB-400x305.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-e7577f0ab80e0223c1dc525cdadbb169\">Mais quand m\u00eame, il faut admettre que la fa\u00e7on dont Paul Simon \u00e9voque ses difficult\u00e9s et ses efforts, son obstination farouche \u00e0 rester fid\u00e8le \u00e0 son \u00e9toile et \u00e0 son r\u00eave, tout cela est tr\u00e8s touchant. C&rsquo;est une chanson sur la rage sourde des vaincus, des losers, des pauvres types qui ne sortent pas de l&rsquo;orni\u00e8re malgr\u00e9 leur gros c\u0153ur. C&rsquo;est donc une chanson qui parle \u00e0 tout le monde, car tout le monde a au moins une fois dans sa vie go\u00fbt\u00e9 \u00e0 la saveur \u00e2cre de la d\u00e9faite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-2c338f08e2da955b35554046a76d1bc8\">Il reste que si j&rsquo;appr\u00e9cie \u00ab\u00a0The boxer\u00a0\u00bb, c&rsquo;est surtout pour sa m\u00e9lodie et pour sa musique ouvrag\u00e9e de fa\u00e7on tr\u00e8s pr\u00e9cise et subtile (il para\u00eet que son enregistrement, effectu\u00e9 dans diff\u00e9rents studios et \u00e0 la chapelle Saint-Paul pour le refrain, a n\u00e9cessit\u00e9 en tout une centaine d&rsquo;heures, avec un travail en studio sur 16 pistes diff\u00e9rentes\u00a0!). Apr\u00e8s un d\u00e9but typiquement folk o\u00f9 dominent les guitares s\u00e8ches, la chanson prend petit \u00e0 petit une ampleur de plus en plus poignante, notamment sur les refrains en vocalises (\u00ab\u00a0<em>Lie la lie\u2026<\/em>\u00a0\u00bb ), et tout particuli\u00e8rement pendant le long crescendo qui d\u00e9marre \u00e0 3&rsquo;21, et qui culmine avec quelques coups de cuivres si graves qu&rsquo;ils en font passer un frisson dans les cages thoraciques. Magnifique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-e402333dbb5c27e496408e75ac9b5805\">\u00ab\u00a0I am just a poor boy\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Simon &amp; Garfunkel - The Boxer (Audio)\" width=\"1230\" height=\"692\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/l3LFML_pxlY?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID15392\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"15392\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-15392\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mis \u00e0 part leurs principaux succ\u00e8s tels que \u00ab\u00a0Mrs Robinson\u00a0\u00bb, je connais tr\u00e8s peu Simon et Garfunkel. Quand j&rsquo;\u00e9tais \u00e9tudiant, ma copine de l&rsquo;\u00e9poque \u00e9tait tr\u00e8s fan, mais j&rsquo;y voyais&hellip;<a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2026\/04\/12\/simon-and-garfunkel-the-boxer\/\" class=\"more-link\"><span class=\"more-button\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">Simon and Garfunkel &#8211; \u00ab\u00a0The boxer\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/a><\/p>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID15392\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"15392\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-15392\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":15393,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[81],"tags":[222,862],"class_list":["post-15392","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-musique","tag-folk","tag-simon-and-garfunkel"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15392","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15392"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15392\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15399,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15392\/revisions\/15399"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15393"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15392"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15392"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15392"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}