{"id":15675,"date":"2026-05-02T07:34:58","date_gmt":"2026-05-02T05:34:58","guid":{"rendered":"https:\/\/gregoryderville.com\/?p=15675"},"modified":"2026-05-02T07:34:59","modified_gmt":"2026-05-02T05:34:59","slug":"the-national-cardinal-song","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2026\/05\/02\/the-national-cardinal-song\/","title":{"rendered":"The National &#8211; \u00ab\u00a0Cardinal song\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-1 wp-block-paragraph\">Cela fait trop longtemps que je n&rsquo;ai pas chroniqu\u00e9 une chanson du groupe am\u00e9ricain <a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/the-national\/\">The National<\/a>, que j&rsquo;adore. Il est donc temps d&rsquo;y revenir, d&rsquo;autant plus que je viens \u00e0 peine de d\u00e9couvrir le formidable deuxi\u00e8me album de ce groupe, \u00ab\u00a0Sad songs for dirty lovers\u00a0\u00bb, et que je pr\u00e9vois d&rsquo;en pr\u00e9senter au moins trois ou quatre morceaux \u2013 il faut donc commencer sans tarder pour pouvoir \u00e9taler un peu les parutions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-2 wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s avoir exist\u00e9 dans l&rsquo;Ohio sous un autre nom (Nancy), The National a pris sa configuration d\u00e9finitive en 1998, lorsque deux des fondateurs du groupe, Matt Berninger et Scott Devendorf, sont all\u00e9s s&rsquo;installer \u00e0&nbsp;New York. Scott a alors appel\u00e9 son fr\u00e8re Bryan, qui l&rsquo;a rejoint en emmenant dans ses bagages deux de amis, Aaron et&nbsp;Bryce Dessner. Cinq jeunes hommes issus de l&rsquo;universit\u00e9 de Cincinnati, dont deux fr\u00e8res, voil\u00e0 une composition pas banale pour un groupe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-3 wp-block-paragraph\">Un premier album \u00e9ponyme est paru assez rapidement, avec une diffusion confidentielle mais d\u00e9j\u00e0 un joli succ\u00e8s d&rsquo;estime. Quant au deuxi\u00e8me, paru en 2002, il a une histoire assez \u00e9tonnante&nbsp;: il est d&rsquo;abord sorti en France, et qui plus est sur un label m\u00eame pas parisien mais bas\u00e9 \u00e0 Bordeaux. Dans la foul\u00e9e, The National a \u00e9t\u00e9 fortement soutenu par <em>Lib\u00e9ration<\/em> et par France Inter, et depuis lors le groupe a toujours \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 en France \u2013 chez nous on a bon go\u00fbt.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/The-National-2002.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"532\" src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/The-National-2002.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15677\" style=\"aspect-ratio:1.5037927844588344;width:443px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/The-National-2002.jpg 800w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/The-National-2002-300x200.jpg 300w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/The-National-2002-768x511.jpg 768w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/The-National-2002-600x399.jpg 600w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/The-National-2002-400x266.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-4 wp-block-paragraph\">Ce fameux \u00ab\u00a0Sad songs for dirty lovers\u00a0\u00bb, je disais pour commencer que je l&rsquo;ai d\u00e9couvert il y a peu de temps. Je suis un grand amateur de The National, mais je ne connaissais que les albums n\u00b0 4, 5 et 6 (\u00ab\u00a0Boxer\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0High violet\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Trouble will find me\u00a0\u00bb), qui sont tous aussi magnifiques les uns que les autres&nbsp;: les trois disques pr\u00e9c\u00e9dents sont sortis \u00e0 un moment de ma vie o\u00f9 j&rsquo;avais totalement d\u00e9connect\u00e9 de l&rsquo;actualit\u00e9 musicale, car j&rsquo;\u00e9tais trop accapar\u00e9 par mes d\u00e9buts de ma\u00eetre de conf\u00e9rences \u00e0 Lille, et surtout par ma vie de famille (mon premier enfant est n\u00e9 fin 1998). Mais il y a quelques mois, j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de compl\u00e9ter ma CDth\u00e8que avec quelques disques dont j&rsquo;adore quelques morceaux, pour les avoir dans une version de meilleure qualit\u00e9 qu&rsquo;en MP3, et aussi parce que j&rsquo;ai envie de constituer sur mon lieu une petite m\u00e9diath\u00e8que assez vari\u00e9e et compl\u00e8te. Au hasard de mes premiers achats sur Rakuten, je suis tomb\u00e9 sur cet album que je ne connaissais pas et je l&rsquo;ai ajout\u00e9 dans mon panier, pour trois malheureux euros de plus, frais d&rsquo;envoi compris. Riche id\u00e9e&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-5 wp-block-paragraph\">D\u00e8s la premi\u00e8re \u00e9coute j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 emball\u00e9, et en un petit mois je l&rsquo;ai bien \u00e9cout\u00e9 une dizaine de fois, avec de plus en plus de plaisir et m\u00eame d&rsquo;excitation. \u00ab\u00a0Sad songs for dirty lovers\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s bien re\u00e7u par la critique sp\u00e9cialis\u00e9e&nbsp;: le site am\u00e9ricain&nbsp;Pitchfork lui a attribu\u00e9 un 8,4\/10 \u00e9logieux, et plusieurs magazines l&rsquo;ont carr\u00e9ment \u00e9lu album de l&rsquo;ann\u00e9e. Je partage totalement cet enthousiasme&nbsp;: pour moi c&rsquo;est un disque \u00e9blouissant, \u00e0 la beaut\u00e9 v\u00e9n\u00e9neuse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-6 wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0Cardinal song\u00a0\u00bb, qui ouvre l&rsquo;album, est une sublime chanson qui commence \u00e0 pas feutr\u00e9s par une mesure chant\u00e9e presque a capella par la voix m\u00e9lancolique et chaleureuse de Matt Berninger, avec juste un piano num\u00e9rique qui sonne comme un doux carillon. Pendant les minutes suivent, nous sommes suavement berc\u00e9s par une musique irr\u00e9sistiblement envo\u00fbtante, d&rsquo;une classe folle. La section rythmique, qui est l&rsquo;un des gros points forts de The National (la basse est sourde et souveraine, la batterie est nette et pr\u00e9cise), emm\u00e8ne le reste du groupe d&rsquo;une main ferme mains n\u00e9anmoins gliss\u00e9e dans un gant de velours soyeux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-7 wp-block-paragraph\">\u00c0 partir de 3&rsquo;15, le morceau se fait instrumental et il est d\u00e9licatement soulev\u00e9 en apesanteur par des arrangements de guitare et des notes de xylophone num\u00e9rique qui me font un peu penser \u00e0 certains morceaux c\u00e9lestes du Radiohead de la m\u00eame p\u00e9riode (notamment dans ce chef d&rsquo;oeuvre qu&rsquo;est \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2022\/11\/01\/radiohead-let-down\/\">Let down<\/a>\u00ab\u00a0). Musicalement, cette deuxi\u00e8me partie de \u00ab\u00a0Cardinal song\u00a0\u00bb est un d\u00e9lice encore plus voluptueux que la premi\u00e8re, une caresse musicale qui chairdepoulise sans coup f\u00e9rir.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/The-National-Matt-Berninger-2002.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"560\" height=\"375\" src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/The-National-Matt-Berninger-2002.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15684\" style=\"width:463px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/The-National-Matt-Berninger-2002.jpg 560w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/The-National-Matt-Berninger-2002-300x201.jpg 300w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/The-National-Matt-Berninger-2002-400x268.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 560px) 100vw, 560px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-8 wp-block-paragraph\">\u00c0 4&rsquo;40, apr\u00e8s quelques secondes qui donnent l&rsquo;impression que le groupe est en train de pr\u00e9parer un fade-away subtil (une guitare se tend et se tortille tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8rement, une autre se met \u00e0 crisser comme une vieille porte en fer forg\u00e9 trop rarement huil\u00e9e), un accord de piano martel\u00e9 vient nous sortir de notre r\u00eave \u00e9veill\u00e9 et emm\u00e8ne \u00ab\u00a0Cardinal song\u00a0\u00bb dans une troisi\u00e8me direction&nbsp;: ici c&rsquo;est un violoncelle qui dicte le rythme, et Matt Berninger revient poser quelques paroles qui disent tout le d\u00e9sarroi d&rsquo;un homme qui ne sait plus o\u00f9 il en est&nbsp;: \u00ab\u00a0<em>Jesus christ you have confused me, \/ cornered, wasted, blessed and used me, \/ Forgive me girls i am confused<\/em>\u00a0\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-9 wp-block-paragraph\">Ce que j&rsquo;aime le plus dans cette chanson, c&rsquo;est la fa\u00e7on dont elle avance comme descendent les m\u00e9andres d&rsquo;une rivi\u00e8re sinueuse, c&rsquo;est la fatale attraction qu&rsquo;elle d\u00e9gage en donnant l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre une vraie personne, dot\u00e9e d&rsquo;une identit\u00e9 et d&rsquo;une volont\u00e9 propres, et qui joue avec nos nerfs pour mieux nous ferrer. \u00c0 plusieurs reprises, The National joue du ralentissement et du quasi-silence, comme une main s&rsquo;\u00e9carte un bref instant de la peau qu&rsquo;elle fr\u00f4le juste pour attiser l&rsquo;envie qu&rsquo;elle se repose ici ou ailleurs, on ne sait pas o\u00f9 mais \u00e0 vrai dire on s&rsquo;en fout pas mal car on n&rsquo;a qu&rsquo;une seule envie, que \u00e7a continue. C&rsquo;est une chanson qui joue \u00e0 cache-cache, une \u00ab\u00a0<em>apparition disparaissante<\/em>\u00a0\u00bb (pour utiliser une formule du philosophe Vladimir Jank\u00e9l\u00e9vitch), et c&rsquo;est l\u00e0 peut-\u00eatre que r\u00e9side le secret de son affolante s\u00e9duction.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-10 wp-block-paragraph\">J&rsquo;esp\u00e8re vraiment vous avoir donn\u00e9e l&rsquo;envie d&rsquo;\u00e9couter cette chanson d&rsquo;une beaut\u00e9 \u00e9poustouflante, et si vous ne connaissez pas encore The National, peut-\u00eatre que c&rsquo;est par cette \u00e9coute que commencera une histoire d&rsquo;amour entre vous et ce groupe tr\u00e8s, tr\u00e8s au dessus de la m\u00eal\u00e9e. [Dans ce cas je vous invite \u00e0 d\u00e9couvrir les autres titres de ce groupe que j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 chroniqu\u00e9s, <a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/the-national\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/the-national\/\">en suivant ce lien<\/a>]<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-11 wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0Never say you miss her<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-12 wp-block-paragraph\">Never say a word\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Cardinal Song\" width=\"1230\" height=\"923\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/4y3O8jvZwLM?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID15675\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"15675\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-15675\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cela fait trop longtemps que je n&rsquo;ai pas chroniqu\u00e9 une chanson du groupe am\u00e9ricain The National, que j&rsquo;adore. 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