{"id":1640,"date":"2023-10-19T21:22:03","date_gmt":"2023-10-19T19:22:03","guid":{"rendered":"https:\/\/gregoryderville.com\/?p=1640"},"modified":"2025-03-02T15:21:33","modified_gmt":"2025-03-02T14:21:33","slug":"the-beatles-a-day-in-the-life","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2023\/10\/19\/the-beatles-a-day-in-the-life\/","title":{"rendered":"The Beatles &#8211; \u00ab\u00a0A day in the life\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0A day in the life\u00a0\u00bb est la chanson qui cl\u00f4ture le huiti\u00e8me album des Beatles (\u00ab\u00a0Sgt. Pepper&rsquo;s lonely hearts club band\u00a0\u00bb, sorti en 1967). Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;une des mes chansons pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es du Fab Four, loin de l\u00e0, mais j&rsquo;ai envie de la partager pour son c\u00f4t\u00e9 d\u00e9glinguo et psych\u00e9d\u00e9lique, qui a quelque chose de fascinant: on peut donc faire des trucs pareils dans la pop ou le rock?<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est peu dire qu'\u00a0\u00bbA day in the life\u00a0\u00bb est une chanson extr\u00eamement complexe, aussi bien pour ce qui concerne les paroles que pour la musique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les premiers mots semblent annoncer la description d&rsquo;une sc\u00e8ne de vie assez banale (\u00ab\u00a0<em>I read the news today oh boy<\/em>\u00ab\u00a0), mais en r\u00e9alit\u00e9 le texte va partir vers des directions vari\u00e9es, passant du coq \u00e0 l&rsquo;\u00e2ne sans pr\u00e9venir: \u00e7a parle de la mort de l\u2019h\u00e9ritier des Guinness tu\u00e9 dans un accident de voiture, puis d&rsquo;une exp\u00e9rience r\u00e9cente de John Lennon en tant qu&rsquo;acteur, puis d&rsquo;une guerre gagn\u00e9e par l&rsquo;arm\u00e9e anglaise, puis d&rsquo;un souvenir d&rsquo;enfance de Paul McCartney se d\u00e9p\u00eachant pour arriver \u00e0 l&rsquo;heure \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, puis de 4.000 nids de poule dans les rues de Blackburn et de l&rsquo;Albert Hall de Londres, et enfin cela se termine par une allusion \u00e0 peine voil\u00e9e \u00e0 drogue (\u00ab\u00a0<em>I&rsquo;d love to turn you on<\/em>\u00ab\u00a0)\u2026 \u00c0 vrai dire, je ne suis pas tr\u00e8s amateur de ce genre d&rsquo;\u00e9criture \u00ab\u00a0surr\u00e9aliste\u00a0\u00bb \u2013 \u00e0 mon avis un mot sympa pour ne pas dire \u00ab\u00a0portnawak\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>En revanche, \u00ab\u00a0A day the life\u00a0\u00bb est une chanson qui m&rsquo;impressionne particuli\u00e8rement sur le plan musical.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l&rsquo;origine, John Lennon et Paul McCartney avaient en t\u00eate deux amorces de chansons, qu&rsquo;ils ont choisi de r\u00e9unir en pla\u00e7ant celle de Paul au milieu de celle de John, et en intercalant entre elles deux fameuses et stup\u00e9fiantes \u00ab\u00a0mont\u00e9es orchestrales\u00a0\u00bb. Cela donne un morceau constitu\u00e9 de six sections: la premi\u00e8re partie de la chanson de John, puis une mont\u00e9e orchestrale, puis une tr\u00e8s courte chanson de Paul, puis la seconde partie du morceau de John, puis la seconde mont\u00e9e orchestrale, et enfin un accord de piano spectral qui r\u00e9sonne pendant 47 secondes. Cette composition alambiqu\u00e9e, d&rsquo;autant plus d\u00e9licate \u00e0 mettre en \u0153uvre que les deux leaders des Beatles ne savaient pas lire la musique, a n\u00e9cessit\u00e9 de nombreuses prises et un travail de mixage et de synchronisation tr\u00e8s approfondi et minutieux, \u00e0 la limite de la maniaquerie.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui a rendu \u00ab\u00a0A day in the life\u00a0\u00bb tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre, c&rsquo;est surtout le crescendo improvis\u00e9 et apocalyptique qui intervient \u00e0 deux reprises, d&rsquo;abord \u00e0 partir de 1&rsquo;53, puis \u00e0 3&rsquo;57. Venant remplir les 24 mesures qui au d\u00e9part avaient \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9es vides, un orchestre de 40 musiciens, pour la plupart des membres du Royal Philharmonic Orchestra et du London Symphony Orchestra, a enregistr\u00e9 \u00e0 la demande des Beatles \u00ab\u00a0<em>un immense crescendo qui partirait de rien pour arriver \u00e0 quelque chose comme la fin du monde<\/em>\u00a0\u00bb (John Lennon). Comme ces musiciens classiques n&rsquo;\u00e9taient pas habitu\u00e9s \u00e0 jouer sans partition, le groupe a eu l&rsquo;id\u00e9e de transformer les studios Abbey Road en une sorte de salle des f\u00eates remplie d&rsquo;amis divers et vari\u00e9s (notamment les Stones!), et il leur a fourni toutes sortes de d\u00e9guisements pour les mettre \u00e0 l&rsquo;aise. Et l\u00e0 encore, ce crescendo a n\u00e9cessit\u00e9 un gros travail technique \u2013 par exemple le son capt\u00e9 par ces 40 musiciens a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9 par 4 pour accentuer encore son effet saisissant et dramatique.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;autre grande particularit\u00e9 du morceau est sa conclusion, qui est l&rsquo;un des accords de piano les plus c\u00e9l\u00e8bres, ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;accord de pianoS le plus c\u00e9l\u00e8bre, car il s&rsquo;agit en fait de l&rsquo;enregistrement simultan\u00e9 d&rsquo;un accord de mi majeur par les quatre membres des Beatles, sur quatre pianos diff\u00e9rents. Il leur a fallu neuf tentatives pour r\u00e9ussir \u00e0 attaquer la note de fa\u00e7on parfaitement synchronis\u00e9e et pour obtenir cet effet de lente diminution du son qui ressemble \u00e0 une agonie. Rarement un album se sera termin\u00e9 de fa\u00e7on aussi spectaculaire et angoissante\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>En tout et pour tout, le Fab Four a eu besoin de 34 heures r\u00e9parties sur plus de deux mois pour enregistrer \u00ab\u00a0A day in the life\u00a0\u00bb, auxquelles il a fallu ajouter des centaines d&rsquo;heures de travail technique sur le son. Quel contraste avec le premier album du groupe, \u00ab\u00a0Please please me\u00a0\u00bb, dont la l\u00e9gende dit qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement grav\u00e9 en moins de dix heures!<\/p>\n\n\n\n<p>En seulement sept ans (!), de la fra\u00eecheur des commencements \u00e0 cette chanson qui est l&rsquo;une des plus complexes, les plus ambitieuses, les plus innovantes et les plus reconnues de l&rsquo;histoire de la pop (le chef d&rsquo;orchestre Leonard Bernstein a par exemple confi\u00e9 que \u00ab\u00a0<em>trois mesures de A Day in the Life me soutiennent toujours, me rajeunissent, enflamment mes sens et ma sensibilit\u00e9<\/em>\u00ab\u00a0), les Beatles ont trac\u00e9 un chemin musical incroyablement riche et s\u00e9minal.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a des groupes que je pr\u00e9f\u00e8re aux Beatles, que j&rsquo;\u00e9coute avec plus de plaisir, de joie ou d&rsquo;enthousiasme. Mais des groupes qui occupent une plus grande place dans l&rsquo;histoire de la musique populaire, je ne crois pas qu&rsquo;il y en ait eu un seul.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"A Day In The Life\" width=\"1230\" height=\"923\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/YSGHER4BWME?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID1640\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"1640\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-1640\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0A day in the life\u00a0\u00bb est la chanson qui cl\u00f4ture le huiti\u00e8me album des Beatles (\u00ab\u00a0Sgt. 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