{"id":16952,"date":"2026-06-24T12:53:47","date_gmt":"2026-06-24T10:53:47","guid":{"rendered":"https:\/\/gregoryderville.com\/?p=16952"},"modified":"2026-06-24T12:57:24","modified_gmt":"2026-06-24T10:57:24","slug":"end-of-the-world-julie-london","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2026\/06\/24\/end-of-the-world-julie-london\/","title":{"rendered":"Julie London &#8211; \u00ab\u00a0End of the world\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-32128b39d8af5a114718e69419e34508 wp-block-paragraph\">Comme hier, je choisis un morceau dont le titre est de circonstance, au moment o\u00f9 cette terrible canicule de juin 2026 semble enterrer d\u00e9finitivement notre insouciance et ouvrir une nouvelle p\u00e9riode marqu\u00e9e par une pr\u00e9carit\u00e9 et une dangerosit\u00e9 extr\u00eames. Depuis quelques jours, quand je lis les articles d&rsquo;actualit\u00e9 ou les publications sur les r\u00e9seaux sociaux, quand je lis ou j&rsquo;entends ce que me disent mes ami\u00b7es des villes \u00e0 propos de la fournaise qu&rsquo;ils sont en train de subir, je me dis que beaucoup de gens sont en train de comprendre, dans leur chair, ce qu&rsquo;un monde \u00e0 + 2, + 3 ou +4 C\u00b0 signifie, et que pour ces personnes-l\u00e0, la p\u00e9riode ressemble au d\u00e9but de la fin du monde.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"708\" height=\"913\" src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Julie-London-1958.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16956\" style=\"width:414px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Julie-London-1958.jpeg 708w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Julie-London-1958-233x300.jpeg 233w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Julie-London-1958-481x620.jpeg 481w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Julie-London-1958-504x650.jpeg 504w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Julie-London-1958-349x450.jpeg 349w\" sizes=\"auto, (max-width: 708px) 100vw, 708px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-523f5fa56013c8e0198f9f455eb3eca5 wp-block-paragraph\">La fin du monde, c&rsquo;est ce que chante Julie Lindon, une chanteuse de jazz am\u00e9ricaine dont le vrai nom \u00e9tait Julie Peck, qui a eu son heure de gloire \u00e0 partir du milieu des ann\u00e9es 1960 (elle a notamment \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re interpr\u00e8te de \u00ab\u00a0Cry me a river\u00a0\u00bb, en 1960). Son physique hollywoodien (elle a d&rsquo;abord jou\u00e9 dans une vingtaine de films), ainsi que sa voix claire, grave et sensuelle, \u00e9taient parfaitement adapt\u00e9s au jazz de la c\u00f4te est, celui des grands orchestres aux nappes de cordes classieuses, celui qui \u00e9tait aussi aristocrate et s\u00fbr de soi que le jazz de la c\u00f4te est \u00e9tait underground et r\u00e9volt\u00e9. Il y en a pour trouver cette musique facile ou m\u00eame sirupeuse, mais moi elle me bouleverse, et certains jours encore davantage que d&rsquo;autres\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-203e05b43048facb02dd4eb1802ea313 wp-block-paragraph\">Dans \u00ab\u00a0End of the world\u00a0\u00bb, Julie Lindon \u00e9voque la fin d&rsquo;un amour, ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment la fin de l&rsquo;amour qu&rsquo;un homme ador\u00e9 lui vouait, de l&rsquo;amour pur, tendre, bienveillant, sensible et torride qui remplissait sa vie de bonheur, de d\u00e9sir, de plaisirs, d&rsquo;espoirs et de projets. Le texte des couplets, simple et d\u00e9chirant, exprime une incompr\u00e9hension si profonde que la femme abandonn\u00e9e ne voit plus le moindre sens \u00e0 ce qui fait l&rsquo;ordinaire du monde, ni le soleil ni les oiseaux, ni les vagues ni les \u00e9toiles&nbsp;: c&rsquo;est comme si tout cela s&rsquo;\u00e9tait \u00e9vanoui en m\u00eame temps que l&rsquo;amour de cet homme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-b6624b770eeae339499ebd889e01995c wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0<em>Why does the sun go on shining&nbsp;?<br>Why does the sea rush to shore&nbsp;?<br>Don&rsquo;t they know it&rsquo;s the end of the world<br>&lsquo;Cause you don&rsquo;t love me anymore&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-aded7ae3b28810029164c4f950aa43fb wp-block-paragraph\"><em>Why do the birds go on singing&nbsp;?<br>Why do the stars glow above&nbsp;?<br>Don&rsquo;t they know it&rsquo;s the end of the world<br>It ended when I lost your love<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-46c2be6f83f46a40aebd12aeaa7fc11f wp-block-paragraph\"><em>(\u2026)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-e0ca65ab279a8485fca729d3a2c42e51 wp-block-paragraph\"><em>Why does my heart go on beating\u00a0?<br>Why do these eyes of mine cry\u00a0?<br>Don&rsquo;t they know it&rsquo;s the end of the world ?<br>It ended when you said goodbye<\/em>\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-776b8b060b0cf2cb21de658aa53a2bc2 wp-block-paragraph\">Cette impression que le monde s&rsquo;arr\u00eate, on ne la ressent pas, heureusement, \u00e0 chaque rupture. Parfois on souffre beaucoup, parce qu&rsquo;il y avait de l&rsquo;amour et de la passion et parce que le manque larde le coeur, mais on est d\u00e9j\u00e0 capable de prendre un peu de recul et de se dire que de toutes fa\u00e7ons \u00ab\u00a0on n&rsquo;\u00e9tait pas faits l&rsquo;un pour l&rsquo;autre\u00a0\u00bb, ou que \u00ab\u00a0\u00e7a n&rsquo;aurait pas pu fonctionner\u00a0\u00bb, et que le temps fera s\u00fbrement son office. Mais il y a des ruptures plus d\u00e9vastatrices que d&rsquo;autres. D&rsquo;abord il y a celles qui brisent une union tr\u00e8s longue et tr\u00e8s significative (\u00e7a a \u00e9t\u00e9 le cas lorsque mon mariage a \u00e9t\u00e9 rompu)\u00a0: l&rsquo;attachement est d&rsquo;autant plus douloureux \u00e0 d\u00e9nouer qu&rsquo;il s&rsquo;est traduit et ancr\u00e9 dans la vie quotidienne, dans les lieux o\u00f9 l&rsquo;on vit, et dans des ann\u00e9es et des ann\u00e9es de souvenirs. Et puis il y a aussi les ruptures qui scellent la fin d&rsquo;un amour que l&rsquo;on pressentait radieux et invincible, quand on \u00e9tait convaincu\u00b7e, croix de bois croix de fer, que l&rsquo;autre a pile poil tout ce que l&rsquo;on r\u00eave de trouver chez un amoureux ou une amoureuse, et quand on est confiant sur le fait que l&rsquo;autre ressent la m\u00eame chose. Il arrive parfois que m\u00eame si l&rsquo;amour est partag\u00e9, m\u00eame s&rsquo;il est aussi beau et puissant sur le plan affectif que sur le plan intellectuel et charnel, cela ne suffise pas, parce que la vie a fait se rencontrer les amants maudits au mauvais moment. Tous les deux restent alors chacun de leur c\u00f4t\u00e9 comme des \u00e2mes en peine, persuad\u00e9es que leur vie est fichue et que jamais plus ils ou elles ne tomberont sur leur one and only, sur leur combo parfait, sur l&rsquo;homme ou la femme du reste de leur vie. Dans ces ruptures l\u00e0, ce qui domine, plus encore peut-\u00eatre que le chagrin, c&rsquo;est la sid\u00e9ration\u00a0: mais comment est-ce possible que l&rsquo;on se rate alors qu&rsquo;on d\u00e9sire aussi puissamment et tendrement l&rsquo;un que l&rsquo;autre se retrouver\u00a0? Comment est-ce possible que ma vie continue \u00ab\u00a0normalement\u00a0\u00bb sans la personne avec qui j&rsquo;avais projet\u00e9 de vivre\u00a0? \u00ab\u00a0<em>I wake up in the morning and I wonder \/ why everything&rsquo;s the same as it was \/ I can&rsquo;t understand, no, I can&rsquo;t understand \/ how life goes on the way it does<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-af06113fd966b2f89dd97ef8b2bd3525 wp-block-paragraph\">Il para\u00eet que ce genre de choses arrivent, et que dans ces cas-l\u00e0 le plus sage est de l&rsquo;accepter et de faire son deuil, en gardant confiance dans le fait que derri\u00e8re l&rsquo;arc-en-ciel le soleil point d\u00e9j\u00e0. Il para\u00eet. Il y a des jours o\u00f9 c&rsquo;est plus difficile \u00e0 croire, surtout quand c&rsquo;est le monde entier qui, tout autour, s&rsquo;enfonce dans le chaos, canicule apr\u00e8s canicule, incendie apr\u00e8s incendie, guerre apr\u00e8s guerre\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-30281dc581894202a30bd0e3aa5d0b85 wp-block-paragraph\">Demain peut-\u00eatre, tr\u00e8s vite en tous cas, un poulain na\u00eetra sur mes prairies. J&rsquo;essaierai de voir en lui le symbole de la vie qui repart et qui appelle, d&rsquo;un monde nouveau qui appara\u00eet et qui va se d\u00e9ployer, splendidement inconscient du chaos, de la fatigue et du chagrin qui l&rsquo;entourent.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"The End of the World\" width=\"1230\" height=\"923\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/QUwAMma5Akc?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID16952\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"16952\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-16952\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme hier, je choisis un morceau dont le titre est de circonstance, au moment o\u00f9 cette terrible canicule de juin 2026 semble enterrer d\u00e9finitivement notre insouciance et ouvrir une nouvelle&hellip;<a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2026\/06\/24\/end-of-the-world-julie-london\/\" class=\"more-link\"><span class=\"more-button\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">Julie London &#8211; \u00ab\u00a0End of the world\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/a><\/p>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID16952\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"16952\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-16952\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":16953,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[81],"tags":[179,832,725],"class_list":["post-16952","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-musique","tag-jazz","tag-julie-london","tag-rupture"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16952","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16952"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16952\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16976,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16952\/revisions\/16976"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16953"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16952"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16952"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16952"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}