{"id":2517,"date":"2022-03-17T17:24:47","date_gmt":"2022-03-17T16:24:47","guid":{"rendered":"https:\/\/gregoryderville.com\/?p=2517"},"modified":"2025-03-03T12:43:21","modified_gmt":"2025-03-03T11:43:21","slug":"deep-purple-child-in-time","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2022\/03\/17\/deep-purple-child-in-time\/","title":{"rendered":"Deep purple &#8211; \u00ab\u00a0Child in time\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 part le c\u00e9l\u00e9brissime \u00ab\u00a0Smoke on the water\u00a0\u00bb, dont tout le monde a entendu le th\u00e8me, je ne connais \u00e0 peu pr\u00e8s rien de Deep Purple, si ce n&rsquo;est que c&rsquo;est un des groupes pionniers du hard-rock, que certains de mes copains \u00e9coutaient beaucoup, dont ils accrochaient des images en tissu sur l&rsquo;arri\u00e8re de leurs vestes en jean, et dont ils griffonnaient le nom un peu partout \u2013 sur leurs v\u00eatements, sur leurs cahiers, sur leurs sacs de cours en toile de jute kaki, sur les tables de classe au coll\u00e8ge et au lyc\u00e9e\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Ma connaissance de ce groupe s&rsquo;arr\u00eate \u00e0 peu pr\u00e8s l\u00e0 \u2013 d\u00e9sol\u00e9 Jean-Michel.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il y a quelques semaines, j&rsquo;ai lu un beau roman de Michel Houellebecq, \u00ab\u00a0S\u00e9rotonine\u00a0\u00bb, dans lequel il d\u00e9crit de fa\u00e7on saisissante un morceau de Deep purple, \u00ab\u00a0Child in time\u00a0\u00bb, dans un enregistrement pirate d&rsquo;un concert \u00e0 Duisbourg en Allemagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors je suis all\u00e9 \u00e9couter ce morceau, par curiosit\u00e9, dans une autre version live (enregistr\u00e9e \u00e0 la la t\u00e9l\u00e9vision anglaise), puisque celle dont parle Houellebecq ne semble pas disponible sur Internet\u2026 et j&rsquo;ai imm\u00e9diatement \u00e9t\u00e9 saisi. Moi qui avais le souvenir de Deep purple comme d&rsquo;un groupe dont la musique se limitait \u00e0 une longue et p\u00e9nible litanie de hurlements, me voici face \u00e0 une chanson impressionnante, \u00e0 l&rsquo;architecture subtile et progressive tout au long de ses presque dix minutes, profond\u00e9ment d\u00e9rangeante et emballante.<\/p>\n\n\n\n<p>Je l&rsquo;ai aussi \u00e9cout\u00e9e en version studio, mais j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 nettement moins convaincu: ici je trouve la guitare \u00e9lectrique trop virtuose, trop bavarde, trop bruyante aussi.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors retour \u00e0 cette version enregistr\u00e9e en direct, que j&rsquo;ai bien \u00e9cout\u00e9e vingt fois ces derni\u00e8res semaines, toujours avec la m\u00eame sensation d&rsquo;\u00eatre percut\u00e9 et renvers\u00e9 par un bulldozer \u00e9motionnel qui monte en puissance et explose plusieurs fois, comme une succession de flux et de reflux.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Child in time\u00a0\u00bb commence par une introduction sobre \u00e0 l&rsquo;orgue et aux cymbales, qui semblent d&rsquo;abord tranquilles et sereines, mais dont les inflexions se font petit \u00e0 petit plus inqui\u00e9tantes. L&rsquo;impression de tension qui s&rsquo;installe est confirm\u00e9e lorsque Ian Gillian prend le micro: il chante d&rsquo;abord tout en retenue, mais sa voix se fait petit \u00e0 petit plus douloureuse, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il se lance dans des vocalises en voix de t\u00eate, d&rsquo;abord fragiles et plaintives \u00e0 1&rsquo;55, puis soudain per\u00e7antes et tortur\u00e9es \u00e0 2&rsquo;25.<\/p>\n\n\n\n<p>Et alors la chanson prend une toute autre tournure. D&rsquo;abord le batteur se fait furieux, les guitaristes le rejoignent et martyrisent leurs instruments au point d&rsquo;en faire des taureaux furieux, emportant en prime l&rsquo;orgue dans leur col\u00e8re. \u00c0 3&rsquo;20, un break que Houellebecq d\u00e9crit comme \u00ab\u00a0<em>majestueux<\/em>\u00ab\u00a0, \u00ab\u00a0<em>sans doute le plus beau break de l\u2019histoire du rock<\/em>\u00ab\u00a0, ouvre sur presque deux minutes de cavalcade effr\u00e9n\u00e9e dans laquelle l&rsquo;ensemble du groupe se lance \u00e0 corps perdu. Soudain \u00e7a s&rsquo;interrompt et le calme revient, le morceau semblant reprendre au tout d\u00e9but, comme si le d\u00e9lire auquel Deep purple vient de s&rsquo;abandonner n&rsquo;avait pas exist\u00e9. Ce qui pr\u00e9c\u00e8de donne aux appels de Ian Gillan une allure d&rsquo;autant plus d\u00e9chirante\u2026 Mais le r\u00e9pit n&rsquo;est que de courte dur\u00e9e et la furie revient \u00e0 nouveau, les guitares effectuent \u00e0 nouveau de grandes embard\u00e9es, et Ian Gillian se remet \u00e0 crier ce qu&rsquo;on a du mal \u00e0 ne pas interpr\u00e9ter comme un m\u00e9lange de d\u00e9tresse et la rage\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Le final, dantesque comme un cyclone qui arrache tout sur son passage, m\u00eale des sonorit\u00e9s stridentes et des cris terrifiants, comme si nous \u00e9tions plong\u00e9s dans un cauchemar incandescent.<\/p>\n\n\n\n<p>On \u00e9tait alors en 1970, le peace and love d\u00e9ferlait un peu partout en Occident, mais c&rsquo;est peu dire qu&rsquo;avec \u00ab\u00a0Child in time\u00a0\u00bb, Deep purple en d\u00e9zingue les illusions de fa\u00e7on implacable.<\/p>\n\n\n\n<p>Et aujourd&rsquo;hui, \u00e0 plus de 50 ans, j&rsquo;ai d\u00e9couvert un morceau fulgurant et grandiose, gr\u00e2ce auquel Deep purple m&rsquo;a fait tour \u00e0 tour succomber \u00e0 la furie, retrouver mes esprits, et ainsi de suite, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9puisement.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour finir, comment ne pas ajouter qu&rsquo;en mars 2022, les paroles, qui parlent de la guerre froide, de la ligne t\u00e9nue qui distingue le bien du mal, et d&rsquo;un homme qui bombarde aveugl\u00e9ment le monde, prennent une singuli\u00e8re actualit\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Sweet child in time,<\/p>\n\n\n\n<p>you&rsquo;ll see the line,<\/p>\n\n\n\n<p>the line that&rsquo;s drawn between<\/p>\n\n\n\n<p>good and bad<\/p>\n\n\n\n<p>See the blind man<\/p>\n\n\n\n<p>shooting at the world\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>[La description de Michelle Houellebecq: \u00ab\u00a0<em>Le seul souvenir pr\u00e9cis que j&rsquo;ai, c\u2019est un enregistrement de Child in time, un pirate r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 Duisburg en 1970, la sonorit\u00e9 de ses Klipschorn \u00e9tait vraiment exceptionnelle, esth\u00e9tiquement c&rsquo;\u00e9tait peut-\u00eatre le plus beau moment de ma vie, je tiens \u00e0 le signaler dans la mesure o\u00f9 la beaut\u00e9 peut servir \u00e0 quelque chose, enfin on a d\u00fb se le passer trente ou quarante fois, \u00e0 chaque fois captiv\u00e9s, sur le fond de la calme ma\u00eetrise de Jon Lord, par le mouvement d&rsquo;envol absolu par lequel Ian Gillan passait de la parole au chant, puis du chant au cri, et ensuite revenait \u00e0 la parole, imm\u00e9diatement apr\u00e8s s&rsquo;ensuivait le break majestueux de Ian Paice, il est vrai que Jon Lord le soutenait avec son habituel m\u00e9lange d&rsquo;efficacit\u00e9 et de grandeur, mais quand m\u00eame le break de Ian Paice \u00e9tait somptueux, c&rsquo;\u00e9tait sans doute le plus beau break de l&rsquo;histoire du rock, puis Gillan revenait et la seconde partie du sacrifice \u00e9tait consomm\u00e9e, Ian Gillan s&rsquo;envolait \u00e0 nouveau de la parole au chant, puis du chant au cri pur, et malheureusement peu apr\u00e8s le morceau se terminait et il n&rsquo;y avait plus qu&rsquo;\u00e0 replacer l\u2019aiguille au d\u00e9but et nous aurions pu vivre \u00e9ternellement ainsi, \u00e9ternellement je ne sais pas c&rsquo;\u00e9tait sans doute une illusion mais une illusion belle<\/em>.\u00a0\u00bb]<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Deep Purple - Child In Time - Live (1970)\" width=\"1230\" height=\"923\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/OorZcOzNcgE?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; 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\u00ab\u00a0Child in time\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/a><\/p>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID2517\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"2517\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-2517\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5852,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[81],"tags":[728,329],"class_list":["post-2517","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-musique","tag-guerre","tag-hard-rock"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2517","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2517"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2517\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2518,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2517\/revisions\/2518"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5852"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2517"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2517"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2517"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}