{"id":2647,"date":"2021-10-13T22:09:25","date_gmt":"2021-10-13T20:09:25","guid":{"rendered":"https:\/\/gregoryderville.com\/?p=2647"},"modified":"2026-05-10T07:34:57","modified_gmt":"2026-05-10T05:34:57","slug":"alain-bashung-je-me-dore","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2021\/10\/13\/alain-bashung-je-me-dore\/","title":{"rendered":"Alain Bashung &#8211; \u00ab\u00a0Je me dore\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-a85dcfba3876f39919d7fe574e566d92 wp-block-paragraph\">Voici une chanson qui apporte une solution \u00e9blouissante \u00e0 une \u00e9quation <em>a priori<\/em> impossible: comment est-il possible de faire encore mieux que ce qui est pourtant d\u00e9j\u00e0 parfait ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-084579c2646944e4ec6856838062daec wp-block-paragraph\">Sorti en 1998, \u00ab\u00a0Fantaisie militaire\u00a0\u00bb avait \u00e9t\u00e9 pour <a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/bashung\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/bashung\/\">Alain Bashung<\/a> l&rsquo;album de la cons\u00e9cration critique et publique. Un chef d&rsquo;oeuvre compact et dense, dont \u00e9mergeaient un tube flamboyant (\u00ab\u00a0La nuit je mens\u00a0\u00bb ) , et quelques titres encore bien plus puissants \u00e0 mon go\u00fbt (par ordre de pr\u00e9f\u00e9rence: \u00ab\u00a0Angora\u00a0\u00bb , \u00ab\u00a0Aucun express\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Fantaisie militaire\u00a0\u00bb ).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-bc99dc99c917cd229af707e4d1e531c9 wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s un disque pareil, Bashung aurait pu faire une pause, \u00e9tourdi par sa r\u00e9ussite artistique et commerciale. Peut-\u00eatre m\u00eame aurait-il pu s&rsquo;arr\u00eater l\u00e0, au sommet, \u00e9puis\u00e9 par un processus cr\u00e9atif qui est chez lui extr\u00eamement vorace en temps et en \u00e9nergie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-a7a1db4f6a46c0a291aca725be7bea3b wp-block-paragraph\">Mais quatre ans plus tard, en 2002, il revient avec \u00ab\u00a0L&rsquo;imprudence\u00a0\u00bb , un album tr\u00e8s diff\u00e9rent mais tout aussi formidable et magistral, o\u00f9 sa puissance cr\u00e9ative est \u00e0 son climax.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-c0015b31afe79e6b51341691ad07aa13 wp-block-paragraph\">C&rsquo;est un disque qui, sur le plan commercial, porte bien son nom, car il ne correspond gu\u00e8re \u00e0 ce qui permet des passages \u00e0 la radio ou \u00e0 la t\u00e9l\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-8bc62e92718d2c59af81b8ff21166625 wp-block-paragraph\">D&rsquo;abord il y a l&rsquo;ambiance musicale, presque en permanence lugubre, et qui \u00e0 plusieurs reprises sombre carr\u00e9ment dans les abysses. La seule couleur de ce disque est le noir, d&rsquo;o\u00f9 d&rsquo;ailleurs la pochette en N&amp;B, sur laquelle Bashung semble photographi\u00e9 en marge d&rsquo;un enterrement, dans un manteau noir, raide comme la justice, le regard en biais et foudroyant, comme s&rsquo;il \u00e9tait furieux d&rsquo;\u00eatre surpris dans son intimit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-c34190b9048aa1fc5d50bccf866230f4 wp-block-paragraph\">Par ailleurs il n&rsquo;y a pas de tube potentiel. M\u00eame pas (ou quasiment pas) d&rsquo;alternance couplets \/ refrains. Des textes toujours aussi \u00e9nigmatiques (quasiment tous co-\u00e9crits en mode ping-pong avec Jean Fauque). Une voix grave et solennelle qui parle plut\u00f4t qu&rsquo;elle ne chante. Des rythmes lents. Des arrangements majestueux de cordes, de musique \u00e9lectronique et de sons plus ou moins incongrus\u2026 En r\u00e9alit\u00e9, la plupart des morceaux ne sont pas ce qu&rsquo;on appelle habituellement des \u00ab\u00a0chansons\u00a0\u00bb , mais plut\u00f4t des divagations po\u00e9tiques et auditives, dans la m\u00eame veine que le \u00ab\u00a0Cantique des cantiques\u00a0\u00bb, que Bashung a enregistr\u00e9 \u00e0 peu pr\u00e8s au m\u00eame moment avec sa derni\u00e8re compagne Chlo\u00e9 Mons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-61b616830bafee78b283157569ee0123 wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0L&rsquo;imprudence\u00a0\u00bb est un disque aust\u00e8re, ambitieux, audacieux, exigeant, fervent, et donc difficile d&rsquo;acc\u00e8s et parfois inconfortable \u00e0 \u00e9couter (en particulier sur \u00ab\u00a0Dans la foul\u00e9e\u00a0\u00bb , sur \u00ab\u00a0Laisse venir\u00a0\u00bb , et sur \u00ab\u00a0Jamais d&rsquo;autre que toi\u00a0\u00bb , qui met en musique un po\u00e8me de Robert Desnos). Il a suscit\u00e9 l&rsquo;enthousiasme de la critique, mais il ne pouvait pas marcher aussi bien que le pr\u00e9c\u00e9dent aupr\u00e8s du grand public. \u00ab\u00a0<em>Continent \u00e0 la d\u00e9rive, qui m&rsquo;aime me suive<\/em>\u00a0\u00bb , chante Bashung: ce n&rsquo;est pas donn\u00e9 \u00e0 tout le monde d&rsquo;arpenter ces cimes l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-e78222ebcc28c1fd1e7e31143767d30b wp-block-paragraph\">La force de cet album provient surtout de la fa\u00e7on dont Alain Bashung a offert \u00e0 ses musiciens la possibilit\u00e9 de trifouiller et d&rsquo;enrichir ses compositions, dans une d\u00e9marche particuli\u00e8rement collaborative. Dans une s\u00e9rie de podcasts diffus\u00e9e sur France Inter et consacr\u00e9e \u00e0 sa carri\u00e8re, un \u00e9pisode entier d\u00e9crit ce processus de cr\u00e9ation, et je me souviens encore de mon \u00e9tonnement quand je l&rsquo;avais \u00e9cout\u00e9. Ses musiciens ont re\u00e7u carte blanche pour cr\u00e9er des sons (cordes pinc\u00e9es, coups d&rsquo;archet brusques et stridents, arp\u00e8ges de guitare, courts appels d&rsquo;harmonica, brefs soubresauts \u00e9lectroniques\u2026), collecter des bruits (porte qui grince, clochette l\u00e9g\u00e8re, corne de brume\u2026), et tenter des collages entre toute cette mati\u00e8re h\u00e9t\u00e9roclite. Chaque soir, Bashung venait \u00e9couter en silence le produit de leur imagination et de leurs cogitations. De temps en temps il indiquait d&rsquo;un geste, d&rsquo;un mouvement de t\u00eate, d&rsquo;une mimique ou d&rsquo;un simple mot que ce qu&rsquo;il venait d&rsquo;entendre lui plaisait, le touchait, l&rsquo;intriguait, et c&rsquo;\u00e9tait le signe qu&rsquo;on pouvait le garder, sous cette forme, ou accol\u00e9 \u00e0 une autre tentative sonore, ou pourquoi pas dans une autre chanson\u2026 Ce travail d&rsquo;orf\u00e8vre maniaque a dur\u00e9 un an, en trois sessions d&rsquo;enregistrement!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-f2a4e293d45b1d9cd36be186751ef48f wp-block-paragraph\">Le r\u00e9sultat de cette mani\u00e8re de travailler originale, cr\u00e9ative et \u00e9minemment collective, de ce que Bashung lui-m\u00eame a appel\u00e9 \u00ab\u00a0<em>des trafics de sons<\/em>\u00a0\u00bb , c&rsquo;est un album d&rsquo;une richesse sonore incroyable, un labyrinthe sophistiqu\u00e9 et fascinant, un fleuve qui charrie dans ses eaux troubles une profusion de tr\u00e9sors musicaux et de trouvailles po\u00e9tiques. Une musique si vivante, si vibrante, si anim\u00e9e, qu&rsquo;elle semble \u00e0 peine avoir \u00e9t\u00e9 invent\u00e9e et enregistr\u00e9e au moment m\u00eame o\u00f9 nous l&rsquo;\u00e9coutons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-2b53b4ffb557e87309c145a91f8355e8 wp-block-paragraph\">Ce n&rsquo;est vraiment pas le genre de disque que l&rsquo;on peut d\u00e9couvrir et appr\u00e9cier en l&rsquo;\u00e9coutant comme une musique d&rsquo;ambiance et d&rsquo;une oreille \u00e9tourdie: il faut s&rsquo;y mettre attentivement, avec application, plusieurs fois, et de pr\u00e9f\u00e9rence au casque. En fait ce n&rsquo;est pas un disque qu&rsquo;il faut \u00e9couter, c&rsquo;est un disque dans lequel il faut plonger. Comme pour la derni\u00e8re p\u00e9riode de Talk Talk (et ce n&rsquo;est pas un hasard si parmi les musiciens invit\u00e9s il y a le bassiste Simon Edwards).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-603f591d762e8bbdc511ab441778af93 wp-block-paragraph\">Parmi les morceaux que j&rsquo;ai envie de sortir du lot, il y a \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2024\/02\/07\/alain-bashung-tel\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2024\/02\/07\/alain-bashung-tel\/\">Tel<\/a>\u00a0\u00bb , qui ouvre l&rsquo;album et qui claque \u00e0 la fois comme un d\u00e9fi \u00e0 l&rsquo;industrie du disque, une prise de risque et une profession de foi: \u00ab\u00a0<em>\u00c0 l&rsquo;avenir, \/ laisse venir \/ Laisse le vent du soir d\u00e9cider \/ l&rsquo;imprudence<\/em>\u00a0\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-062038c2250a955d7ce78fe889363439 wp-block-paragraph\">Dans la m\u00eame veine il y a aussi la chanson titre, \u00ab\u00a0L&rsquo;imprudence\u00a0\u00bb , qui met en musique une notion ch\u00e8re \u00e0 certains th\u00e9rapeutes: comme il faut accepter et embrasser \u00ab\u00a0l&rsquo;inconfort d&rsquo;exister\u00a0\u00bb si l&rsquo;on veut profiter de l&rsquo;existence, la musique devient magique et ouvre sur un autre monde lorsqu&rsquo;elle cesse de respecter des canons et des conventions et lorsqu&rsquo;elle part \u00e0 l&rsquo;aventure, ouvre des portes derri\u00e8re lesquelles elle-m\u00eame ne sait pas ce qu&rsquo;elle va trouver. Ce morceau de 20 minutes, qui cl\u00f4ture l&rsquo;album, n&rsquo;est pas une chanson, c&rsquo;est une m\u00e9ditation musicale, o\u00f9 Bashung reprend comme un mantra la formule par laquelle il a ouvert l&rsquo;album (\u00ab\u00a0<em>Laisse venir<\/em>\u00a0\u00bb ) , puis r\u00e9p\u00e8te les paroles de \u00ab\u00a0Tel\u00a0\u00bb, et se pour finir fait chamane. \u00ab\u00a0<em>Laisse venir l&rsquo;imprudence<\/em>\u00a0\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-7c0e2db53e48defe0ac8c03dc15fa49f wp-block-paragraph\">Il y a aussi le deuxi\u00e8me titre, \u00ab\u00a0Faites Monter\u00a0\u00bb , qui s&rsquo;ouvre sur une d\u00e9finition de la vie assez traumatisante (\u00ab\u00a0<em>Dans ma cornue \/ j&rsquo;y ai vers\u00e9 \/ six gouttes de cigu\u00eb, \/ un peu d&rsquo;espoir, \/ \u00e7a d&rsquo;\u00e9paisseur \/ Et j&rsquo;ai touill\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb ) , et qui d\u00e9ploie une \u00e9nergie \u00e9tourdissante et magn\u00e9tique, jusqu&rsquo;\u00e0 un crescendo final \u00e9poustouflant. Texte, musique et interpr\u00e9tation me font ici penser \u00e0 un animal d\u00e9cha\u00een\u00e9 qui n&rsquo;ob\u00e9it qu&rsquo;un un seul mot d&rsquo;ordre: \u00ab\u00a0<em>Faites monter le mercure \/ Faites monter l&rsquo;aventure<\/em>\u00a0\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-32959d9efb1deeb5a024f19011690191 wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2024\/10\/31\/alain-bashung-mes-bras\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2024\/10\/31\/alain-bashung-mes-bras\/\">Mes bras<\/a>\u00a0\u00bb est une longue et imp\u00e9riale d\u00e9claration d&rsquo;amour (\u00e0 moins que ce ne soit une r\u00e9f\u00e9rence cach\u00e9e \u00e0 l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne ?) o\u00f9 la m\u00e9lodie n&rsquo;existe que sous la forme d&rsquo;arrangements de cordes amples et lents, de gouttes de piano qui tombent du ciel, d&rsquo;une basse l\u00e9g\u00e8re et discr\u00e8te\u2026 Le texte oscille entre plusieurs constats d\u00e9sol\u00e9s: celui d&rsquo;une promesse de tendresse et de protection que l&rsquo;on n&rsquo;a pas su tenir (\u00ab\u00a0<em>J&rsquo;\u00e9tais cens\u00e9 t&rsquo;\u00e9tourdir \/ sans aviron sans \u00e9lixir \/ J&rsquo;\u00e9tais cens\u00e9 te soustraire \u00e0 la glu (\u2026) J&rsquo;\u00e9tais cens\u00e9 te ravir \/ \u00e0 la col\u00e8re de Dieu (\u2026) J&rsquo;\u00e9tais cens\u00e9 te couvrir \/ \u00e0 l&rsquo;approche des cyclones (\u2026) J&rsquo;\u00e9tais cens\u00e9 t&rsquo;extraire \/ le pieu dans le c\u0153ur \/ qui t&#8217;emp\u00eache de courir<\/em>\u00a0\u00bb ) , celui de la fatigue \u00e0 essayer de faire vivre un amour qui n&rsquo;en peut plus (\u00ab\u00a0<em>Mes h\u00e9lices se sont lass\u00e9es \/ de te porter aux nues<\/em>\u00ab\u00a0) , celui de la solitude gla\u00e7ante dans laquelle on se retrouve ensuite (\u00ab\u00a0<em>Les impasses \/ Les grands espaces \/ Mes bras connaissent \/ Mes bras connaissent \/ Une \u00e9toile sur le point de s&rsquo;\u00e9teindre<\/em>\u00a0\u00bb ) , celui de l&rsquo;angoisse qui parcourt l&rsquo;\u00e9chine (\u00ab\u00a0<em>La menace du futur, les d\u00e9lices qu&rsquo;on ampute<\/em>\u00a0\u00bb ). Tout cela est d&rsquo;une beaut\u00e9 sid\u00e9rale et renversante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-e555e9d77612999423f38a4c04d5a4cf wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0La ficelle\u00a0\u00bb , \u00e9tonnante r\u00e9flexion sur l&rsquo;attente de la mort, et affirmation d&rsquo;un d\u00e9sir de l&rsquo;apprivoiser et de choisir l&rsquo;heure de tirer sa r\u00e9v\u00e9rence: \u00ab\u00a0<em>Par la meurtri\u00e8re, \/ guette l&rsquo;ennemi (\u2026) \/ guette l&rsquo;horizon \/ guette la vie \/ Je n&rsquo;attendrai pas l&rsquo;automne, \/ ses sonates \u00e0 mon sonotone \/ Je n&rsquo;attendrai pas \/ que s&rsquo;abaisse le pont-levis<\/em>\u00a0\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-3c742a05547aeda5fce40d71473b2a97 wp-block-paragraph\">Et puis il y a \u00ab\u00a0Je me dore\u00a0\u00bb , la seule respiration et la seule chanson lumineuse de l&rsquo;album \u2013 et c&rsquo;est peut-\u00eatre pour cela que je l&rsquo;aime tant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-e4213c685b97485afd882276ad72b121 wp-block-paragraph\">Musicalement, ce morceau est une merveille absolue. La tension reste pr\u00e9sente, soulign\u00e9e ou attis\u00e9e par l&rsquo;intro au piano et \u00e0 l&rsquo;harmonica, par les fins balais de la batterie, par quelques embard\u00e9es rythmiques (les guitares distordues \u00e0 2&rsquo;27)\u2026 Mais le piano et quelques inventions sonores nous permettent de reprendre notre respiration (par exemple la minuscule phrase de piano qui s&rsquo;envole \u00e0 1&rsquo;52, comme une bulle d&rsquo;air qui s&rsquo;\u00e9chappe du fond de l&rsquo;eau), et les \u00e9lans de cordes \u00e0 2&rsquo;45 nous propulsent dans les nuages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-9f74b69527e11c7bed434a93f4f98c5c wp-block-paragraph\">Si \u00ab\u00a0Je me dore\u00a0\u00bb est plus lumineux, c&rsquo;est aussi parce que le texte, sublime, est tourn\u00e9 vers le ciel plut\u00f4t que vers les entrailles de la terre, vers le pr\u00e9sent plut\u00f4t que vers le pass\u00e9 ou le futur, vers l&rsquo;amour plut\u00f4t que vers la souffrance. \u00ab\u00a0<em>Un missile a \u00e9lu domicile \/ \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel de l&rsquo;oiseau-lyre<\/em>\u00a0\u00bb , c&rsquo;est \u00e0 la fois merveilleusement beau et chaudement \u00e9rotique (cet oiseau est ainsi appel\u00e9 pour la forme que prend sa queue lorsqu&rsquo;il la d\u00e9ploie pendant la parade nuptiale\u2026 et pour le missile, pas besoin de faire un dessin).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-6f0d18778fabb5a3c03f5cc07b4ec582 wp-block-paragraph\">Et enfin il y a dans \u00ab\u00a0Je me dore\u00a0\u00bb ces mots, que je me r\u00e9p\u00e8te souvent comme un mantra, en modifiant un peu les paroles: \u00ab\u00a0<em>D\u00e9sormais je me dore \u00e0 la chaleur humaine<\/em>\u00a0\u00bb , j&rsquo;en demande et j&rsquo;en profite, et j&rsquo;essaye d&rsquo;en donner \u00e0 qui en a besoin. Cette petite formule est aujourd&rsquo;hui devenue pour moi une devise, ou mieux encore un engagement: elle fait partie de celles qui ont chang\u00e9 ma vie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-9ac00cf961d1ea846fe5a532228b76c6 wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-0d98b653dd0af44c66e425144d71b40d wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0D\u00e9sormais je me dore<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-90e8039ece3133b4476c21d12962b649 wp-block-paragraph\">\u00e0 tes rires<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-a993afa71f522c093daf869425bb54ad wp-block-paragraph\">Je me dore \u00e0 tes nerfs,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-f532a8d7084b961fd75d80e7c75026f1 wp-block-paragraph\">\u00e0 la poussi\u00e8re des m\u00e9t\u00e9ores,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-6a11aa604e10e4b31e626cd8be050ea3 wp-block-paragraph\">\u00e0 la chaleur humaine<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-347626ec95505b81acf9d7ab2183c720 wp-block-paragraph\">D\u00e9sormais je me dore<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-6c0b8f287e77f1e149c46f14a2faa788 wp-block-paragraph\">\u00e0 la crypte des monast\u00e8res<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-45d0bc3da18cad57089f8b73a19e8c33 wp-block-paragraph\">Je me dore \u00e0 l&rsquo;ordinaire,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-38c8eda8af759309c5db9d976964bbbe wp-block-paragraph\">\u00e0 tombeau ouvert,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-e285b9cca7ee40038e124350d56c407a wp-block-paragraph\">\u00e0 la chaleur humaine\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Je me dore\" width=\"1230\" height=\"923\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/z8ve0PVrmNE?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID2647\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"2647\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-2647\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici une chanson qui apporte une solution \u00e9blouissante \u00e0 une \u00e9quation a priori impossible: comment est-il possible de faire encore mieux que ce qui est pourtant d\u00e9j\u00e0 parfait ? Sorti&hellip;<a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2021\/10\/13\/alain-bashung-je-me-dore\/\" class=\"more-link\"><span class=\"more-button\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">Alain Bashung &#8211; \u00ab\u00a0Je me dore\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/a><\/p>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID2647\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"2647\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-2647\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5715,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[81],"tags":[199,17,782],"class_list":["post-2647","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-musique","tag-bashung","tag-chanson-francaise","tag-mes-chroniques-preferees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2647","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2647"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2647\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15903,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2647\/revisions\/15903"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5715"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2647"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2647"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2647"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}