{"id":2715,"date":"2021-10-05T23:21:08","date_gmt":"2021-10-05T21:21:08","guid":{"rendered":"https:\/\/gregoryderville.com\/?p=2715"},"modified":"2025-04-20T12:28:50","modified_gmt":"2025-04-20T10:28:50","slug":"henri-salvador-jardin-dhiver","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2021\/10\/05\/henri-salvador-jardin-dhiver\/","title":{"rendered":"Henri Salvador &#8211; \u00ab\u00a0Jardin d&rsquo;hiver\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es 80-90, <a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/henri-salvador\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/henri-salvador\/\">Henri Salvador<\/a> a connu une longue travers\u00e9e du d\u00e9sert. On ne parlait quasiment plus de lui que pour \u00e9voquer ses parties de p\u00e9tanque sur la c\u00f4te d&rsquo;Azur et ses participations aux soir\u00e9es en blanc d&rsquo;Eddie Barclay. En tant que musicien, il \u00e9tait presque unanimement consid\u00e9r\u00e9 comme un affreux ringard tout juste bon \u00e0 produire des chansons (pas tr\u00e8s) marrantes, telles que \u00ab\u00a0Zorro est arriv\u00e9\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Le travail c&rsquo;est la sant\u00e9\u00a0\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p>Ce regard d\u00e9daigneux me para\u00eet fort injuste, car il omet plusieurs bijoux de sa discographie: le touchant \u00ab\u00a0Clopin clopant\u00a0\u00bb (qui passait partout le soir de sa mort), le d\u00e9licieux \u00ab\u00a0Maladie d&rsquo;amour\u00a0\u00bb , l&rsquo;envo\u00fbtant \u00ab\u00a0Syracuse\u00a0\u00bb , et bien s\u00fbr le merveilleux \u00ab\u00a0Le loup, la biche et le chevalier\u00a0\u00bb, qui est l&rsquo;une de mes chansons f\u00e9tiches. J&rsquo;ai partag\u00e9 les deux derniers titres dans cette playlist d&rsquo;un an, cela veut peut-\u00eatre dire que moi aussi je suis un ringard ? Alors c&rsquo;est aussi le cas d&rsquo;Antonio Carlos Jobim, puisque la l\u00e9gende raconte que c&rsquo;est en \u00e9coutant chanter ce dr\u00f4le de Fran\u00e7ais qu&rsquo;il eut l&rsquo;id\u00e9e de ralentir la samba afin de lui donner sa couleur nostalgique, tellement gracieuse et sexy sur \u00ab\u00a0The girl from Ipanema\u00a0\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9cid\u00e9ment, je supporte de moins en moins le snobisme. Salvador a dans sa discographie des chansons tout \u00e0 fait oubliables, c&rsquo;est un fait, mais il a aussi \u00e9crit (et chant\u00e9!) des chefs d&rsquo;oeuvre.<\/p>\n\n\n\n<p>S&rsquo;il avait une si mauvaise image dans les ann\u00e9es 80-90, c&rsquo;est peut-\u00eatre aussi parce qu&rsquo;il \u00e9tait connu pour avoir un caract\u00e8re d\u00e9sagr\u00e9able, pour s&rsquo;\u00eatre comport\u00e9 de fa\u00e7on l\u00e2che et odieuse avec son fils naturel Jean-Marie P\u00e9rier\u2026 Apr\u00e8s la sortie du titre que je partage ce soir, il s&rsquo;est trouv\u00e9 une nouvelle t\u00eate de turc en la personne de Benjamin Biolay, qui en avait co-\u00e9crit la musique et les paroles avec Keren Ann, mais dont il a faussement minimis\u00e9 le travail. Biolay l&rsquo;a s\u00e9v\u00e8rement remis en place en disant tout haut ce que, semble-t-il, tout le monde ou presque pensait au sein du show-biz franco-fran\u00e7ais: \u00ab\u00a0<em>Personne ne pouvait blairer Henri Salvador<\/em>\u00a0\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p>Dont acte, on dirait qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas un type pas tr\u00e8s fr\u00e9quentable, sous ses dehors de bon vivant rigolard. Mais bon, \u00ab\u00a0l&rsquo;artiste et l&rsquo;homme\u00a0\u00bb, toussa\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>En 2000, une tripot\u00e9e d&rsquo;auteurs et de compositeurs tirent Salvador de sa retraite (\u00e0 83 ans) en \u00e9crivant pour lui un nouvel album, \u00ab\u00a0Chambre avec vue\u00a0\u00bb, qui sera un triomphe et un come-back comme en raffole le m\u00eame show-biz: disque de diamant (plus d&rsquo;un million d&rsquo;exemplaires vendus), plusieurs Victoires de la musique dans la cat\u00e9gorie \u00ab\u00a0Album de vari\u00e9t\u00e9s de l&rsquo;ann\u00e9e\u00a0\u00bb , \u00ab\u00a0Artiste masculin de l&rsquo;ann\u00e9e\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Spectacle musical, tourn\u00e9e ou concert de l&rsquo;ann\u00e9e\u00a0\u00bb \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>En l&rsquo;occurrence, ce succ\u00e8s public \u00e9tait tr\u00e8s m\u00e9rit\u00e9, car ce disque est tr\u00e8s beau de bout en bout. Tout au long de ces quatorze courtes chansons (qui sont toutes des \u00ab\u00a0chansons douces\u00a0\u00bb) , nous sommes envelopp\u00e9s et berc\u00e9s par une atmosph\u00e8re de farniente m\u00e9lancolique, et bien s\u00fbr par cette voix suave et chaleureuse de papy crooner des \u00eeles.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Jardin d&rsquo;hiver\u00a0\u00bb est le sommet et la quintessence de l&rsquo;album.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici Henri Salvador ne chante pas: il murmure, il cajole, ou mieux encore il roucoule. Il n&rsquo;a chant\u00e9 cette chanson qu&rsquo;une seule fois en studio: une prise magistrale, un moment suspendu ainsi d\u00e9crit par un Benjamin Biolay saisi de sentir qu&rsquo;il \u00e9tait en train de co-\u00e9crire une page de l&rsquo;histoire de la chanson fran\u00e7aise: \u00ab\u00a0<em>Je grattouillais ma guitare \u00e0 deux m\u00e8tres de lui et j&rsquo;avais envie de mourir<\/em>.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00e9lodie et les orchestrations sont incroyablement douces, \u00e9l\u00e9gantes et gracieuses, avec un rythme de bossa nova ensoleill\u00e9 et langoureux, des accords de guitare a\u00e9riens, des balais qui caressent la caisse claire comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de pr\u00e9liminaires en musique\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Le texte, superbe et simple, \u00e9voque la douceur de vivre, \u00ab\u00a0<em>des dentelles et des th\u00e9i\u00e8res<\/em>\u00a0\u00bb , \u00ab\u00a0<em>de la lumi\u00e8re \/ comme en Nouvelle-Angleterre<\/em>\u00a0\u00bb , des \u00ab\u00a0<em>golfes clairs<\/em>\u00a0\u00bb , \u00ab\u00a0<em>du Fred Astaire<\/em>\u00a0\u00bb \u2026 Il est d&rsquo;une sensualit\u00e9 torride (\u00ab\u00a0<em>Mes mains qui courent \/ Je n&rsquo;en peux plus de t&rsquo;attendre<\/em>\u00a0\u00bb ) , mais aussi tr\u00e8s m\u00e9lancolique, car il est adress\u00e9 \u00e0 la deuxi\u00e8me femme d&rsquo;<a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/henri-salvador\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/henri-salvador\/\">Henri Salvador<\/a>, Jacqueline, emport\u00e9e par un cancer quinze ans plus t\u00f4t. \u00ab\u00a0<em>Les ann\u00e9es passent \/ Qu&rsquo;il est loin l&rsquo;\u00e2ge tendre \/ Nul ne peut nous entendre<\/em>\u00a0\u00bb , c&rsquo;est par ces mots que finit la chanson, moins l\u00e9g\u00e8re donc qu&rsquo;il n&rsquo;y para\u00eet: peut-\u00eatre Henri Salvador exprime-t-il ici un ardent espoir de retrouver la femme de sa vie dans un autre monde ?<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;alchimie entre tout cela me donne envie de me t\u00e9l\u00e9porter sur une terrasse donnant sur une plage au soleil couchant, l\u00e9g\u00e8rement v\u00eatu d&rsquo;une chemise ouverte, d&rsquo;un pantalon de lin, d&rsquo;un panama et de mocassins, allong\u00e9 sur un fauteuil \u00e0 bascule en jonc, enivr\u00e9 par une musique sensuelle diffus\u00e9e par un vieux tourne-disques, pour simplement profiter du plaisir de regarder et d&rsquo;\u00e9couter la mer, aux c\u00f4t\u00e9s de la femme que j&rsquo;aime. What else ?<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Ta robe \u00e0 fleur<\/p>\n\n\n\n<p>sous la pluie de novembre<\/p>\n\n\n\n<p>Mes mains qui courent,<\/p>\n\n\n\n<p>je n&rsquo;en peux plus de t&rsquo;attendre<\/p>\n\n\n\n<p>Les ann\u00e9es passent,<\/p>\n\n\n\n<p>qu&rsquo;il est loin l&rsquo;\u00e2ge tendre<\/p>\n\n\n\n<p>Nul ne peut<\/p>\n\n\n\n<p>nous entendre\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Henri Salvador - Jardin d&#039;hiver (Clip Officiel)\" width=\"1230\" height=\"692\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/lNZIzor29LI?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID2715\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"2715\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-2715\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans les ann\u00e9es 80-90, Henri Salvador a connu une longue travers\u00e9e du d\u00e9sert. On ne parlait quasiment plus de lui que pour \u00e9voquer ses parties de p\u00e9tanque sur la c\u00f4te&hellip;<a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2021\/10\/05\/henri-salvador-jardin-dhiver\/\" class=\"more-link\"><span class=\"more-button\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">Henri Salvador &#8211; \u00ab\u00a0Jardin d&rsquo;hiver\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/a><\/p>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID2715\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"2715\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-2715\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2718,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[81],"tags":[127,17,366],"class_list":["post-2715","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-musique","tag-amour","tag-chanson-francaise","tag-henri-salvador"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2715","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2715"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2715\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8717,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2715\/revisions\/8717"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2718"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2715"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2715"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2715"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}