{"id":2745,"date":"2021-09-28T09:01:39","date_gmt":"2021-09-28T07:01:39","guid":{"rendered":"https:\/\/gregoryderville.com\/?p=2745"},"modified":"2025-04-20T10:44:47","modified_gmt":"2025-04-20T08:44:47","slug":"franz-schubert-quatuor-a-cordes-n-14-la-jeune-fille-et-la-mort-andante-melos-quartet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2021\/09\/28\/franz-schubert-quatuor-a-cordes-n-14-la-jeune-fille-et-la-mort-andante-melos-quartet\/","title":{"rendered":"Franz Schubert &#8211; \u00ab\u00a0Quatuor \u00e0 cordes n\u00b0 14 \u00abLa jeune fille et la mort\u00bb \u2013 andante\u00a0\u00bb (Melos quartet)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s l&rsquo;adagietto du quintet \u00e0 deux violoncelles, c&rsquo;est le deuxi\u00e8me \u0153uvre de la musique de chambre de Schubert que je partage ce soir, dans la version du Melos quartet que j&rsquo;ai tant \u00e9cout\u00e9e que mon oreille y est totalement habitu\u00e9e et attach\u00e9e. Ce quatuor est magnifique dans son int\u00e9gralit\u00e9, mais le deuxi\u00e8me mouvement (Andante con moto) atteint un sommet d&rsquo;\u00e9motion exceptionnel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La mort, <a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/schubert\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/schubert\/\">Franz Schubert<\/a> la connaissait de pr\u00e8s, car il l&rsquo;a tutoy\u00e9e longtemps, tr\u00e8s jeune. En 1822, il apprend qu&rsquo;il est atteint de la syphilis et que les m\u00e9decins ne lui donnent plus gu\u00e8re de temps \u00e0 vivre. Il comprend alors brusquement qu&rsquo;il n&rsquo;a plus d&rsquo;avenir, et d\u00e8s lors le moindre projet d&rsquo;amiti\u00e9 ou d&rsquo;amour provoque en lui une v\u00e9ritable \u00ab\u00a0<em>torture<\/em>\u00a0\u00bb . Il n&rsquo;a pourtant que 25 ans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hospitalis\u00e9 en 1824, il d\u00e9cide de jeter toutes ses forces dans le travail et il va composer une foule d&rsquo;oeuvres magnifiques, motiv\u00e9 par un sentiment d&rsquo;urgence \u00e0 dire le plus possible de ce qu&rsquo;il avait \u00e0 dire (de fait il mourra seulement quatre ans plus tard). Au cours de cette courte p\u00e9riode vont na\u00eetre de nombreux lieder merveilleux, des \u0153uvres qu&rsquo;il ne pourra pas terminer (notamment sa seule symphonie)\u2026 Dans tous les cas, l&rsquo;imminence de la fin donne \u00e0 ses derni\u00e8res compositions une gravit\u00e9, une puissance et une sensibilit\u00e9 bouleversantes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le quatuor \u00ab\u00a0La jeune fille et la mort\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 pendant cette p\u00e9riode, et il porte la marque de l&rsquo;attente anxieuse de la mort par Schubert lui-m\u00eame: il s&rsquo;y pr\u00e9pare, il essaye d&rsquo;en apprivoiser l&rsquo;id\u00e9e, et il alterne entre des moments de profond d\u00e9sespoir et des moments de gr\u00e2ce et de joie inattendues \u2013 voir, dans le cycle de lieder \u00ab\u00a0Schwanengesang\u00a0\u00bb , le contraste inou\u00ef entre le d\u00e9sespoir presque insoutenable dans \u00ab\u00a0Der Doppelg\u00e4nger\u00a0\u00bb (le double, le jumeau, le sosie\u2026), et la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 printani\u00e8re dans \u00ab\u00a0Die Taubenpost\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0Le pigeon voyageur\u00a0\u00bb ).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce quatuor est une m\u00e9ditation splendide sur la mort qui nous attend, sur l&rsquo;ombre qu&rsquo;elle fait planer au dessus de nos t\u00eates pendant notre vie, mais aussi, \u00e0 mon avis, sur le r\u00f4le plus positif qu&rsquo;elle peut y jouer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il \u00e9voque d&rsquo;abord la mort comme horizon qui nous attend toutes et tous, auquel nous pr\u00e9f\u00e9rons ne pas penser (comme disait Montaigne, \u00ab\u00a0<em>Ils vont, ils viennent, ils trottent, de la mort nulles nouvelles<\/em>\u00a0\u00bb ) , mais auquel il faudra bien se faire (Montaigne encore: \u00ab\u00a0<em>Si vous ne savez pas mourir, ne vous chaille: Nature vous donnera sur-le-champ les informations sur le sujet pleines et suffisantes<\/em>\u00a0\u00bb ).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ensuite, dans les parties plus anim\u00e9es de cet andante, Schubert d\u00e9peint la mort comme une menace que l&rsquo;on s&rsquo;efforce de conjurer tant qu&rsquo;on a en soi le go\u00fbt de vivre, tant que la flamme n&rsquo;est pas totalement \u00e9teinte. \u00ab\u00a0<em>Le dur d\u00e9sir de durer<\/em>\u00a0\u00bb dont parle superbement \u00c9luard\u2026 Bachelard disait aussi que \u00ab\u00a0<em>la vie est l&rsquo;ensemble des fonctions qui r\u00e9siste \u00e0 la mort<\/em>\u00a0\u00bb . La mort nous cerne, il para\u00eet m\u00eame que notre fin est programm\u00e9e dans la moindre de nos cellules et que tout ce que nous pouvons faire c&rsquo;est la tenir \u00e0 distance pendant un certain temps. Pour y parvenir, il vaut mieux tenir vraiment \u00e0 la vie, y prendre plaisir, avoir vraiment envie de continuer son aventure: alors la mort para\u00eet une perspective inacceptable contre laquelle le corps se rebelle, pour ne pas dire un scandale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Musicalement, cet \u00e9tat d&rsquo;esprit appara\u00eet \u00e0 2&rsquo;08. Au d\u00e9but du deuxi\u00e8me mouvement, on a eu l&rsquo;impression que la mort r\u00f4dait lentement autour d&rsquo;un corps \u00e9puis\u00e9, qui n&rsquo;a plus de forces ni m\u00eame d&rsquo;envie pour tenter de rester en vie, et qui attend la fin, r\u00e9sign\u00e9. Mais soudain le rythme s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re nettement et la m\u00e9lodie s&rsquo;envole, comme si dans un sursaut la vie revenait et exprimait son d\u00e9sir de continuer. A 2&rsquo;48, le mouvement s&rsquo;anime encore davantage, de fa\u00e7on encore plus brusque, et \u00e0 d&rsquo;autres moments (\u00e0 6&rsquo;16, \u00e0 10&rsquo;51), il devient carr\u00e9ment furieux et sauvage, comme si le corps se d\u00e9battait, mena\u00e7ait farouchement la mort pour l&#8217;emp\u00eacher d&rsquo;approcher.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 la fin de cet andante, les lignes m\u00e9lodiques d&rsquo;une d\u00e9licatesse infinie, le passage du mode mineur au mode majeur, \u00e9voquent une troisi\u00e8me cat\u00e9gorie de pens\u00e9es et d&rsquo;\u00e9motions que l&rsquo;on peut \u00e9prouver par rapport \u00e0 la mort: l&rsquo;acceptation sereine. Quand c&rsquo;est l&rsquo;heure, c&rsquo;est l&rsquo;heure, et ce n&rsquo;est plus la peine de se d\u00e9battre, mieux vaut renoncer et accepter (ce qui va souvent ensemble).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais pour \u00e7a, pour ne pas mourir avec un go\u00fbt d&rsquo;amertume dans la bouche, avec l&rsquo;impression d\u00e9sesp\u00e9rante d&rsquo;avoir \u00ab\u00a0g\u00e2ch\u00e9 sa vie\u00a0\u00bb ou d&rsquo;\u00eatre \u00ab\u00a0pass\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de sa vie\u00a0\u00bb (il para\u00eet que c&rsquo;est ce que disent le plus souvent les gens sur leur lit de mort, et comme \u00e7a doit \u00eatre horrible de partir avec cette id\u00e9e l\u00e0 en t\u00eate!), encore faut-il avoir eu une vie heureuse, avoir men\u00e9 des activit\u00e9s et des projets enthousiasmants, avoir eu des relations nourrissantes et chaleureuses, avoir aim\u00e9 avec passion, avoir l&rsquo;impression d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 utile, d&rsquo;avoir laiss\u00e9 une trace positive, d&rsquo;avoir chang\u00e9 quelque chose en bien dans ce monde, d&rsquo;avoir fait du bien autour de soi\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En visitant la maison o\u00f9 L\u00e9onard de Vinci a fini sa vie (le Clos Luc\u00e9 \u00e0 Amboise), j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par cette formule retranscrite dans un cadre: \u00ab\u00a0<em>Comme une journ\u00e9e bien remplie nous donne un bon sommeil, une vie bien v\u00e9cue nous m\u00e8ne \u00e0 une mort paisible<\/em>\u00a0\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La derni\u00e8re chose \u00e0 laquelle cet andante me fait penser, c&rsquo;est que la m\u00e9ditation de la mort n&rsquo;est pas mortif\u00e8re (en tous cas pas forc\u00e9ment): elle est aussi ce qui permet de donner du prix \u00e0 la vie fugace et \u00e9vanescente qui nous a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e. En \u00e9crivant cela, les phrases se bousculent dans ma t\u00eate. \u00ab\u00a0<em>Une pas assez constante pens\u00e9e de la mort n&rsquo;a pas donn\u00e9 assez de prix au plus petit instant de ta vie\u00a0\u00bb<\/em> (Andr\u00e9 Gide); \u00ab\u00a0<em>Le fait de savoir que nous ne sommes ici que bri\u00e8vement et qu&rsquo;une limite non n\u00e9gociable est impos\u00e9e \u00e0 notre esp\u00e9rance de vie peut m\u00eame \u00eatre n\u00e9cessaire comme un encouragement \u00e0 compter nos jours et \u00e0 les faire compter<\/em>\u00a0\u00bb (Hans Jonas); \u00ab\u00a0<em>Parfois je regarde des gens et je me dis: \u00abLui, il a oubli\u00e9 qu&rsquo;il allait mourir\u00bb<\/em> \u00a0\u00bb (Dominique A).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au final, cette \u0153uvre de Schubert est bouleversante parce que c&rsquo;est une m\u00e9ditation sur la mort qui est aussi une m\u00e9ditation sur la vie, et qui nous invite \u00e0 rendre celle-ci plus intense et d\u00e9sirable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour la petite histoire, Schubert a fini ce quatuor tr\u00e8s peu de temps avant de mourir, et il n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 jou\u00e9 qu&rsquo;une seule fois de son vivant, dans l&rsquo;intimit\u00e9, suscitant une certaine indiff\u00e9rence. Il a fallu encore trois ans pour que la partition soit publi\u00e9e. Aujourd&rsquo;hui elle est reconnue comme une \u0153uvre majeure, et comme le dira son contemporain Schumann, avec ce quatuor Schubert \u00ab\u00a0<em>a r\u00e9ussi quelque chose comme personne avant lui<\/em>\u00a0\u00bb . Mais il aurait pu se faire que personne n&rsquo;ait gard\u00e9 la partition et que \u00ab\u00a0La jeune fille et la mort\u00a0\u00bb ait \u00e9t\u00e9 perdue. Il y a quantit\u00e9 de chefs d&rsquo;oeuvre qui ne sont pas parvenus jusqu&rsquo;\u00e0 nous (par exemple les nombreux livres d&rsquo;\u00c9picure dont il ne reste que des fragments\u2026)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Du n\u00e9ant est n\u00e9 un g\u00e9nie musical, qui a invent\u00e9 et orchestr\u00e9 des m\u00e9lodies de fa\u00e7on divine, et puis il est retourn\u00e9 au n\u00e9ant, et un jour ses \u0153uvres y retourneront aussi, quand il n&rsquo;y aura plus personne pour les \u00e9couter, s&rsquo;en r\u00e9jouir et les transmettre. Rien que de penser \u00e0 cela, je ressens un fort sentiment de perte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La vie est belle, sans doute, mais il me semble qu&rsquo;il faut bien peu d&rsquo;imagination et de sensibilit\u00e9 pour ne pas percevoir son c\u00f4t\u00e9 tragique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Quatuor \u00c0 Cordes No. 14 en R\u00e9 Mineur, D. 810 &quot;La Jeune Fille Et la Mort&quot;: II. Andante con moto\" width=\"1230\" height=\"923\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/YYdHILerRbE?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID2745\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"2745\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-2745\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s l&rsquo;adagietto du quintet \u00e0 deux violoncelles, c&rsquo;est le deuxi\u00e8me \u0153uvre de la musique de chambre de Schubert que je partage ce soir, dans la version du Melos quartet que&hellip;<a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2021\/09\/28\/franz-schubert-quatuor-a-cordes-n-14-la-jeune-fille-et-la-mort-andante-melos-quartet\/\" class=\"more-link\"><span class=\"more-button\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">Franz Schubert &#8211; \u00ab\u00a0Quatuor \u00e0 cordes n\u00b0 14 \u00abLa jeune fille et la mort\u00bb \u2013 andante\u00a0\u00bb (Melos quartet)<\/span><\/span><\/a><\/p>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID2745\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"2745\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-2745\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2747,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[81,80],"tags":[727,190,205],"class_list":["post-2745","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-musique","category-philosophie","tag-mort","tag-musique-classique","tag-schubert"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2745","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2745"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2745\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8658,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2745\/revisions\/8658"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2747"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2745"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2745"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2745"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}