{"id":2845,"date":"2021-09-07T10:39:12","date_gmt":"2021-09-07T08:39:12","guid":{"rendered":"https:\/\/gregoryderville.com\/?p=2845"},"modified":"2025-04-20T19:50:50","modified_gmt":"2025-04-20T17:50:50","slug":"miles-davis-flamenco-sketches","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2021\/09\/07\/miles-davis-flamenco-sketches\/","title":{"rendered":"Miles Davis &#8211; \u00ab\u00a0Flamenco sketches\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Dans l&rsquo;histoire du jazz, <a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/miles-davis\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/miles-davis\/\">Miles Davis<\/a> occupe une place sp\u00e9ciale, de par son immense reconnaissance \u00e0 la fois critique et populaire, mais aussi de par sa long\u00e9vit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cimeti\u00e8re des rock-stars, il y a du monde admis au fameux \u00ab\u00a0club des 27\u00a0\u00bb (Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison, Kurt Cobain\u2026), et beaucoup de rockers n&rsquo;ont pas tenu beaucoup plus longtemps: Ian Curtis est mort \u00e0 33 ans, Tim Buckley \u00e0 32 ans, son fils Jeff \u00e0 29 ans\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est moins connu parce que le jazz est souvent consid\u00e9r\u00e9 comme une musique \u00e9litiste et plus ou moins r\u00e9serv\u00e9e aux intellos, mais \u00e9norm\u00e9ment de jazzmen ont eux aussi v\u00e9cu de fa\u00e7on incandescente, tels des papillons de nuit attir\u00e9s par la flamme de la bougie et qui finissent par se br\u00fbler les ailes. Charlie Parker est mort \u00e0 seulement 34 ans, John Coltrane \u00e0 41 ans, Billie Holliday \u00e0 44 ans, Lester Young \u00e0 49 ans, Bill Evans \u00e0 51 ans\u2026 Tous ces g\u00e9ants du jazz avaient une hygi\u00e8ne de vie d\u00e9sastreuse (manque de sommeil, addiction aux drogues et \u00e0 l&rsquo;alcool), et quasiment tous \u00e9taient habit\u00e9s par une qu\u00eate d&rsquo;absolu musical totalement d\u00e9vorante. La fa\u00e7on dont ils ont v\u00e9cu leur passion a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9judiciable \u00e0 leur propre sant\u00e9 et \u00e0 leur bien-\u00eatre (et bien souvent aussi \u00e0 leurs proches\u2026)<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce panorama, Miles Davis fait (un peu) exception.<\/p>\n\n\n\n<p>Lui aussi a connu les drogues, lui aussi a br\u00fbl\u00e9 intens\u00e9ment, mais il a v\u00e9cu 65 ans, et apr\u00e8s \u00ab\u00a0Kind of blue\u00a0\u00bb il a encore brill\u00e9 pendant 27 ans et sorti 22 albums en studio.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa long\u00e9vit\u00e9 a permis \u00e0 Miles Davis de conna\u00eetre et d&#8217;embrasser plusieurs courants de l&rsquo;histoire du jazz: le be-bop \u00e0 ses d\u00e9buts, puis le cool jazz, le hard-bop, le jazz modal qu&rsquo;il a lui-m\u00eame lanc\u00e9, et pour finir le jazz moderne, le fun jazz et le \u00ab\u00a0jazz fusion\u00a0\u00bb , dans lesquels les instruments traditionnels de son quintet se m\u00e9langent aux musiques \u00e9lectriques et aux synth\u00e9s (ce qui l&rsquo;a rendu c\u00e9l\u00e8bre, mais que je n&rsquo;aime pas beaucoup). Miles Davis est de ceux dont on dit qu&rsquo;ils ont \u00ab\u00a0tout connu\u00a0\u00bb . Il y en a d&rsquo;autres dans l&rsquo;histoire du jazz (par exemple Sonny Rollins, encore vivant et dernier des Mohicans), mais lui a exp\u00e9riment\u00e9 tous azimuts, et il a \u00e9t\u00e9 bien plus cr\u00e9ateur et novateur.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/miles-davis\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/miles-davis\/\">Miles Davis<\/a> est aussi important dans l&rsquo;histoire du jazz parce que dans les diff\u00e9rents quintets dont il a \u00e9t\u00e9 le leader, il a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 et donn\u00e9 leur chance en tant que sidemen \u00e0 des talents tr\u00e8s vari\u00e9s dont il a contribu\u00e9 \u00e0 lancer la carri\u00e8re (Sonny Rollins justement, Cannonball Adderley, Bill Evans, Herbie Hancock, Wayne Shorter, Chick Corea, Keith Jarrett\u2026). D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, il a \u00e9t\u00e9 une sorte de \u00ab\u00a0parrain\u00a0\u00bb du jazz, entre les ann\u00e9es 40 et les ann\u00e9es 80.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa discographie foisonnante, je retiens surtout les albums des ann\u00e9es 50, qui sont pour moi l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or du jazz que j&rsquo;aime. Dans ces fastes ann\u00e9es-l\u00e0, il a publi\u00e9 une palanqu\u00e9e de chefs d&rsquo;oeuvre dont les titres se r\u00e9sument assez souvent \u00e0 des verbes au g\u00e9rondif, comme une invitation \u00e0 se mettre en mouvement, \u00e0 agir, \u00e0 cr\u00e9er, \u00e0 jouir de la vie (\u00ab\u00a0Walkin'\u00a0\u00bb , \u00ab\u00a0Cookin'\u00a0\u00bb , \u00ab\u00a0Relaxin'\u00a0\u00bb , \u00ab\u00a0Steamin'\u00a0\u00bb , \u00ab\u00a0Workin'\u00a0\u00bb ). 26 albums en dix ans (!), et tous sont g\u00e9niaux: qui peut rivaliser ? Personne \u00e0 mon avis.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette d\u00e9cennie fantastique se conclut en apoth\u00e9ose en 1959 avec \u00ab\u00a0Kind of blue\u00a0\u00bb , un disque mythique, qui est peut-\u00eatre le plus grand disque de l&rsquo;histoire du jazz et l&rsquo;une des plus grandes cr\u00e9ations musicales du XX\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette session d&rsquo;enregistrement en 1959, Miles Davis a r\u00e9uni autour de lui une collection fantastique de talents (John Coltrane, Bill Evans, Cannonball Adderley, Paul Chambers\u2026), et il a cr\u00e9\u00e9 une atmosph\u00e8re de travail fond\u00e9e sur une grande libert\u00e9 et une totale confiance. Dans une interview, Miles Davis a expliqu\u00e9 qu&rsquo;il a souhait\u00e9 ne pas donner d&rsquo;indications \u00e0 ses musiciens sur les accords \u00e0 jouer: \u00ab\u00a0<em>Quand on se base sur les accords, on sait \u00e0 la fin des 32 mesures que les accords sont termin\u00e9s et il n&rsquo;y a rien d&rsquo;autre \u00e0 faire que de r\u00e9p\u00e9ter ce que l&rsquo;on vient de faire \u2013 avec des variations<\/em>.\u00a0\u00bb Mais avec le jazz modal, poursuit-il, \u00ab\u00a0<em>il y aura moins d&rsquo;accords mais des possibilit\u00e9s infinies \u00e0 n&rsquo;en savoir que faire<\/em>\u00a0\u00bb . Montaigne a \u00e9crit dans les <em>Essais<\/em>: \u00ab\u00a0<em>Qui ne voit que j&rsquo;ai pris une route par laquelle, sans cesse et sans peine, j&rsquo;irai tant qu&rsquo;il y aura de l&rsquo;encre et du papier au monde ?<\/em>\u00a0\u00bb Miles Davis, lui aussi, ouvre la voie \u00e0 une odyss\u00e9e musicale qui n&rsquo;aura jamais de fin, en tous cas qui pourrait n&rsquo;avoir jamais de fin et se renouveler en permanence si les musiciens qui jouent \u00e9taient \u00e9ternels.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce cadre de travail a permis \u00e0 <a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/miles-davis\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/miles-davis\/\">Miles Davis<\/a> de tirer le meilleur de chacun des musiciens invit\u00e9s pour cette session. Il les a laiss\u00e9s improviser de fa\u00e7on d\u00e9brid\u00e9e, et en m\u00eame temps, myst\u00e9rieusement, il a r\u00e9ussi \u00e0 cr\u00e9er entre eux une alchimie absolument incroyable. Comme on dit qu&rsquo;une ruche est un individu \u00e0 part enti\u00e8re, et que chaque abeille n&rsquo;est qu&rsquo;une cellule de ce super-organisme et contribue sans le savoir \u00e0 la perfection de l&rsquo;ensemble, ici ce n&rsquo;est pas une collection de musiciens que l&rsquo;on \u00e9coute, mais un orchestre \u00e0 sept t\u00eates et \u00e0 sept coeurs qui sont parfaitement connect\u00e9s et ajust\u00e9s les uns aux autres. Chaque solo donne l&rsquo;impression de n&rsquo;\u00eatre l\u00e0 que pour lancer le suivant, et ainsi de suite. Tout s&rsquo;encha\u00eene de fa\u00e7on fluide, tout glisse sans la moindre asp\u00e9rit\u00e9. C&rsquo;est magique, absolument et d\u00e9finitivement magique.<\/p>\n\n\n\n<p>Au final nous avons dans les mains un disque parfait (mais <em>vraiment<\/em> parfait, <em>totalement<\/em> parfait, \u00e0 la moindre note pr\u00e8s), compos\u00e9 de cinq joyaux stratosph\u00e9riques et intemporels (dans les r\u00e9\u00e9ditions, de nombreuses versions alternatives ont \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9es).<\/p>\n\n\n\n<p>Jimmy Cobb, batteur durant cette session, a dit \u00e0 propos de \u00ab\u00a0Kind of blue\u00a0\u00bb qu&rsquo;il a \u00ab\u00a0<em>du \u00eatre compos\u00e9 au paradis<\/em>\u00a0\u00bb , c&rsquo;est dire l&rsquo;admiration transie que ce disque peut susciter. Peut-\u00eatre que quand Miles est arriv\u00e9 au paradis, Dieu est venu l&rsquo;accueillir et lui taper sur l&rsquo;\u00e9paule ou lui faire un check, tant c&rsquo;est un album qui force le respect et qui s&rsquo;impose comme un chef d&rsquo;oeuvre incontestable.<\/p>\n\n\n\n<p>Vous l&rsquo;avez devin\u00e9, c&rsquo;est clairement l&rsquo;un de mes albums pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, dans mon top 10 tous genres musicaux confondus (avec, pour le jazz, le \u00ab\u00a0K\u00f6ln concert\u00a0\u00bb de Keith Jarrett). \u00c9couter ces deux albums tranquillement, au casque, les yeux ferm\u00e9s, est dans les deux cas une fa\u00e7on d&rsquo;aller au paradis de la musique, mais c&rsquo;est aussi une sacr\u00e9e le\u00e7on d&rsquo;humanit\u00e9 et d&rsquo;humilit\u00e9: comment est-ce possible que des humains aient pu \u00eatre capables de cr\u00e9er une telle merveille ?<\/p>\n\n\n\n<p>De \u00ab\u00a0Kind of blue\u00a0\u00bb , j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 partag\u00e9 \u00ab\u00a0So what\u00a0\u00bb , une d\u00e9claration fracassante et presque d\u00e9daigneuse par rapport \u00e0 celles et ceux qui jouent de la musique dans les divisions inf\u00e9rieures. Miles Davis n&rsquo;\u00e9tait pas forc\u00e9ment le plus modeste des artistes, mais il faut dire qu&rsquo;il avait de quoi \u00eatre fier de lui.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Flamenco sketches\u00a0\u00bb est tout aussi merveilleux. Fortement inspir\u00e9 de \u00ab\u00a0Peace Piece\u00a0\u00bb , un morceau de Bill Evans que je v\u00e9n\u00e8re litt\u00e9ralement et qui repose sur deux accords r\u00e9p\u00e9t\u00e9s en boucle, \u00ab\u00a0Flamenco sketches\u00a0\u00bb explore un paysage sonore qui est la d\u00e9finition musicale de la paix et de la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;intro est lanc\u00e9e par la basse et le piano avec une d\u00e9licatesse infinie, qui donne le ton pour les 9 minutes et 26 secondes. La trompette de Miles arrive tr\u00e8s vite (\u00e0 0&rsquo;18): elle joue simplement, lentement, avec une classe qui n&rsquo;appartient qu&rsquo;aux grands et qui est ici bien plus \u00e9clatante que dans des tempos plus virtuoses.<\/p>\n\n\n\n<p>Le solo de Coltrane qui d\u00e9marre \u00e0 2&rsquo;02 est pour moi l&rsquo;un des points culminants de cette merveille, avec celui de Bill Evans. Le Trane semble s&rsquo;avancer, souverain, souple, impressionnant et s\u00fbr de lui comme un tigre, et il nous scotche litt\u00e9ralement par le son clair et massif de son sax t\u00e9nor et par la richesse, la subtilit\u00e9, l&rsquo;\u00e9loquence et la puissance d&rsquo;\u00e9vocation de la m\u00e9lodie qu&rsquo;il invente en direct. Quand arrive le tour de Bill Evans, on change de registre: ici c&rsquo;est la retenue qui domine, un jeu de piano qui est si d\u00e9licat qu&rsquo;il peut presque para\u00eetre timide, alors qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9 il touche au g\u00e9nie.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Flamenco sketches\u00a0\u00bb est aussi fascinant parce que c&rsquo;est l&rsquo;illustration la plus parfaite de la nouvelle fa\u00e7on de jouer que Miles Davis, inspir\u00e9 par le pianiste et \u00e9crivain George Russell, va appeler le \u00ab\u00a0jazz modal\u00a0\u00bb . Sans doute compos\u00e9 par Bill Evans, ce morceau rompt avec la fa\u00e7on traditionnelle d&rsquo;improviser dans le jazz, o\u00f9 la partition indique les douze premi\u00e8res mesures d&rsquo;un air et le chiffrage des accords (ce qu&rsquo;on appelle le \u00ab\u00a0head\u00a0\u00bb) , et laisse ensuite chaque musicien improviser tout \u00e0 tour en jouant des \u00ab\u00a0accords\u00a0\u00bb (c&rsquo;est-\u00e0-dire des notes jou\u00e9es ensemble ou successivement). Dans \u00ab\u00a0Kind of blue\u00a0\u00bb , et notamment sur \u00ab\u00a0Flamenco Sketches\u00a0\u00bb , le morceau repose sur cinq \u00ab\u00a0modes\u00a0\u00bb , chacun d&rsquo;entre eux faisant passer une \u00e9motion l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rente. Et tout en haut de la partition, on trouve simplement ces quelques mots manuscrits: \u00ab\u00a0<em>Improvisez sur ces modes<\/em>\u00a0\u00bb , avec les notes que vous voulez du moment qu&rsquo;elles se trouvent dans la gamme en question. Bill Evans raconte aussi que la seule consigne \u00e9tait la suivante: dans chaque solo, l&rsquo;improvisation \u00ab\u00a0<em>peut durer aussi longtemps que le soliste le souhaite<\/em>\u00a0\u00bb . Miles Davis confie un jeu de cl\u00e9s \u00e0 chacun, en lui faisant confiance pour en faire le meilleur usage.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans pas mal d&rsquo;albums de jazz des ann\u00e9es 70-80, l&rsquo;h\u00e9ritage de \u00ab\u00a0Kind of blue\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas reluisant, car bien s\u00fbr ce n&rsquo;est pas donn\u00e9 \u00e0 tout le monde d&rsquo;improviser de fa\u00e7on g\u00e9niale. Le jazz modal donne une libert\u00e9 presque totale aux musiciens, et du coup ceux qui n&rsquo;ont pas grand-chose \u00e0 transmettre (ou pas le talent n\u00e9cessaire pour rendre ce qu&rsquo;ils ont invent\u00e9 dans la t\u00eate) s&rsquo;octroient le droit de se vautrer dans des improvisations en roue libre, stridentes, d\u00e9sordonn\u00e9es et (pour mon go\u00fbt) franchement d\u00e9sagr\u00e9ables, voire insupportables. Si improviser c&rsquo;est jouer ce qui passe par la t\u00eate, le r\u00e9sultat ne peut \u00eatre pr\u00e9cieux que quand la t\u00eate est remplie de r\u00e9miniscences musicales nombreuses, riches et vari\u00e9es, sans quoi c&rsquo;est la porte ouverte au n&rsquo;importe quoi.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Un homme (ou une femme) \u00e9gale une voix\u00a0\u00bb , en politique je suis d&rsquo;accord, mais en musique je ne suis pas tr\u00e8s d\u00e9mocrate: il y a des g\u00e9nies, des g\u00e9ants, des artistes, et puis il y a des amateurs m\u00e9ritants mais un peu besogneux, des groupes sympas mais dont on oublie la moindre prestation en quelques secondes, et d&rsquo;autres qui sont parfaitement insignifiants.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Kind of blue\u00a0\u00bb est au sommet le plus vertigineux de cette hi\u00e9rarchie artistique: de la libert\u00e9 accord\u00e9e par <a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/miles-davis\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/miles-davis\/\">Miles Davis<\/a> \u00e0 ses musiciens est n\u00e9e une \u0153uvre qui est \u00e0 la fois un miracle de spontan\u00e9it\u00e9, d&rsquo;inventivit\u00e9 et de cr\u00e9ativit\u00e9, et d&rsquo;une coh\u00e9rence et une harmonie prodigieuses.<\/p>\n\n\n\n<p>En particulier sur \u00ab\u00a0Flamenco sketches\u00a0\u00bb , il n&rsquo;y a rien \u00e0 ajouter et rien \u00e0 enlever. \u00ab\u00a0<em>L\u00e0, tout n&rsquo;est qu&rsquo;ordre et beaut\u00e9, \/ luxe, calme et volupt\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Miles Davis - Flamenco Sketches (Official Audio)\" width=\"1230\" height=\"692\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/nTwp1sgUJrM?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID2845\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"2845\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-2845\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans l&rsquo;histoire du jazz, Miles Davis occupe une place sp\u00e9ciale, de par son immense reconnaissance \u00e0 la fois critique et populaire, mais aussi de par sa long\u00e9vit\u00e9. 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