{"id":2902,"date":"2021-08-25T12:04:25","date_gmt":"2021-08-25T10:04:25","guid":{"rendered":"https:\/\/gregoryderville.com\/?p=2902"},"modified":"2025-03-02T23:48:45","modified_gmt":"2025-03-02T22:48:45","slug":"ludwig-von-beethoven-sonate-au-clair-de-lune-n-14-adagio-sostenuto-wilhelm-kempff","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2021\/08\/25\/ludwig-von-beethoven-sonate-au-clair-de-lune-n-14-adagio-sostenuto-wilhelm-kempff\/","title":{"rendered":"Ludwig von Beethoven &#8211; \u00ab\u00a0Sonate Au clair de lune n\u00b0 14 \/ adagio sostenuto\u00a0\u00bb (Wilhelm Kempff)"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 mon avis, le classique et le jazz font partie des musiques pour lesquelles il est n\u00e9cessaire, si on veut vraiment les comprendre et en profiter, de b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;un minimum de culture musicale (connaissance des genres, des instruments, de la modalit\u00e9, des rythmes, des influences\u2026). La musique est un langage, avec ses codes, son vocabulaire et sa grammaire. Si ce langage est tr\u00e8s simple (ce qui est le cas pour la vari\u00e9t\u00e9, la pop, le funk et l&rsquo;essentiel du rock), on peut l&rsquo;apprendre seul, gr\u00e2ce au seul plaisir des sens. Mais le classique et le jazz sont beaucoup plus complexes et subtils, \u00e0 la fois dans l&rsquo;\u00e9criture musicale et dans la fa\u00e7on de jouer des instruments et d&rsquo;interpr\u00e9ter les partitions (ou d&rsquo;improviser dans le cas du jazz).<\/p>\n\n\n\n<p>Du coup il vaut mieux ici (en tous cas c&rsquo;est ce que je crois) \u00eatre \u00ab\u00a0initi\u00e9\u00a0\u00bb par quelqu&rsquo;un qui conna\u00eet bien et qui est capable de nous guider et de nous faire d\u00e9couvrir petit \u00e0 petit.<\/p>\n\n\n\n<p>Il se trouve que quand j&rsquo;\u00e9tais petit, mes parents n&rsquo;\u00e9coutaient jamais de jazz, et quasiment jamais de musique classique (en tous cas je ne m&rsquo;en souviens pas).<\/p>\n\n\n\n<p>Ma premi\u00e8re vraie exp\u00e9rience avec la musique classique, c&rsquo;est ce mouvement c\u00e9l\u00e9brissime de la sonate n\u00b014 de Beethoven, dite \u00ab\u00a0Sonate au clair de lune\u00a0\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;avais 18 ans, et j&rsquo;avais enfin une premi\u00e8re relation amoureuse avec une copine. Nous \u00e9tions ensemble depuis un mois et demi, et nous nous \u00e9tions retrouv\u00e9s en r\u00e9gion parisienne pendant une journ\u00e9e, au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9t\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait chez sa cousine, qui appartenait \u00e0 une famille bourgeoise d&rsquo;artistes et de profs. \u00c0 un moment, cette cousine s&rsquo;est mise au piano pour jouer ce mouvement, plusieurs fois. Je ne connaissais rien \u00e0 la musique classique et j&rsquo;\u00e9tais tout \u00e0 fait incapable de dire si elle avait jou\u00e9 \u00ab\u00a0bien\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb . Je me souviens juste que j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s impressionn\u00e9, comme si j&rsquo;avais eu soudain acc\u00e8s \u00e0 un univers jusque l\u00e0 inconnu.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis j&rsquo;ai d\u00e9couvert la musique classique, pour l&rsquo;essentiel gr\u00e2ce \u00e0 mon ami <strong>Elric<\/strong>, un sacr\u00e9 m\u00e9lomane. Je l&rsquo;\u00e9coute par vagues, pas du tout pendant assez longtemps, et puis \u00e0 haute dose pendant quelques jours.<\/p>\n\n\n\n<p>Je n&rsquo;ai quasiment jamais assist\u00e9 \u00e0 des concerts de musique classique, \u00e0 part une fois au festival de piano de La Roque d&rsquo;Anth\u00e9ron. Je me souviens aussi (mais ce n&rsquo;\u00e9tait pas un concert) d&rsquo;une masterclass \u00e9patante d&rsquo;Annie Qu\u00e9fellec au conservatoire de Beauvais, au cours de laquelle j&rsquo;avais entendu de jeunes \u00e9l\u00e8ves travailler des pi\u00e8ces de Debussy.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais de toutes fa\u00e7ons, en termes d&rsquo;\u00e9motion, jamais aucun concert ne vaudra sans doute cette premi\u00e8re rencontre avec la musique classique dans un salon coquet de Bourg-la-Reine.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette sonate, que la cousine de ma copine avait jou\u00e9e devant nous, est aujourd&rsquo;hui l&rsquo;une des rares \u0153uvres de Beethoven que j&rsquo;aime vraiment (avec le mouvement lent de la septi\u00e8me symphonie, les trios et les sonates pour piano et violoncelle). L&rsquo;ostinato \u00e0 trois notes jou\u00e9es en arp\u00e8ge \u00e0 la main droite, le tempo tr\u00e8s lent, le caract\u00e8re triste des harmonies, l&#8217;emploi du registre grave du clavier, le decrescendo final qui donne l&rsquo;impression que la m\u00e9lodie se meurt, en font un morceau tr\u00e8s poignant: cet adagio est souvent qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0<em>marche fun\u00e8bre<\/em>\u00a0\u00bb , et Hector Berlioz l&rsquo;a d\u00e9crit comme une \u00ab\u00a0<em>lamentation<\/em>\u00a0\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est aussi une musique profond\u00e9ment romantique, que Beethoven a compos\u00e9 suite \u00e0 une peine de coeur. Il s&rsquo;\u00e9tait pris de passion pour une de ses \u00e9l\u00e8ves, la comtesse Giulietta Guicciardi, alors \u00e2g\u00e9e de seize ans (il en avait lui-m\u00eame 31), et il \u00e9tait bien conscient que cette diff\u00e9rence d&rsquo;\u00e2ge rendait toute relation impossible \u2013 sans parler de la diff\u00e9rence de milieu social. Alors il composa cette sonate, et il la d\u00e9dia \u00e0 cette jeune femme, en t\u00e9moignage de ses sentiments.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le manuscrit, Beethoven a inscrit cette indication: \u00ab\u00a0<em>On doit jouer toute cette pi\u00e8ce avec la plus grande d\u00e9licatesse<\/em>\u00a0\u00bb . D\u00e9licatesse, c&rsquo;est bien l&rsquo;impression qui se d\u00e9gage de cet adagio, et aussi le souvenir du moment que j&rsquo;ai v\u00e9cu en l&rsquo;entendant pour la premi\u00e8re fois \u00e0 Bourg-la-Reine, jou\u00e9 par une Claire (de lune ?) que je n&rsquo;ai plus jamais revue.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Beethoven: Piano Sonata No. 14 in C-Sharp Minor, Op. 27 No. 2 &quot;Moonlight&quot;: I. Adagio sostenuto\" width=\"1230\" height=\"923\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/fumw48Yise8?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID2902\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"2902\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-2902\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 mon avis, le classique et le jazz font partie des musiques pour lesquelles il est n\u00e9cessaire, si on veut vraiment les comprendre et en profiter, de b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;un minimum&hellip;<a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2021\/08\/25\/ludwig-von-beethoven-sonate-au-clair-de-lune-n-14-adagio-sostenuto-wilhelm-kempff\/\" class=\"more-link\"><span class=\"more-button\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">Ludwig von Beethoven &#8211; \u00ab\u00a0Sonate Au clair de lune n\u00b0 14 \/ adagio sostenuto\u00a0\u00bb (Wilhelm Kempff)<\/span><\/span><\/a><\/p>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID2902\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"2902\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-2902\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2904,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[81],"tags":[461,190],"class_list":["post-2902","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-musique","tag-beethoven","tag-musique-classique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2902","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2902"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2902\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6167,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2902\/revisions\/6167"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2904"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2902"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2902"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2902"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}