{"id":3223,"date":"2021-06-30T08:54:18","date_gmt":"2021-06-30T06:54:18","guid":{"rendered":"https:\/\/gregoryderville.com\/?p=3223"},"modified":"2025-04-19T18:56:45","modified_gmt":"2025-04-19T16:56:45","slug":"duke-ellington-his-orchestra-i-let-a-song-go-out-of-my-heart-rosemary-clooney","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2021\/06\/30\/duke-ellington-his-orchestra-i-let-a-song-go-out-of-my-heart-rosemary-clooney\/","title":{"rendered":"Duke Ellington &amp; his Orchestra &#8211; \u00ab\u00a0I let a song go out of my heart\u00a0\u00bb (Rosemary Clooney)"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/duke-ellington\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/duke-ellington\/\">Duke Ellington<\/a>, bien s\u00fbr: impossible de laisser de c\u00f4t\u00e9 un tel g\u00e9nie dans une playlist de 365 morceaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Son inventivit\u00e9 et sa cr\u00e9ativit\u00e9 en tant que compositeur, sa musicalit\u00e9 et sa virtuosit\u00e9 en tant que pianiste, son leadership et sa facult\u00e9 \u00e0 tirer la quintessence des musiciens \u00e0 la t\u00eate de ses big bands, en font l&rsquo;un des plus immenses g\u00e9ants de l&rsquo;histoire du jazz, et de la musique tout court.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l&rsquo;\u00e9cole d\u00e9j\u00e0, il \u00e9tait reconnu pour sa classe et son \u00e9l\u00e9gance, si bien que ses amis ont pris l&rsquo;habitude de l&rsquo;appeler par ce surnom aristocratique, \u00ab\u00a0Duke\u00a0\u00bb , un surnom qui lui est rest\u00e9 tout au long de sa carri\u00e8re musicale, au point de totalement \u00e9clipser son pr\u00e9nom Edward.<\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de sa vie en 1974, et depuis lors, il n&rsquo;a cess\u00e9 de planer comme une ombre tut\u00e9laire au-dessus de g\u00e9n\u00e9rations de jazzmen, qui reprennent tr\u00e8s souvent ses standards (\u00ab\u00a0Sophisticated lady\u00a0\u00bb , \u00ab\u00a0In a sentimental mood\u00a0\u00bb , \u00ab\u00a0Things ain&rsquo;t what they used to be\u00a0\u00bb , \u00ab\u00a0Take the A train\u00a0\u00bb , \u00ab\u00a0Prelude to a kiss\u00a0\u00bb \u2026). Certains, et pas des moindres, lui ont d\u00e9di\u00e9 des compositions transies d&rsquo;admiration (\u00ab\u00a0The Duke\u00a0\u00bb pour Dave Brubeck, \u00ab\u00a0Open letter to the Duke\u00a0\u00bb pour Charles Mingus\u2026). \u00c0 sa mort, Miles Davis a m\u00eame compos\u00e9 en sa m\u00e9moire une sorte de marche fun\u00e8bre de plus de trente minutes, \u00ab\u00a0He loved him madly\u00a0\u00bb . Tout cela en dit long sur le statut d&rsquo;ic\u00f4ne du jazz de Duke Ellington.<\/p>\n\n\n\n<p>Si celui-ci est aussi respect\u00e9, c&rsquo;est aussi parce que jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de sa vie, il a \u00e9t\u00e9 un soutien actif du mouvement des droits civiques en faveur des Afro-Am\u00e9ricains, dont la contribution au blues, au jazz et \u00e0 toute la musique populaire am\u00e9ricaine a \u00e9t\u00e9 si riche et pr\u00e9cieuse (la grande majorit\u00e9 des nombreux disques de jazz que je poss\u00e8de ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s par des musiciens noirs). M\u00eame s&rsquo;il venait d&rsquo;un milieu social plut\u00f4t favoris\u00e9 au regard de sa communaut\u00e9 ethnique (ses parents \u00e9taient tous deux professeurs de musique), m\u00eame s&rsquo;il a eu une vie ais\u00e9e, m\u00eame s&rsquo;il a obtenu une immense reconnaissance (malgr\u00e9 la s\u00e9gr\u00e9gation, il jouait souvent dans des mariages au sein de la haute bourgeoisie blanche), Duke Ellington s&rsquo;est toujours montr\u00e9 sensible \u00e0 la condition socio-politique subie par ses fr\u00e8res et s\u0153urs de couleur.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui a peut-\u00eatre \u00e9galement \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;origine de son succ\u00e8s, c&rsquo;est le fait que contrairement \u00e0 tant d&rsquo;autres jazzmen englu\u00e9s dans la d\u00e9pression et les drogues, il compose une musique souvent joyeuse et m\u00eame festive, donnant \u00e0 ses concerts une ambiance \u00e9lectrique, un peu comparable \u00e0 celles que les gospels cr\u00e9ent dans les \u00e9glises du sud des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n<p>Bref, <a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/duke-ellington\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/duke-ellington\/\">Duke Ellington<\/a> est incontournable, au sens le plus litt\u00e9ral du terme.<\/p>\n\n\n\n<p>Si c&rsquo;est \u00ab\u00a0I let a song go out of my heart\u00a0\u00bb que je choisis d&rsquo;ins\u00e9rer ce soir dans cette playlist, c&rsquo;est d&rsquo;abord pour sa merveilleuse m\u00e9lodie douce-am\u00e8re. Dans la version originale, compos\u00e9e et cr\u00e9\u00e9e en 1938 par Duke Ellington et son \u00ab\u00a0Famous orchestra\u00a0\u00bb , cette chanson est une balade au swing absolument irr\u00e9sistible. Le piano du Duke compose un \u00e9crin accueillant dans lequel les musiciens sont parfaitement mis en valeur, avec une mention sp\u00e9ciale au sax alto stellaire de Johnny Hodges. Cette musique est d&rsquo;une gr\u00e2ce et d&rsquo;une \u00e9l\u00e9gance souveraines.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;aime beaucoup cette version originale et son rythme chaloup\u00e9, mais il y manque une chose: les paroles, \u00e9crites par Irving Mills, Henry Nemo et John Redmond.<\/p>\n\n\n\n<p>Il existe beaucoup de versions chant\u00e9es, mais elles ne me convainquent pas forc\u00e9ment \u2013 ni celle d&rsquo;Ella Fitzgerald (trop lente, trop lisse, un peu d\u00e9sincarn\u00e9e), ni celle de Sarah Vaughan (trop compliqu\u00e9e, trop mani\u00e9r\u00e9e). Il en a quand m\u00eame une qui me pla\u00eet \u00e9norm\u00e9ment, celle de Rosemary Clooney, accompagn\u00e9e en 1956 par l&rsquo;orchestre de\u2026 Duke Ellington, justement. Ceci explique cela ? En tous cas la voix est ici exactement comme j&rsquo;aime, aussi souple, claire, spontan\u00e9e et charmante que chaleureuse, charnelle et sexy. Cet enregistrement est pour moi une totale r\u00e9ussite.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;aime ces paroles, comme souvent, pour leur romantisme m\u00e9lancolique. La chanson, \u00ab\u00a0<em>la plus douce des m\u00e9lodies<\/em>\u00a0\u00bb , dont la personne qui chante raconte qu&rsquo;elle est \u00ab\u00a0<em>sortie de son coeur<\/em>\u00a0\u00bb , est une m\u00e9taphore de la personne aim\u00e9e. L&rsquo;une comme l&rsquo;autre \u00e9taient et sont encore si merveilleuses qu&rsquo;en les perdant, c&rsquo;est tout simplement un paradis que l&rsquo;on a perdu, et m\u00eame LE paradis. Alors puisque sans cette douce m\u00e9lodie et sans cet amour la vie n&rsquo;a plus gu\u00e8re de sens, \u00ab\u00a0I let a song go out of my heart\u00a0\u00bb les invitent doucement \u00e0 revenir l\u00e0 elles sont attendues ardemment: en plein coeur.<\/p>\n\n\n\n<p>Concernant l&rsquo;amour, les derniers mots (\u00ab\u00a0<em>I know you&rsquo;ll return some day<\/em>\u00a0\u00bb ) sont vains, sans doute.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la musique, en revanche, y trouve et y trouvera toujours sa place pour enchanter la vie. Encore heureux.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0I let a song go out of my heart<\/p>\n\n\n\n<p>It was the sweetest melody<\/p>\n\n\n\n<p>I know I lost heaven &#8217;cause you were the song<\/p>\n\n\n\n<p>Since you and I have drifted apart<\/p>\n\n\n\n<p>Life doesn&rsquo;t mean a thing to me<\/p>\n\n\n\n<p>Please come back, sweet music, I know I was wrong\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"I Let a Song Go Out of My Heart\" width=\"1230\" height=\"923\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/UStB3IEcoww?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID3223\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"3223\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-3223\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Duke Ellington, bien s\u00fbr: impossible de laisser de c\u00f4t\u00e9 un tel g\u00e9nie dans une playlist de 365 morceaux. 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