{"id":3239,"date":"2021-06-27T09:07:10","date_gmt":"2021-06-27T07:07:10","guid":{"rendered":"https:\/\/gregoryderville.com\/?p=3239"},"modified":"2025-04-19T18:34:37","modified_gmt":"2025-04-19T16:34:37","slug":"the-doors-riders-on-the-storm","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2021\/06\/27\/the-doors-riders-on-the-storm\/","title":{"rendered":"The Doors &#8211; \u00ab\u00a0Riders on the storm\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Que les fans des Doors me pardonnent, mais derni\u00e8rement j&rsquo;ai r\u00e9\u00e9cout\u00e9 tous leurs albums en une seule journ\u00e9e, et je dois dire que \u00e7a m&rsquo;a sacr\u00e9ment gonfl\u00e9. Essentiellement \u00e0 cause du piano \u00e9lectrique, si caract\u00e9ristique du son du groupe: comme il est pr\u00e9sent \u00e0 peu pr\u00e8s partout, quand j&rsquo;\u00e9coute pas mal de titres \u00e0 la suite, j&rsquo;atteins tr\u00e8s vite l&rsquo;overdose (surtout sur le double album live).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9chaud\u00e9 par l&rsquo;exp\u00e9rience, je suis \u00e0 peu pr\u00e8s s\u00fbr que je ne r\u00e9\u00e9couterai plus ces disques en entier (la vie est trop courte).<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cela ne veut pas du tout dire que je n&rsquo;\u00e9couterai plus les Doors, car il y a dans leur discographie des p\u00e9pites magistrales, en particulier \u00ab\u00a0Light my fire\u00a0\u00bb , \u00ab\u00a0The end\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Riders on the storm\u00a0\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p>Cette derni\u00e8re chanson est de loin ma pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e des Doors. Sept minutes et neuf secondes d&rsquo;ensorcellement musical. Le synth\u00e9 du clavi\u00e9riste Ray Manzarek se fait ici plus feutr\u00e9, et il \u00e9voque subtilement le clapotis de la pluie d&rsquo;orage qui s&rsquo;annonce. L&rsquo;orchestration et la rythmique renouent avec les racines du blues, comme sur plusieurs autres titres de l&rsquo;album. La m\u00e9lodie chant\u00e9e et celles jou\u00e9es par les instruments rivalisent de subtilit\u00e9 (j&rsquo;adore notamment la fa\u00e7on dont, \u00e0 0&rsquo;33, le clavier descend prestement la gamme, comme une goutte de pluie glissant soudain le long d&rsquo;une vitre). La voix de Jim Morrison est ici plus calme, plus souple, plus profonde, plus \u00ab\u00a0confortable\u00a0\u00bb , lest\u00e9e qu&rsquo;elle est par une forte consommation d&rsquo;alcool et par les 3 paquets de clopes par jour qu&rsquo;il avait pris l&rsquo;habitude de griller.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis il y a ce texte, myst\u00e9rieux et envo\u00fbtant.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai lu quelque part que \u00ab\u00a0Riders on the storm\u00a0\u00bb d\u00e9crit \u00ab\u00a0<em>une apocalypse douce<\/em>\u00a0\u00bb , men\u00e9e par \u00ab\u00a0<em>des cavaliers chevauchant des montures de soie<\/em>\u00a0\u00bb , mais qui n&rsquo;en reste pas moins une apocalypse, et qui emportera tout sur son passage, implacablement, m\u00eame ce \u00e0 quoi nous tenons le plus. Il y a en effet des passages qui valident cette interpr\u00e9tation: \u00ab\u00a0<em>There&rsquo;s a killer on the road \/ (\u2026) If you give this man a ride, \/ sweet family will die \/ Killer on the road, yeah<\/em>\u00a0\u00bb . Avec ces mots, Jim Morrison \u00e9voque un \u00e9pisode particuli\u00e8rement traumatisant de sa vie: un accident de voiture au beau milieu du d\u00e9sert, dont il fut le t\u00e9moin quand il n&rsquo;avait que huit ans, et qui le marqua sans doute \u00e0 jamais (\u00ab\u00a0<em>Des morts partout, c&rsquo;\u00e9tait horrible<\/em>\u00a0\u00bb ).<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut dire aussi qu&rsquo;au moment o\u00f9 l&rsquo;album est enregistr\u00e9, Jim Morrison est \u00e9puis\u00e9 moralement par des mois de cavale (il a fui ill\u00e9galement les USA pour \u00e9chapper \u00e0 un proc\u00e8s pour attentat \u00e0 la pudeur), bouffi et m\u00e9connaissable par rapport au sex symbol svelte et glabre de ses d\u00e9buts (il a pris plus de trente kilos et il arbore une barbe de b\u00fbcheron), rong\u00e9 par des ann\u00e9es d&rsquo;alcool et de drogues diverses, plong\u00e9 dans une d\u00e9pression qui l&rsquo;am\u00e8ne \u00e0 consommer des quantit\u00e9s d\u00e9mentes de m\u00e9dicaments. Au bout du rouleau, d\u00e9courag\u00e9, il semble appeler ses fr\u00e8res et s\u0153urs \u00e0 attendre placidement l&rsquo;orage qui gronde au loin et \u00e0 accepter leur fin prochaine, comme si elle n&rsquo;\u00e9tait rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une d\u00e9livrance. \u00ab\u00a0Riders on the Storm\u00a0\u00bb est une chanson hallucin\u00e9e et spectrale sur la mort: nous \u00e9coutons un homme et un groupe qui nous font leurs adieux et qui nous invitent \u00e0 nous pr\u00e9parer, nous aussi, au grand d\u00e9part.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette interpr\u00e9tation de \u00ab\u00a0Riders on the storm\u00a0\u00bb comme un blues cr\u00e9pusculaire, enregistr\u00e9 par un groupe et un po\u00e8te-chanteur exsangues (et qui ne devinent d&rsquo;ailleurs m\u00eame pas \u00e0 quel point ils le sont), est bien s\u00fbr tr\u00e8s convaincante, mais il me semble qu&rsquo;elle est un peu trop marqu\u00e9e par le fait que nous connaissons la suite de l&rsquo;histoire. Est-ce que les Doors savaient, pendant l&rsquo;enregistrement de \u00ab\u00a0L.A. Woman\u00a0\u00bb , que ce serait la derni\u00e8re chanson de leur dernier album, et le dernier morceau enregistr\u00e9 par Jim Morrison ? Aujourd&rsquo;hui elle appara\u00eet comme un splendide chant du cygne ou un testament musical, mais est-ce que c&rsquo;est vraiment ce que le groupe avait pour projet de transmettre ? Et si Jim Morrison n&rsquo;\u00e9tait pas mort tragiquement quelques mois plus tard (probablement d&rsquo;une overdose), cette chanson serait-elle aussi mythique ?<\/p>\n\n\n\n<p>Le fait est que trois mois plus tard seulement, Jim Morrison sera six pieds sous terre au cimeti\u00e8re du P\u00e8re Lachaise, en digne membre du \u00ab\u00a0club des 27&Prime;\u2026 Le vrai \u00ab\u00a0This is the end\u00a0\u00bb des Doors, du coup, c&rsquo;est peut-\u00eatre bien ce morceau\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Mais pour moi, \u00ab\u00a0Riders on the storm\u00a0\u00bb peut aussi sonner comme une invitation \u00e0 s&rsquo;engager dans l&rsquo;aventure, \u00e0 se d\u00e9ployer, \u00e0 s&rsquo;offrir aux \u00e9v\u00e9nements et aux rencontres, quitte \u00e0 ce que la vie ne soit pas toujours ce qu&rsquo;on en esp\u00e8re, quitte \u00e0 ce qu&rsquo;en chemin on rencontre bien souvent un tonnerre fracassant et effrayant plut\u00f4t qu&rsquo;une pluie fine et apaisante. En r\u00e9\u00e9coutant plusieurs fois cette chanson, puis en \u00e9crivant ce texte, j&rsquo;ai pens\u00e9 \u00e0 la merveilleuse formule de S\u00e9n\u00e8que disant que la vie consiste \u00e0 apprendre \u00e0 \u00ab\u00a0<em>danser sous la pluie<\/em>\u00a0\u00bb : il me semble que \u00ab\u00a0Riders on the storm\u00a0\u00bb met superbement en musique cet aphorisme. \u00ab\u00a0C&rsquo;est dans ce monde-l\u00e0, tout frustrant qu&rsquo;il soit, que nous avons \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s et que nous avons un r\u00f4le \u00e0 jouer, alors ce r\u00f4le, jouons le du mieux que nous pouvons.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Peut-\u00eatre que j&rsquo;interpr\u00e8te ainsi ce titre parce que c&rsquo;est le message que j&rsquo;ai envie d&rsquo;entendre. Peu importe.<\/p>\n\n\n\n<p>En tous cas si je ne suis pas un grand admirateur de <a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/the-doors\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/the-doors\/\">The Doors<\/a>, je suis totalement emball\u00e9 par \u00ab\u00a0Riders in the storm\u00a0\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Riders on the storm<\/p>\n\n\n\n<p>Riders on the storm<\/p>\n\n\n\n<p>Into this house we&rsquo;re born<\/p>\n\n\n\n<p>Into this world we&rsquo;re thrown<\/p>\n\n\n\n<p>Like a dog without a bone<\/p>\n\n\n\n<p>An actor on a loan<\/p>\n\n\n\n<p>Riders on the storm\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"The Doors - Riders On The Storm\" width=\"1230\" height=\"923\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/iv8GW1GaoIc?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID3239\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"3239\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-3239\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Que les fans des Doors me pardonnent, mais derni\u00e8rement j&rsquo;ai r\u00e9\u00e9cout\u00e9 tous leurs albums en une seule journ\u00e9e, et je dois dire que \u00e7a m&rsquo;a sacr\u00e9ment gonfl\u00e9. 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