{"id":331,"date":"2024-08-11T09:13:02","date_gmt":"2024-08-11T07:13:02","guid":{"rendered":"https:\/\/gregoryderville.com\/?p=331"},"modified":"2025-03-15T17:24:10","modified_gmt":"2025-03-15T16:24:10","slug":"jacques-tati-les-vacances-de-monsieur-hulot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2024\/08\/11\/jacques-tati-les-vacances-de-monsieur-hulot\/","title":{"rendered":"Jacques Tati &#8211; \u00ab\u00a0Les vacances de monsieur Hulot\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">[Bonnes vacances \u00e0 celles et ceux qui ont de la chance et les moyens d&rsquo;en prendre, et bon courage \u00e0 celles et ceux qui en reviennent et qui reprennent le travail&#8230;]<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quel dr\u00f4le de film que \u00ab\u00a0Les vacances de monsieur Hulot\u00a0\u00bb de Jacques Tati! Si vous ne l&rsquo;avez pas encore vu, je vous invite \u00e0 suivre la chronique tendre et loufoque de ses aventures au bord de la mer, dans l&rsquo;h\u00f4tel familial o\u00f9 il a r\u00e9serv\u00e9, sur la plage, sur un court de tennis\u2026<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"480\" height=\"279\" src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/Monsieur-Hulot.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6945\" style=\"width:578px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/Monsieur-Hulot.jpg 480w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/Monsieur-Hulot-300x174.jpg 300w, https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/Monsieur-Hulot-400x233.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 480px) 100vw, 480px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ce film il ne se passe rien d&rsquo;important. Jacques Tati ne montre rien d&rsquo;autre que des vacanciers issus des couches moyennes qui profitent des cong\u00e9s pay\u00e9s et qui se livrent \u00e0 des activit\u00e9s paisibles, et un grand dadais maladroit, \u00e9tourdi et burlesque qui les perturbe d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il est totalement d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 et plein de bonne volont\u00e9. Monsieur Hulot est un personnage qui semble \u00e9chapp\u00e9 du cin\u00e9ma muet et perdu dans le monde du cin\u00e9ma parlant: c&rsquo;est son corps qui parle, ses mimiques, ses gestes saccad\u00e9s et \u00e0 contre-temps, et naturellement pas grand monde n&rsquo;arrive \u00e0 le comprendre: il \u00e9volue dans la soci\u00e9t\u00e9 avec autant d&rsquo;aisance que l&rsquo;albatros aux ailes de g\u00e9ant titubant sur le pont d&rsquo;un navire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au-del\u00e0 des gags ing\u00e9nieux et d&rsquo;une \u00e9tonnante diversit\u00e9, il y a dans ce film (comme dans \u00ab\u00a0Mon oncle\u00a0\u00bb o\u00f9 le m\u00eame personnage de monsieur Hulot r\u00e9appara\u00eetra quelques ann\u00e9es plus tard) une dimension politique et sociale: Tati glisse subtilement que la croissance, la prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique, l&rsquo;optimisme et la fascination pour la technologie et les gadgets qui caract\u00e9risent les Trente glorieuses ont quelque chose de ridicule (bien plus ridicule que Monsieur Hulot lui-m\u00eame), et que l&rsquo;essentiel se situe ailleurs, dans les plaisirs simples, dans le partage de moments en famille, dans la joie de se laisser dorer par le soleil et d&rsquo;\u00e9couter le son des vagues, dans la magie de l&rsquo;enfance, dans le rire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;aime beaucoup ce film pour les m\u00eames raisons que j&rsquo;adore Gaston Lagaffe ou le \u00ab\u00a0libre Max\u00a0\u00bb d&rsquo;Herv\u00e9 Cristiani: ces personnages dynamitent la soci\u00e9t\u00e9, mais sans poser de bombe, juste en ne respectant pas ses codes. Et ce que j&rsquo;aime plus encore, c&rsquo;est le fait qu&rsquo;ils ne sont pas marginaux ou d\u00e9cal\u00e9s par choix, par insoumission ou par revendication, mais tout \u00e0 fait innocemment. Ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;ils refusent de jouer le jeu et ses r\u00e8gles, ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;ils se r\u00e9voltent contre elles, c&rsquo;est qu&rsquo;ils ne semblent m\u00eame pas les conna\u00eetre, en tous cas ils ne semblent pas les comprendre: ils ne suivent que leur imagination et leur envie de s&rsquo;amuser et de cr\u00e9er. Pour moi qui suis parfois si s\u00e9rieux et si grave, qui ai tant de mal \u00e0 l\u00e2cher les freins et \u00e0 me laisser aller, il y a dans ces personnages aussi punks que po\u00e8tes quelque chose d&rsquo;assez fascinant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La bande son des \u00ab\u00a0Vacances de monsieur Hulot\u00a0\u00bb , compos\u00e9e par Alain Romans, est elle aussi une merveille de d\u00e9licatesse et de po\u00e9sie. Intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Quel temps fait-il \u00e0 Paris?\u00a0\u00bb , le fameux th\u00e8me principal appara\u00eet \u00e0 de nombreuses reprises dans le film, parfois pour marquer la transition entre deux s\u00e9quences, parfois pour faire danser des personnages (pour le bal du 14 juillet), parfois pour rythmer les gestes de certains personnages (qui sont alors ex\u00e9cut\u00e9s sur le m\u00eame tempo, comme s&rsquo;ils \u00e9taient en train de l&rsquo;entendre). Ici ou l\u00e0, ce th\u00e8me est mix\u00e9 avec d&rsquo;autres sons (le bruit des vagues, le cri d&rsquo;un vendeur, le discours d&rsquo;un homme politique, la cloche du restaurant\u2026). Il est jou\u00e9 sur des rythmes plus ou moins lents, avec des instruments diff\u00e9rents (il y a m\u00eame un personnage qui le siffle).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La structure et l&rsquo;instrumentation de ce th\u00e8me sont construites de fa\u00e7on extr\u00eamement minutieuses et sont dot\u00e9es d&rsquo;une signification pr\u00e9cise, elles soutiennent pleinement le message du film. Comme le dit tr\u00e8s bien une analyse de la musique des \u00ab\u00a0Vacances de monsieur Hulot\u00a0\u00bb par Philippe Th\u00e9miot (conseiller p\u00e9dagogique en arts visuels), \u00ab\u00a0<em>ce th\u00e8me r\u00e9current met \u00e0 la fois en \u00e9vidence les rites et les r\u00e9p\u00e9titions qui constituent la vie en vill\u00e9giature et para\u00eet en souligner l&rsquo;insignifiance, par sa rengaine simple et joyeuse. Pourtant, elle est \u00e9crite en mode mineur, et l&rsquo;accumulation des m\u00e9saventures et des maladresses de monsieur Hulot finit par laisser filtrer une certaine tristesse, \u00e0 l&rsquo;image de la solitude du personnage principal, au moment de son d\u00e9part<\/em>.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Monsieur Hulot n&rsquo;\u00e9chappe pas \u00e0 la mal\u00e9diction qui frappe la plupart des clowns: s&rsquo;ils nous font rire, c&rsquo;est bien souvent pour masquer le soup\u00e7on de tristesse ou de nostalgie qui est en eux, et qui parfois les d\u00e9vore dans leur vie priv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais le rire et la joie sont bel et bien pr\u00e9sents pour nous qui pouvons regarder ce film hilarant et \u00e9couter cette musique d\u00e9licieuse, alors profitons en.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"BO du film LES VACANCES de MONSIEUR HULOT -1954- ( J.Tati)\" width=\"1230\" height=\"923\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/iV9m18mwTVE?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID331\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"331\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-331\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[Bonnes vacances \u00e0 celles et ceux qui ont de la chance et les moyens d&rsquo;en prendre, et bon courage \u00e0 celles et ceux qui en reviennent et qui reprennent le&hellip;<a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2024\/08\/11\/jacques-tati-les-vacances-de-monsieur-hulot\/\" class=\"more-link\"><span class=\"more-button\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">Jacques Tati &#8211; \u00ab\u00a0Les vacances de monsieur Hulot\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/a><\/p>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID331\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"331\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-331\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":332,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[79,81],"tags":[],"class_list":["post-331","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cinema","category-musique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/331","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=331"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/331\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6946,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/331\/revisions\/6946"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/332"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=331"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=331"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=331"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}