{"id":703,"date":"2024-11-09T00:29:08","date_gmt":"2024-11-08T23:29:08","guid":{"rendered":"https:\/\/gregoryderville.com\/?p=703"},"modified":"2025-04-21T14:40:34","modified_gmt":"2025-04-21T12:40:34","slug":"giacomo-puccini-madame-butterfly-un-bel-di-vedremo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2024\/11\/09\/giacomo-puccini-madame-butterfly-un-bel-di-vedremo\/","title":{"rendered":"Giacomo Puccini &#8211; \u00ab\u00a0Madame Butterfly \/ Un bel di vedremo\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis \u00e0 peu pr\u00e8s s\u00fbr de ne jamais avoir regard\u00e9 un op\u00e9ra en entier, car je suis le plus souvent assez saoul\u00e9 par les sc\u00e8nes de dialogues, qui m&rsquo;ont toujours paru d\u00e9sordonn\u00e9es et artificielles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En revanche j&rsquo;aime passionn\u00e9ment un grand nombre d&rsquo;arias, ces pi\u00e8ces musicales \u00e9crites pour une voix seule, qui sont en quelque sorte les morceaux de bravoure des op\u00e9ras, les moments que le public conna\u00eet, aime et attend avec impatience pendant les repr\u00e9sentations. Je poss\u00e8de et j&rsquo;\u00e9coute souvent plusieurs compilations d&rsquo;arias, \u00e0 commencer par celle qui rassemble les chants fantastiques offerts par Maria Callas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;aime tout particuli\u00e8rement cet aria issu de l&rsquo;op\u00e9ra de Giacomo Puccini, \u00ab\u00a0Madame Butterfly\u00a0\u00bb, qui est l&rsquo;un des airs les plus fameux du r\u00e9pertoire classique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0Madame Butterfly\u00a0\u00bb est une trag\u00e9die qui raconte l&rsquo;histoire de Cio-Cio-Sa, une tr\u00e8s jeune geisha de seulement quinze ans dont le nom signifie en japonais \u00ab\u00a0Madame Papillon\u00a0\u00bb. Un jeune militaire am\u00e9ricain cynique et raciste, Benjamin Franklin Pinkerton, loue la maison dans laquelle elle officie, et il l&rsquo;\u00e9pouse rapidement. Mais alors que la jeune femme prend cette union tr\u00e8s au s\u00e9rieux (au point qu&rsquo;elle renonce \u00e0 sa religion), la c\u00e9r\u00e9monie n&rsquo;est pour lui qu&rsquo;un divertissement exotique, ainsi que l&rsquo;occasion de coucher avec une tr\u00e8s jeune femme (avec le recul, l&rsquo;argument de \u00ab\u00a0Madame Butterfly\u00a0\u00bb est tout sauf #metoo&#8230;). L&rsquo;acte I de l&rsquo;oeuvre se termine par le d\u00e9part Pinkerton, qui va laisser Cio-Cio-San sans nouvelles pendant plus de trois ans, durant lesquels elle lui reste fid\u00e8le (il faut dire qu&rsquo;elle a donn\u00e9 naissance \u00e0 un petit gar\u00e7on), et elle refuse plusieurs propositions de mariage malgr\u00e9 une situation financi\u00e8re tr\u00e8s d\u00e9licate.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l&rsquo;acte II, on assiste au retour de l&rsquo;impudent Pinkerton, accompagn\u00e9 de son \u00e9pouse am\u00e9ricaine. Quand Cio-Cio-San comprend le tragique de la situation, elle abandonne son enfant \u00e0 Pinkerton et \u00e0 sa femme, et elle se donne la mort, en se poignardant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;aria \u00ab\u00a0Un bel d\u00ec, vedremo\u00a0\u00bb (que l&rsquo;on peut traduire par \u00ab\u00a0Un beau jour nous verrons\u00a0\u00bb) prend place au d\u00e9but de l&rsquo;acte II. Alors que la servante Suzuki prie sa ma\u00eetresse de cesser de pleurer et tente de la raisonner (\u00ab\u00a0<em>On n\u2019a jamais vu un mari \u00e9tranger revenir au nid<\/em>\u00ab\u00a0), Cio-Cio-San, qui attend alors depuis trois ans son officier, le \u00ab\u00a0<em>dieu am\u00e9ricain<\/em>\u00ab\u00a0, s&rsquo;\u00e9loigne, ouvre un sh\u014dji (paroi coulissante) qui d\u00e9voile la rade de Nagasaki, et elle se met soudain \u00e0 chanter son espoir du retour de Pinkerton \u00e0 la \u00ab\u00a0<em>saison o\u00f9 les rouges-gorges font leur nid<\/em>\u00ab\u00a0, comme il le lui avait promis. Le texte de cet aria et la mise en sc\u00e8ne d\u00e9crivent dans les menus d\u00e9tails le r\u00eave \u00e9veill\u00e9 de Cio-Cio-San, et s&rsquo;apparentent \u00e0 une d\u00e9claration de foi: la jeune femme essaye \u00e0 toute force de convaincre Suzuki, et surtout de se convaincre elle-m\u00eame, que Pinkerton finira par revenir. Contre toute \u00e9vidence, bien s\u00fbr&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cet aria n&rsquo;est pas seulement d\u00e9chirant du fait de son texte: la musique souligne encore plus puissamment le c\u00f4t\u00e9 path\u00e9tique de la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue par Cio-Cio-San. Elle commence de fa\u00e7on tr\u00e8s lente et calme (andante molto calmo), pour mieux souligner la concentration dont la jeune femme a besoin pour donner corps \u00e0 son d\u00e9sir dans son imagination. Mais apr\u00e8s avoir chant\u00e9 pianissimo, presque murmur\u00e9, Cio-Cio-San laisse petit \u00e0 petit \u00e9clater son d\u00e9sespoir, et \u00e0 3&rsquo;01 sa d\u00e9tresse finit par \u00e9clater fortissimo, comme si on lui arrachait le c\u0153ur. L&rsquo;intensit\u00e9 dramatique est telle qu&rsquo;\u00e0 la fin de cet aria, l&rsquo;orchestre reprend le th\u00e8me initial, peut-\u00eatre parce que Puccini souhaitait d\u00e9courager les applaudissements et laisser le public confront\u00e9 \u00e0 la trag\u00e9die de la jeune femme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur le sujet classique de la femme s\u00e9duite et abandonn\u00e9e, Giacomo Puccini a \u00e9crit et compos\u00e9 un op\u00e9ra \u00e0 l\u2019orchestration luxuriante, dont le lyrisme ardent culmine dans cet aria poignant, que je viens d&rsquo;\u00e9couter une dizaine de fois en \u00e9crivant cette chronique, toujours le c\u0153ur saisi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a musique et musique, et celle-ci, \u00e0 mon avis, fait partie des plus belles, surtout lorsqu&rsquo;elle est magnifi\u00e9e par la voix exceptionnelle de la reine des divas, <a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/maria-callas\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/tag\/maria-callas\/\">Maria Callas<\/a> la divine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0Un bel di vedremo<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">levarsi un fil di fumo sull\u2019estremo<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">confin del mare.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">E poi la nave appare.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Poi la nave bianca<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">entra nel porto, rumba il suo saluto.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vedi? E venuto!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Io non gli scendo incontro. Io no.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mi metto la sul ciglio del colle e aspetto, e aspetto<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Gran tempo e non mi pesa, la lunga attesa.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0Sur la mer calm\u00e9e, un jour, une fum\u00e9e montera comme un blanc panache.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et c\u2019est un beau navire, qui, faisant rel\u00e2che, entre dans la rade.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Entends sa canonnade ! \u00c9coute et regarde !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Moi, d\u2019accourir, je n&rsquo;ose, non, non, je reste l\u00e0, guettant sur la route.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Maria Callas - Un bel di vedremo\" width=\"1230\" height=\"923\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/c-r2vu4t9-g?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID703\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"703\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-703\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je suis \u00e0 peu pr\u00e8s s\u00fbr de ne jamais avoir regard\u00e9 un op\u00e9ra en entier, car je suis le plus souvent assez saoul\u00e9 par les sc\u00e8nes de dialogues, qui m&rsquo;ont&hellip;<a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2024\/11\/09\/giacomo-puccini-madame-butterfly-un-bel-di-vedremo\/\" class=\"more-link\"><span class=\"more-button\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">Giacomo Puccini &#8211; \u00ab\u00a0Madame Butterfly \/ Un bel di vedremo\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/a><\/p>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID703\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"703\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-703\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":704,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[81],"tags":[127,191,190,7,192],"class_list":["post-703","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-musique","tag-amour","tag-maria-callas","tag-musique-classique","tag-opera","tag-puccini"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/703","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=703"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/703\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8999,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/703\/revisions\/8999"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/704"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=703"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=703"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=703"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}