{"id":906,"date":"2024-07-08T16:27:18","date_gmt":"2024-07-08T14:27:18","guid":{"rendered":"https:\/\/gregoryderville.com\/?p=906"},"modified":"2026-02-13T15:33:57","modified_gmt":"2026-02-13T14:33:57","slug":"johannes-brahms-symphonie-n4-allegro-ma-non-troppo-carlos-kleiber-orchestre-philharmonique-de-vienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2024\/07\/08\/johannes-brahms-symphonie-n4-allegro-ma-non-troppo-carlos-kleiber-orchestre-philharmonique-de-vienne\/","title":{"rendered":"Johannes Brahms &#8211; \u00ab\u00a0Symphonie n\u00b04, Allegro ma non troppo\u00a0\u00bb (Carlos Kleiber, orchestre philharmonique de Vienne)"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-39f82be613d5608102fe58151924b4f4\">\u00ab\u00a0Allegro ma non troppo\u00a0\u00bb: all\u00e8gre, joyeux, mais avec mesure, avec mod\u00e9ration, sans basculer dans un enthousiasme d\u00e9brid\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-2fd070ff4f507662fac6af61a68b6cf6\">C&rsquo;est mon \u00e9tat d&rsquo;esprit depuis que les r\u00e9sultats des l\u00e9gislatives sont tomb\u00e9s hier soir: je me sens soulag\u00e9, un peu all\u00e9g\u00e9, mais toujours inquiet de ce qui se profile.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-b55e7537e6af254a37387a312c465558\">Alors hier soir, j&rsquo;ai renonc\u00e9 \u00e0 partager \u00ab\u00a0I see a darkness\u00a0\u00bb de Bonnie \u00ab\u00a0prince\u00a0\u00bb Billy, ce que j&rsquo;avais pr\u00e9vu de faire en cas de victoire du RN. Ce sera peut-\u00eatre pour 2029\u2026 ou avant \ud83d\ude41<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-50c5dc452e9a2e60d067a0a176a90dc6\">Ce matin, quand j&rsquo;ai fait le tour de mes chroniques d\u00e9j\u00e0 \u00e9crites pour savoir laquelle publier aujourd&rsquo;hui, et quand je suis arriv\u00e9 \u00e0 la rubrique musique classique (\u00e7a fait un moment que je la n\u00e9glige celle-l\u00e0), j&rsquo;ai trouv\u00e9 que \u00ab\u00a0Allegro ma non troppo\u00a0\u00bb , \u00e7a tombait \u00e0 pic. Alors va pour Brahms: ce sera quand m\u00eame bien plus joyeux que \u00ab\u00a0I see a darkness\u00a0\u00bb .<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"640\" height=\"640\" src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Brahms.avif\" alt=\"\" class=\"wp-image-14740\" style=\"width:460px;height:auto\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-36e9349f086f88fb67035b742400fe56\">Johannes Brahms a compos\u00e9 sa quatri\u00e8me et derni\u00e8re symphonie \u00e0 partir de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1884, un an seulement apr\u00e8s la pr\u00e9c\u00e9dente. Il venait de passer une ann\u00e9e ann\u00e9e tr\u00e8s intense \u00e0 donner des concerts dans lesquels il avait dirig\u00e9 ses propres \u0153uvres, et il est all\u00e9 se reposer et travailler dans les montagnes d\u2019Autriche, en Styrie, o\u00f9 il poss\u00e9dait une propri\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-eaf045acab018e1a7c04c57db841a48c\">Parmi les \u0153uvres qu&rsquo;il a compos\u00e9es dans cette retraite, la symphonie n\u00b0 4 est consid\u00e9r\u00e9e par beaucoup de musicologues \u00e0 la fois comme la quintessence et comme le chant du cygne de la musique classique, celle dans laquelle une id\u00e9e simple, d&rsquo;abord expos\u00e9e dans un court motif m\u00e9lodique et rythmique, est d\u00e9clin\u00e9e et d\u00e9ploy\u00e9e sous de nombreuses formes et avec de nombreuses \u00ab\u00a0variations sur un m\u00eame th\u00e8me\u00a0\u00bb (ce qu&rsquo;on appelle le d\u00e9veloppement), pour produire une \u0153uvre ample et complexe. Les musicologues parlent d&rsquo;une logique de germination musicale: d\u2019une graine (la phrase musicale initiale) na\u00eet un arbre (un mouvement entier, voire une symphonie enti\u00e8re).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-62c844ed3f0c42c6cd588c57f5eb5dd3\">Pour ma part, dans la quatri\u00e8me symphonie de Brahms, c&rsquo;est cette introduction que je garde en m\u00e9moire et que j&rsquo;aime chantonner, tant elle est belle, joyeuse, champ\u00eatre et printani\u00e8re, \u00e9clatante et \u00e9blouissante de subtilit\u00e9. Une superbe phrase musicale est jou\u00e9e une premi\u00e8re fois jusqu&rsquo;\u00e0 0&rsquo;37 (dans cette interpr\u00e9tation de l&rsquo;orchestre philharmonique de Vienne dirig\u00e9 par Carlos Kleiber), de fa\u00e7on fol\u00e2tre mais introvertie, avec uniquement les violons et des bois l\u00e9gers. La m\u00e9lodie y progresse de fa\u00e7on disjointe, par gambades, avec une alternance entre les cordes d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, et de l&rsquo;autre les fl\u00fbtes, les clarinettes et les bassons. Les uns et les autres semblent se lancer tour \u00e0 tour de brefs appels, entrecoup\u00e9s par des silences tout aussi fugaces. Le motif musical est ensuite jou\u00e9 une deuxi\u00e8me fois, cette fois-ci avec plus d&rsquo;ampleur, et avec des bois qui jouent un peu moins \u00e0 contretemps, mais qui tournoient davantage, comme dans une danse endiabl\u00e9e. Ce d\u00e9calage subtil entre les lignes m\u00e9lodiques, ces \u00e9chos, ce dialogue esquiss\u00e9 dans la difficult\u00e9, donnent une intense impression m\u00e9lancolique et m\u00eame path\u00e9tique: c&rsquo;est comme si deux soupirants essayaient de s&rsquo;adresser l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre mais \u00e9taient encore entrav\u00e9s par leur timidit\u00e9, n&rsquo;osaient pas se regarder, n&rsquo;osaient pas \u00e9couter vraiment ce que l&rsquo;autre est en train de leur r\u00e9pondre, \u00e9taient saisis tour \u00e0 tour par de toutes petites syncopes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-96e6fc7f5fec622c6aa75cdb744a5f8b\">La suite de ce mouvement me pla\u00eet moins, car la douceur nostalgique de l&rsquo;ouverture fait progressivement la place \u00e0 une musique qui me semble plus d\u00e9sordonn\u00e9e et v\u00e9h\u00e9mente, o\u00f9 l&rsquo;intervention des vents m&rsquo;\u00e9voque parfois une fanfare, et qui finit dans une tension orageuse, et m\u00eame dans la douleur et le pathos.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-5d22f21c5a66ffd09acad37f4e06d29d\">Je sais que cette progression dynamique tout au long d&rsquo;une symphonie, c&rsquo;est l&rsquo;essence m\u00eame de la musique classique (ce n&rsquo;est pas pour rien que l&rsquo;on parle de \u00ab\u00a0mouvements\u00a0\u00bb ): comme l&rsquo;a \u00e9crit une commentatrice, Elsa Siffret, \u00ab\u00a0<em>l\u2019auditeur progresse avec l\u2019orchestre vers un sommet<\/em>\u00a0\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-a2bd5bec860c1a2b71042d3821d53f21\">Mais je ne suis pas un musicologue, je ne connais pas grand-chose au langage musical, je ne suis qu&rsquo;un amateur b\u00e9otien qui se laisse porter par ses \u00e9motions. Et ce que ces \u00e9motions me disent, c&rsquo;est que j&rsquo;aime profond\u00e9ment les premi\u00e8res mesures de la quatri\u00e8me symphonie de Brahms: pour moi elles font partie des plus belles phrases musicales jamais invent\u00e9es et compos\u00e9es, avec les premi\u00e8res de l&rsquo;Agnus dei du Requiem de Gabriel Faur\u00e9. \u00c9coutez-les attentivement, de pr\u00e9f\u00e9rence au casque. R\u00e9\u00e9coutez-les. R\u00e9\u00e9coutez-les encore. Comment ne pas \u00eatre \u00e9mu?<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Brahms: Symphony No. 4 in E Minor, Op. 98: I. Allegro non troppo\" width=\"1230\" height=\"923\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/4bo72hGCCgE?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID906\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"906\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-906\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Allegro ma non troppo\u00a0\u00bb: all\u00e8gre, joyeux, mais avec mesure, avec mod\u00e9ration, sans basculer dans un enthousiasme d\u00e9brid\u00e9\u2026 C&rsquo;est mon \u00e9tat d&rsquo;esprit depuis que les r\u00e9sultats des l\u00e9gislatives sont tomb\u00e9s hier&hellip;<a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2024\/07\/08\/johannes-brahms-symphonie-n4-allegro-ma-non-troppo-carlos-kleiber-orchestre-philharmonique-de-vienne\/\" class=\"more-link\"><span class=\"more-button\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">Johannes Brahms &#8211; \u00ab\u00a0Symphonie n\u00b04, Allegro ma non troppo\u00a0\u00bb (Carlos Kleiber, orchestre philharmonique de Vienne)<\/span><\/span><\/a><\/p>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID906\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"906\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-906\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":907,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[81],"tags":[218,190],"class_list":["post-906","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-musique","tag-brahms","tag-musique-classique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/906","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=906"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/906\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14741,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/906\/revisions\/14741"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/907"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=906"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=906"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=906"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}