{"id":978,"date":"2024-05-27T18:02:27","date_gmt":"2024-05-27T16:02:27","guid":{"rendered":"https:\/\/gregoryderville.com\/?p=978"},"modified":"2025-03-02T16:52:19","modified_gmt":"2025-03-02T15:52:19","slug":"kavinsky-nightcall","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2024\/05\/27\/kavinsky-nightcall\/","title":{"rendered":"Kavinsky &#8211; \u00ab\u00a0Nightcall\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p>Ce morceau puissant et hypnotique est le fruit d&rsquo;une collaboration entre deux personnalit\u00e9s phares de la French touch, Kavinsky et Guy-Manuel Homen-Christo (l&rsquo;un des deux motards de Daft Punk), qui pour l&rsquo;occasion se sont aussi acoquin\u00e9s avec Xavier de Rosnay (du groupe Justice) et avec S\u00e9bastien Tellier.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Nightcall\u00a0\u00bb est surtout connue pour \u00eatre utilis\u00e9e dans l&rsquo;une des premi\u00e8res sc\u00e8nes du film \u00ab\u00a0Drive\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s une poursuite nocturne dans les rues de Los Angeles, les cr\u00e9dits du g\u00e9n\u00e9rique commencent \u00e0 s&rsquo;afficher dans une typographie rose, sur des images de Ryan Gosling rentrant peinard \u00e0 la maison apr\u00e8s avoir sem\u00e9 les flics, comme dans NFS Most wanted (un de mes jeux de console pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s). \u00c0 ce moment, les plans, la photo et l&rsquo;\u00e9clairage sont totalement \u00e9clips\u00e9s par un morceau qui, soudain, occupe \u00e0 lui seul tout l&rsquo;espace.<\/p>\n\n\n\n<p>La rencontre entre cette chanson et ce film s&rsquo;est faite par hasard: alors qu&rsquo;il \u00e9tait en train de travailler sur \u00ab\u00a0Drive\u00a0\u00bb, le r\u00e9alisateur Nicolas Winding Refn l&rsquo;a entendue \u00e0 la radio en se rendant sur le tournage. Happ\u00e9 par son atmosph\u00e8re v\u00e9n\u00e9neuse et envo\u00fbtante, il a tout de suite contact\u00e9 le label de Kavinsky pour lui demander de l\u2019utiliser, ce qui fut accept\u00e9 avec empressement.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Drive\u00a0\u00bb, c&rsquo;est un film romantique et sombre qui raconte \u00ab\u00a0<em>une<\/em><em> histoire d\u2019amour d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e sur fond de grand banditisme et de grisante vitesse<\/em>\u00ab\u00a0. On y voit des voitures puissantes qui sillonnent les rues de Los Angeles, au pas ou \u00e0 tombeau ouvert, le plus souvent la nuit, avec au volant ou \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re des mafieux, des tueurs \u00e0 gages, et une jeune femme innocente mais embarqu\u00e9e malgr\u00e9 elle dans un tourbillon funeste, comme d&rsquo;ailleurs \u00ab\u00a0le conducteur\u00a0\u00bb. Mais si les acteurs et les actrices sont on ne peut plus bankables, les vraies stars de \u00ab\u00a0Drive\u00a0\u00bb, ce sont les voitures. Les caisses. Les bagnoles.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme l&rsquo;a dit Emmanuel Macron il y a quelques mois, en France \u00ab\u00a0<em>on aime la bagnole<\/em>\u00ab\u00a0. Cela surprendra peut-\u00eatre quelques-un(e)s, mais je dois confesser que \u00ab\u00a0<em>la bagnole, moi [aussi], je l&rsquo;adore<\/em>\u00ab\u00a0. Quand j&rsquo;\u00e9tais gosse, je me disais parfois que j&rsquo;avais envie de \u00ab\u00a0<em>dessiner des voitures<\/em>\u00a0\u00bb pour Renault (\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque mes parents avaient une 4L et une R6, ceci explique cela\u2026). Quand j&rsquo;\u00e9tais ado et jeune adulte, je regardais souvent la Formule1 et j&rsquo;\u00e9tais tr\u00e8s fan d&rsquo;Ayrton Senna (je me souviens avoir v\u00e9cu sa mort en direct\u2026). Aujourd&rsquo;hui j&rsquo;aime conduire, j&rsquo;aime la sensation d&rsquo;\u00eatre dans une sorte de salon feutr\u00e9 qui glisse dans l&rsquo;espace, j&rsquo;aime \u00e9couter de la musique avec les vitres ouvertes en \u00e9t\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Mais j&rsquo;ai d\u00e9couvert les enjeux \u00e9cologiques, puis climatiques. J&rsquo;ai compris qu&rsquo;on ne peut pas faire tout cela sans impact d\u00e9l\u00e9t\u00e8re sur le vivant et sans hypoth\u00e9quer l&rsquo;avenir. J&rsquo;ai compris aussi tout ce qu&rsquo;il y a de profond\u00e9ment machiste dans la culture de la bagnole. Shit\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Alors depuis longtemps, le plaisir de conduire fait partie de ceux auxquels j&rsquo;ai plus ou moins renonc\u00e9&nbsp;: je n&rsquo;ai pas de voiture (y compris depuis que je vis en pleine campagne), et je ne me d\u00e9place quasiment qu&rsquo;en train, \u00e0 pied et \u00e0 v\u00e9lo, sauf \u00e0 de rares exceptions (par exemple lorsque je loue une voiture pour une semaine en \u00c9cosse avec mes enfants\u2026)<\/p>\n\n\n\n<p>Quoi qu&rsquo;il en soit, ce film et cette chanson suscitent beaucoup d&rsquo;excitation de la part des excit\u00e9s du volant. Sur YouTube, on peut par exemple lire ce commentaire quasi amoureux, lik\u00e9 67.000 fois (!) \u00e0 ce jour: \u00ab\u00a0<em>One day I promised myself that this would be my first music played in my first car. Today is the day<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Si \u00ab\u00a0Nightcall\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0Drive\u00a0\u00bb, c&rsquo;est parce que l&rsquo;univers de la chanson est peu ou prou le m\u00eame que celui que Nicolas Winding Refn voulait mettre en place dans son film. La chanson \u00e9voque de fa\u00e7on allusive l&rsquo;histoire d&rsquo;un homme mort (ou que tout le monde croyait mort), qui revient \u00e0 la vie et qui passe son premier coup de fil \u00e0 une femme qu&rsquo;on suppose \u00eatre son amoureuse ou son ex, en pleine nuit (\u00ab\u00a0<em>I give you a nightcall to tell you how I feel<\/em>\u00ab\u00a0).<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;ambiance musicale de \u00ab\u00a0Nightcall\u00a0\u00bb est tout aussi lourde, lente, noire, pesante et oppressante que celle de \u00ab\u00a0Drive\u00a0\u00bb. La chanson est annonc\u00e9e par des cliquetis et par un hurlement de loup, elle d\u00e9marre par une boucle de synth\u00e9 froide et distante et par des gimmicks \u00e9lectro mena\u00e7ants, et les couplets sont chant\u00e9s par une voix de robot nicotin\u00e9e, trafiqu\u00e9e, caverneuse, monstrueuse, aussi flippante qu&rsquo;un junkie d\u00e9fonc\u00e9 que l&rsquo;on rencontrerait en pleine nuit avec un couteau ensanglant\u00e9 \u00e0 la main. Les refrains, en revanche, sont lumineux, chant\u00e9s par la voix suave de Lovefoxxx, la chanteuse br\u00e9silienne du groupe \u00e9lectro-rock CSS (Cansei de Ser Sexy), tandis que la boucle de synth\u00e9 monte dans les aigus et se fait plus cheap. Le contraste entre ces deux atmosph\u00e8res, comme un run de dragster qui se ferait au ralenti, font de \u00ab\u00a0Nightcall\u00a0\u00bb un morceau terriblement m\u00e9lancolique et envo\u00fbtant, qui captive et capture l&rsquo;auditeur aussi implacablement que l&rsquo;\u00e9toile de la mort aspire en elle le vaisseau de Le\u00efa dans les sc\u00e8nes initiales de Star Wars IV.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais quand on \u00e9coute bien les paroles de ce refrain, on se rend compte que m\u00eame si la musique s&rsquo;y fait sensuelle, la noirceur demeure, \u00e9touffante, \u00e9crasante. Ce que dit en effet cette jeune femme au loup solitaire qui vient de l&rsquo;appeler en pleine nuit, c&rsquo;est \u00ab\u00a0Tu n&rsquo;as pas chang\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Et de fait, bien des hommes qui pr\u00e9tendent avoir chang\u00e9 n&rsquo;ont en fait que maquill\u00e9 leur comportement, tout en gardant la m\u00eame personnalit\u00e9. C&rsquo;est que changer, changer vraiment, cela prend du temps, beaucoup de temps, et cela demande des efforts, beaucoup d&rsquo;efforts. Et m\u00eame quand on croit s&rsquo;\u00eatre extirp\u00e9 de la gangue dans laquelle on \u00e9tait englu\u00e9, on n&rsquo;est jamais \u00e0 l&rsquo;abri d&rsquo;une rechute\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0There&rsquo;s something inside you,<\/p>\n\n\n\n<p>it&rsquo;s hard to explain<\/p>\n\n\n\n<p>They&rsquo;re talking about you, boy,<\/p>\n\n\n\n<p>but you&rsquo;re still the same\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Kavinsky - Nightcall (Drive Original Movie Soundtrack) (Official Audio)\" width=\"1230\" height=\"692\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/MV_3Dpw-BRY?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID978\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"978\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-978\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce morceau puissant et hypnotique est le fruit d&rsquo;une collaboration entre deux personnalit\u00e9s phares de la French touch, Kavinsky et Guy-Manuel Homen-Christo (l&rsquo;un des deux motards de Daft Punk), qui&hellip;<a href=\"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/2024\/05\/27\/kavinsky-nightcall\/\" class=\"more-link\"><span class=\"more-button\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\">Kavinsky &#8211; \u00ab\u00a0Nightcall\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/a><\/p>\n<!-- templates\/buttons-placeholder.php -->\n<div class=\"da-reactions-outer TpostID978\">\n\t    <div class=\"da-reactions-data da-reactions-container-async center\"\n         data-type=\"post\"\n         data-id=\"978\"\n         id=\"da-reactions-slot-post-978\">\n        <div class=\"da-reactions-exposed\">\n\t\t\t<img src=\"https:\/\/gregoryderville.com\/wp-content\/plugins\/da-reactions\/assets\/dist\/loading.svg\" alt=\"Loading spinner\" width=\"64\" height=\"64\" style=\"width:64px\" \/>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":979,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[81],"tags":[38,233],"class_list":["post-978","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-musique","tag-electro","tag-kavinsky"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/978","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=978"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/978\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5832,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/978\/revisions\/5832"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/979"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=978"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=978"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gregoryderville.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=978"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}