The La’s était un groupe de britpop assez méconnu venu de Liverpool, qui n’a sorti qu’un seul album, au tout début des années 90 – un album culte pour beaucoup, et qui a quand même marqué quelques mémoires pour sa pochette surprenante (un très bel œil féminin grand ouvert).

Malheureusement ce groupe a gâché méthodiquement son talent, en grande partie à cause de la quête de perfection aussi obsessionnelle que vaine de Lee Marvers, son leader, compositeur et chanteur. Peut-être qu’avec un peu plus de souplesse, ces quatre là auraient pu occuper une place de choix dans l’histoire de la britpop, comme les traits d’union entre The Smiths d’un côté, Blur et Oasis de l’autre? Qui sait.
« There she goes » a été écrite en 1988, alors que les La’s n’arrivaient pas à sortir grand-chose de leur laborieux travail en studio, qu’ils avaient épuisé plusieurs producteurs, et qu’il fallait absolument rentrer du cash.
C’est peut-être la raison pour laquelle Lee Marvers a bâti cette chanson pour maximiser les chances d’en faire un tube : elle est courte (2’51), et elle propose une mélodie simple, accrocheuse, facile à retenir et surtout joyeuse et entraînante (ce qui était une caractéristique fondamentale de la britpop). Tout au long de la chanson ou presque, le petit arpège de guitare acoustique qui l’introduit revient encore et encore, lui donnant un tour très addictif. À mon avis, les Beatles (un autre quatuor de Liverpool) n’auraient pas forcément dédaigné intégrer cette pop song imparable et quasi parfaite dans l’un de leurs premiers albums.
Cependant, le texte est beaucoup moins lumineux que la musique, puisqu’il fait clairement référence à l’héroïne (« There she blows again / pulsing through my veins » / « No one else could heal my pain » ). Je n’ai pas employé l’adjectif « addictif » par hasard…