Si vous avez regardé la première saison de la série « Empathie », petit bijou plein d’humour et d’humanité, vous avez peut-être eu un coup de cœur en écoutant cette chanson du québecois Pierre Lapointe, un piano voix solennel qui apparaît dans le cinquième épisode.
Les couplets n’ont pas spécialement retenu mon attention (je les trouve un poil maniérés), mais le refrain, en revanche, m’a immédiatement touché, grâce à la mélodie montante puis descendante, au léger vibrato de Pierre Lapointe, et surtout grâce à ces « mots des pauvres gens » , comme le disait Léo Ferré : « Je déteste ma vie, c’est long, ma vie, sans toi / Je sais trop que ma place est dans tes bras. »

En allant fureter sur le net pour en savoir davantage, j’ai découvert que contrairement à ce que j’avais d’abord cru, ce n’est pas seulement une chanson écrite par un homme qui est douloureusement éloigné de la personne dont il est amoureux : Pierre Lapointe l’a aussi composée en pensant à sa mère, qui était atteinte de la maladie d’Alzheimer et qui lui était devenue inaccessible. Dans la mesure où la série de Guillaume Lonergan aborde le sujet de la santé mentale et où plusieurs personnages sont eux aussi en train de se dissoudre, le choix de cette chanson pour l’illustrer apparaît assez évident.
Bien entendu, on peut aussi y voir aussi une chanson d’amour au sens le plus commun du terme, parce que quand il manque, cet amour-là aussi rend la vie bien longue, parfois même interminable…