Depuis 1997, j’enseigne la science politique à l’Université de Lille. Actuellement je donne notamment un CM d’Introduction à la science politique en L1 (avec la responsabilité de l’équipe pédagogique des TD), et un cours sur l’Ecologie politique en L2, dans lequel j’aborde les conséquences économiques, sociales, politiques ou géopolitiques de la crise écologique, les différents courants de l’éthique écologique, la politisation de l’environnement, les lignes de fracture entre les différents courants qui se réclament de l’écologie politique…
J’ai aussi donné pendant de nombreuses années un cours sur les Politiques environnementales en M1 (sur le concept de développement durable, les instruments de l’action publique environnementale, les principales politiques environnementales sectorielles…). J’ai aussi enseigné sur les médias et la communication politique, sur la sociologie politique, sur les politiques sociales…
L’année prochaine, je vais être en charge d’un module de deux heures sur l’éco-anxiété qui sera donné à l’intégralité des étudiant·es de la Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociales (en droit, en science politique et en AES). C’est un sujet qui est en train de fracasser un grand nombre de jeunes, notamment parmi celles et ceux qui sont déjà fragiles sur le plan psychologique (troubles anxieux généralisés, TDAH…). C’est un sujet qui me tient particulièrement à coeur.

Après avoir été responsable pendant plusieurs années d’un parcours de master de science politique intitulé « Communication politique et démocratie participative », depuis cette année je suis responsable d’un nouveau parcours intitulé « Transitions écologiques des territoires », qui a pour but de former des professionnel·es de l’action publique dans le domaine des politiques environnementales locales, pour des employeurs divers (collectivités publiques, associations, bureaux d’étude, PNR, Agences de l’eau…), et sur des dossiers variés (PCAET, biodiversité, agriculture de proximité, transports décarbonés, réduction et réemploi des déchets, éducation à l’environnement…) Ce parcours, que j’ai porté et créé depuis l’hiver 2023-2024, est désormais concrétisé 😊. La première promotion est recrutée, elle est excellente (ce master est d’ores et déjà très sélectif: il y a parmi les recalé·es des jeunes qui avaient eu plus de 16 au Bac). L’équipe pédagogique est constituée, elle est très solide. Les premiers cours seront donnés en septembre 2026. Voici deux posts dans lesquels je décris cette formation qui me tient très à coeur:
– un post sur le contenu du master, la maquette, les débouchés, etc.
– et un post avec une petite vidéo de 5 minutes où je dis la même chose de façon résumée.
La création de ce parcours va me permettre de faire ce que je préfère dans mon métier d’enseignant : enseigner sur les sujets qui me passionnent (en l’occurrence ce sera un CM sur l’action publique environnementale), mais aussi et surtout accompagner les étudiant·es vers l’insertion professionnelle pendant deux ans, via le suivi du projet collectif de parcours (qui se déroule sur deux ans) et l’accompagnement de la recherche et du déroulement des stages en M2. Je suis en train d’essayer d’organiser un voyage d’études de trois jours dans un PNR, qui n’est pas maquetté mais qui sera un plus très apprécié.
Le démarrage de ce nouveau parcours TET est très enthousiasmant pour moi, surtout dans un contexte global où il devient évident pour tout le monde (sauf pour les sociopathes ou les imbéciles) que nous courons à la catastrophe et que nous devons de toute urgence transformer radicalement nos vies individuelles et nos organisations sociales, économiques et politiques… ce à quoi vise justement ce master.
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Depuis l’enfance, je suis très intéressé et préoccupé par les thématiques écologiques, même si évidemment je ne connaissais pas vraiment le sens de ce mot (dans mes jeunes années j’étais surtout motivé par l’envie de « défendre la nature » et surtout de « protéger les animaux »).

Lorsque j’ai vécu à Beauvais, entre 2000 et 2020, je me suis beaucoup engagé dans des associations du secteur de l’environnement. J’ai notamment été membre du bureau de l’association locale de promotion de l’usage du vélo en ville (Vellovaque), j’ai participé à deux associations de jardin partagé… J’ai aussi été membre fondateur et très impliqué dans le collectif associatif et citoyen Beauvais en transition, qui organise des actions de sensibilisation et d’échanges de savoirs et de savoir-faire pratiques.
J’ai marié cette double casquette (enseignant et sympathisant / militant écologiste) en écrivant deux livres qui ont été publiés chez l’éditeur Terre vivante (spécialisé dans « l’écologie pratique »): le premier sur la permaculture (sa définition, ses éthiques, ses principes, et la façon dont on peut la mettre en oeuvre concrètement à travers le design permaculturel), et le second sur les stratégies pour enclencher et amplifier des démarches de transition écologique sur les territoires.
Suite à la parution de ces deux livres, j’ai donné pas loin d’une centaine de conférences et de formations sur ces différents thèmes, un peu partout en France, à l’invitation de collectivités, de salons écologiques, d’associations, d’entreprises, de médiathèques…
Je suis quelqu’un d’extrêmement sensible, et cela se manifeste par un intérêt prononcé pour la psychologie (il faut dire que j’ai connu une grave dépression et que j’ai suivi en 2016-2017 une thérapie très éprouvante mais qui m’a sauvé la vie), et pour diverses pratiques d’expression à commencer par la musique. Depuis 2020, j’ai écrit plus d’un millier de chroniques musicales (plus de 1250 à ce jour), dans lesquelles j’aborde toutes sortes de thèmes, et dans lesquelles je me livre beaucoup. Il y a sûrement des gens que ça agace ou qui trouvent cela impudique, mais peu importe : c’est moi, cela m’aide à m’accepter et à m’assumer comme je suis, et je suis soulagé et heureux de m’être engagé sur ce chemin, d’autant plus que cela m’a valu de belles relations, et parfois même de merveilleuses relations, et des extrasystoles.
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Aujourd’hui je suis installé dans le sud-ouest du Limousin, où je travaille à jeter les bases d’un écolieu inspiré par les principes de la permaculture.
J’ai eu pas mal de chance dans la vie, et j’en ai encore. J’ai grandi dans un pays privilégié et dans un milieu social assez favorisé, je suis né homme et blanc, j’exerce un métier valorisant et correctement payé, je n’ai jamais connu la précarité ni la moindre discrimination, j’ai pu vivre à peu près comme je le voulais… On peut dire que sur tous les plans ou presque je suis du bon côté du manche. Mais j’ai bien conscience d’avoir eu pendant trop longtemps un mode de vie qui, malgré mes convictions écolo-bobo, a contribué au désastre écologique (et social). Moins que d’autres bien sûr, mais trop, beaucoup trop. Alors aujourd’hui j’essaye de beaucoup moins y contribuer, à ce désastre, et même si possible de réparer: créer un lieu plus résilient pour une dizaine de personnes, planter des arbres, installer de nouvelles niches écologiques, laisser la nature sauvage regagner du terrain…
Ce qui m’anime sur ce lieu est assez bien retranscrit dans cette courte vidéo de Ben Falk, un designer en permaculture installé dans le Vermont, un petit état du nord-est des Etats-Unis. Je suis surtout très touché par les derniers mots de ce petit extrait : « J’ai réalisé que je pouvais non seulement faire moins de « mal » en vivant de cette manière, mais que je pouvais en fait faire du « bien » . Pas seulement jeter moins, utiliser moins de ressources, mais plutôt augmenter les ressources, comme produire la fertilité du sol, créer de l’habitat pour les animaux. Avoir un impact positif, pas seulement moins d’un impact négatif. Et au lieu de réduire mon impact, maintenant je veux augmenter mon impact le plus possible. Je veux avoir l’impact le plus positif possible au cours de ma vie. »
Avoir l’impact le plus positif possible au cours de ma vie, c’est un peu le programme que j’essaye de suivre depuis quelques années, dans toutes les dimensions de ma vie, sur mon lieu comme dans ma façon d’enseigner et dans mes relations avec celles et ceux qui me côtoient, avec celles et ceux que j’aime et qui sont au coeur de mon coeur (« comme le disait André Gide dans Les nourritures terrestres, « Mon bonheur est d’augmenter celui des autres« ). Changer les choses, en bien. Je voudrais que mon existence ne soit pas vaine. Et désormais je crois qu’elle ne l’est pas.


