La minute de silence en son hommage, l’affiche sur la façade de l’hôtel de région Région Auvergne-Rhône-Alpes, la demande par Jean-Michel Aulas que la mairie de Lyon rende hommage à ce nazillon, tout cela était déjà révoltant et écoeurant. Ecoeurante aussi était l’hypocrisie de l’extrême-droite, de la droite et même de la Macronie, alors qu’on savait très bien que Quentin Deranque était venu pour casser du LFI (et de l’antifa, et du bougnoule, et du pédé), et que lui et son organisation avait programmé des affrontements, en organisant même un guet-apens avec les furies de Nemesis (les vrais féminazies, ne sont bien elles!).
Maintenant que les éléments sur l’idéologie effroyable de Quentin Deranque sont rendus publics grâce à l’enquête de Mediapart, les mots manquent pour exprimer le dégoût que l’on ressent à voir la droite anciennement « républicaine » se vautrer dans une telle compromission avec des néo-nazis assumés. Ces gens là se sont définitivement déshonorés.
Bien sûr, ce jeune n’aurait pas dû être frappé comme il l’a été. Il n’en reste pas moins que c’était une pourriture. Voilà le genre de rassemblement auxquels il participait…
Et pour illustrer l’ampleur de son engagement en faveur de l’idéologie nazie, de son racisme, de son antisémitisme, de son sexisme, de son homophobie, je recopie ci-dessous l’excellent texte publié sur FB par un certain Yann Faune, que je ne connais pas, mais qui a tout dit.
On en sait plus sur la personnalité de la victime lyonnaise de la bataille rangée du 12 février dernier. Sa famille et ses proches ont naturellement le droit de le pleurer. Une vie est une vie et la douleur, un ressenti qui ne se discute pas.
Pour le reste, comment ne pas rester médusé ?
Le président de région, applaudi par son premier soutien Jean-Michel Aulas (lui-même prompt à dénoncer « les extrêmes ») aura, en effet, réussi l’exploit d’afficher sur la façade de l’Hôtel de Région le portrait d’un jeune néo-nazi convaincu.
Un apologiste de la solution finale, suprémaciste blanc, xénophobe, raciste, antisémite absolu, négationniste, homophobe au dernier degré – qui s’entraînait dans des « clubs de boxe », avec des militants triés sur le volet, pour « la guerre raciale ».
Qui envoyait, tout le jour durant, des milliers de messages sur les réseaux sociaux pour soutenir le nazisme, vanter avec science et érudition les mérites du fascisme et traiter de « bouègres » (contraction de bougnoules et de nègres) les « millions d’arabes et de noirs présents sur le sol français ».
C’est ce que nous apprend la documentation sur la correspondance et les prises de position en ligne sous pseudo, de Quentin Deranque, exhumée par Mediapart.
Des milliers d’écrits, étalés sur des années qui dessinent une vision cohérente du monde, haineuse et située. Il proposait entre autre de déterrer, pour la fusiller, l’avocate Gisèle Halimi. Traitait de sal*pe et de p*te Simone Veil, dont il considérait qu’elle avait causé plus de morts d’enfants innocents que Birkenau (du fait de son action pour la liberté de recourir à l’IVG).
D’ailleurs, l’immigration des africains en France lui paraissait beaucoup plus préjudiciable à notre pays que l’occupation allemande. Il assumait préférer largement la présence de « blonds dolicocéphales aux yeux bleus » – un terme instrumentalisé par les eugénistes nazis – à celle de « noirs aux grosses narines et aux lèvres disproportionnées ».
Il se revendiquait également ouvertement raciste, considérant que c’était « 100% normal » ; et le fait que le RN ait été fondé par des Waffen SS : « une très bonne chose ».
Il n’hésitait pas à apporter son écot au projet « Total Niggers death » (mort totale aux nègres) qu’il postait régulièrement en ligne, en alternance avec des projets de déportation des musulmans. Mécanisme dont il était féru, puisqu’il aimait plaisanter sur la « qualité du transport ferroviaire allemand dans les années 40 ».
D’ailleurs, il était obsédé par Hitler (en bien), votait pour le parti Forteresse Europe, soutenait l’équipe d’Autriche de football (les autres clubs étant bien « trop mixtes ethniquement » à son goût) et assurait que la nationalité française devant être réservée suivant un « critère de blanchité ».
Au total, le bilan est consternant. Le jeune homme a été présenté comme un enfant de chœur. Alors qu’en vérité, il est mort dans un combat de rue auquel il s’était préparé, qu’il avait recherché, à l’invitation d’une jeune femme elle même fascinée par les armes, la violence, les emblèmes et le projet nazi.
Mediapart nous apprend que dans les derniers entraînements auquel il avait participé, il s’était montré extrêmement habile dans le maniement du couteau.
Le parti de Jordan Bardella continuait encore ces derniers jours d’ériger le militant en martyr. Le 6 mars, lors d’un meeting de soutien à Matthieu Valet, candidat lepéniste aux municipales à Lille, le vice-président du RN Sébastien Chenu a dédié le début de son discours à « ce jeune homme qui a laissé sa vie pour défendre des idées », « pour en réalité, défendre NOS idées ou défendre plutôt l’idée qu’il se faisait de notre pays ».
Vu ses fréquentations, rien d’étonnant … mais pour celles et ceux qui ont plutôt à cœur l’idée d’une République une et indivisible, il n’y avait en revanche aucune raison de nous imposer une minute de silence … ou d’avoir à supporter qu’on érige en exemple une figure pareille.
[La source de l’enquête de Mediapart: https://www.mediapart.fr/journal/france/120326/quentin-deranque-catholique-traditionaliste-la-ville-et-neonazi-en-ligne]
