The Waterboys, « This is the sea »

The Waterboys est un groupe britannique mené par l’écossais Mike Scott, surtout connu pour avoir été dans les années 80 l’un des fers de lance de ce qu’on a alors appelé le « rock héroïque », avec Simple Minds, et U2 bien entendu.

Le côté lyrique et parfois grandiloquent de ce courant musical se repère en effet dans ce morceau de bravoure qui ressemble à un long poème, ou plutôt à une épopée ou une odyssée par anticipation, un hymne à la libération plus encore qu’à la liberté (d’ailleurs Mike Scott récite ou déclame plus qu’il ne chante).

On ne sait pas bien si l’écossais s’adresse à quelqu’un d’autre, sans doute plus jeune et moins expérimenté que lui, ou à lui-même (il n’était alors qu’un jeune homme de vint-six ans), mais en tous cas le message est clair : à l’adresse d’une personne qui est sur le point de prendre une décision qui va changer sa vie à jamais, et qui subit ce que Victor Hugo appelait une « tempête sous un crâne » , c’est une exhortation à oser, à se lancer, à ne pas rester encalminé à la croisée des chemins, à ne pas continuer à être retenu, scotché, englué par le passé, les souvenirs, les chaînes et les peurs. Oui le changement et le saut vers l’inconnu terrorisent et tordent le bide (« You got a war in your head / and it’s tearin’ you up inside » ), oui tu ne sais pas exactement vers où tu vas aller ni comment ça va se dérouler, mais si te lances, si tu te jettes à l’eau, tu gagneras en liberté ce que tu perdras en certitudes, en frustrations et en douleurs nées de ton quotidien actuel. Quand tu auras franchi le pas, alors tu pourras te retourner en arrière, contempler les jours, les mois et les années vides de sens et d’amour que tu viens de subir, et tu pourras te dire à toi-même : « Now you are free » .

De la peur, beaucoup de peur, mais au bout du chemin, enfin le soulagement, la délivrance, la paix, la joie, le plaisir, et en tous cas le champ des possibles à nouveau ouvert. C’était une rivière tumultueuse et violente : voici la mer, grande et belle. Est-ce de l’héroïsme de ressentir et de penser ainsi ? Peut-être. Mais dans ce cas, il nous arrive à toutes et tous d’avoir un immense et dévorant besoin de cet héroïsme.

« Now I hear there’s a train

It’s comin’ down the line

It’s yours if you hurry

You got still enough time

You don’t need no ticket

And you don’t pay no fee

You don’t need no ticket

And you don’t pay no fee

That was the river

This is the sea »

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