Si vous avez un jardin et un peu de place (à peu près comme pour un cassissier), alors vous DEVEZ planter quelques camérisiers. En tous cas tous si votre sol s’y prête (plutôt acide, comme c’est le cas par exemple en Limousin ou en Bretagne) – ils n’aiment pas trop les sols calcaires, dans ce cas on peut les cultiver dans un gros pot.
Aussi appelé chèvrefeuille bleu ou lonicera caerulea, cet arbuste de 1,5 à 2 mètres de haut donne de petits fruits de 1,5 cm maxi, très précoces, d’où leur nom de « baie de mai » (quoi qu’avec le changement climatique elles devraient peut-être s’appeler « baies d’avril » puisque cette année j’en mange depuis le 15 avril environ), et totalement résistants au gel tardif (il paraît qu’ils supportent -15 C° sans broncher – l’arbuste pour sa part peut supporter des froids au moins deux fois plus rudes).
Idéalement il faut aux camérisiers une exposition à mi-ombre dans le sud de la France, et en plein soleil dans le nord. Je suis à peu près au milieu et les miens sont en plein soleil, et de fait je constate le cagnard d’été leur fait carrément cramer toutes les feuilles, ce qui m’inquiète chaque année… mais chaque printemps ils repartent vaillamment, et ils grandissent bien. Pour l’instant ça n’est pas gênant, et j’ai même l’impression que c’est avantageux: comme la fructification est en mai, cet emplacement permet d’accélérer et d’étaler la récolte (les premières baies comestibles sont celles exposées au sud, les autres mûrissent plus tard). Cela dit par précaution je vais installer d’autres camérisiers à mi-ombre, pour me prémunir contre la mort éventuelle de ceux que j’ai aujourd’hui pendant une prochaine sécheresse.
Il est important de planter au moins 2 ou 3 pieds de plusieurs variétés différentes pour qu’il y ait une pollinisation plus efficace (et donc pour avoir des fruits plus nombreux et/ou plus gros). Personnellement j’en ai installé quatre, dont un « Boreal beauty » et un « Aurora » achetés sur un site spécialisé dans les petits fruits… et une troisième variété dont j’ai oublié le nom. La plus sucrée est Aurora.
Les pépiniéristes conseillent de planter les pieds espacés de 80 centimètres, mais pour ma part je trouve que ce n’est pas assez: mes 3 plus gros camérisiers font aujourd’hui presque ma taille et ils sont de plus en plus larges (leurs branches commencent à se mélanger depuis l’année dernière!)
Les baies de mai (et non pas « baise de mai », comme me le propose mon correcteur facétieux
) sont très acidulées (et même trop si on les cueille avant la pleine maturité: pour être vraiment succulentes elles doivent avoir perdu leur couleur violacée et être franchement bleues). Leur goût ressemble un peu à celui de la myrtille. Elles sont aussi bourrées de vitamines (notamment B et C), ce qui n’est pas un luxe à la sortie de l’hiver. Je ne suis pas le seul à trouver ce fruit délicieux: quand il est venu passer en mai l’année dernière, Dorian s’en est gavé plusieurs fois par jour.
L’inconvénient c’est que, « il ne faut pas se le cacher », ça prend du temps et c’est assez fastidieux à récolter. Etant donné les rendements et la petite taille de ce fruit, ce n’est pas lui qui va nourrir le monde. Mais enfin avec 4 pieds de plus de 1,5 mètre, l’an dernier j’ai récolté un grand bol de baies de mai chaque jour pendant 3 semaines, et cette année ça part encore plus fort: après avoir picoré quelques baies depuis une semaine, hier le 25 avril je me suis dit qu’il était temps de faire une vraie récolte, et je suis revenu à la cuisine avec 700 grammes d’un seul coup!
Les baies poussent sur toutes les branches, à toutes les hauteurs : c’est LE petit fruit idéal pour finir le repas en picorant un dessert gourmand, au fur et à mesure que les fruits mûrissent, pendant toute la période de fructification (qui dure trois ou quatre semaines environ). Idéal si vous avez des enfants ou des petits-enfants ![]()
La baie de mai se conserve parfaitement au congélateur, ce qui me permet d’en manger en petites quantités, pendant l’hiver ou tout début de printemps, avec un peu de fromage blanc
Sinon on peut en faire des smoothies ou des jus, mais aussi des gelées ou des confitures (ça je n’ai pas essayé).
Etant donné le prix pas tout à fait donné des camérisiers (entre 15 et 30 euros selon la taille de l’arbuste), le bouturage est une option intéressante, mais ça marche beaucoup moins pour cet arbuste que pour le cassissier ou le groseillier. J’ai essayé de bouturer un de mes camérisiers en fin d’été 2023 (boutures semi aoutées), mais sans succès. J’ai fait une nouvelle tentative à l’automne 2024, cette fois-ci ça a marché: la moitié des tiges en pépinière ont repris et ont produit assez de racines pour passer l’été 2025. Je les ai laissées en pépinière (à mi ombre!) pour grandir encore cette année avant que je les installe. Et à l’automne, je bouture en masse!


Belle idée ! 🤩
Au bout de combien d’années commencent-ils à donner des fruits ?
Si on plante un arbuste assez grand, dès la première année j’en avais quelques-uns, et la deuxième année ça a décollé. Si c’est une bouture, sans doute au bout de 3-4 ans (mais ça dépend de l’emplacement où on le replante et de la richesse de la terre).