Ces derniers jours, ma maison a ressemblé à ce que j’aimerais qu’elle soit, car j’étais entouré d’une bonne partie des personnes qui sont au cœur de mon cœur : mes enfants, mon petit frère et sa famille, et quelques amis du coin ou venus de loin. Samedi soir nous avons fait la fiesta, il faisait doux, nous avons joué, nous avons ri. C’était bon.
Et pourtant je me suis surpris plusieurs fois à chantonner en moi-même « Il manque quelqu’un près de moi » . « D’où vient ce sentiment bizarre que je suis seul ? » Mais Michel, il n’y a rien de bizarre là dedans : c’est tout simplement que non, tout le monde n’est pas là. C’est tout simplement que je voudrais, en plus de ces proches aimé·es, avoir à mes côtés la femme qui me donne des extrasystoles, que j’ai envie de regarder amoureusement, sur qui j’ai envie de m’appuyer quand c’est dur pour moi, et dont j’ai envie de prendre soin (et pas que quand c’est dur pour elle). « I need my girl« , tout simplement.
Contrairement à ce que chante Michel Berger à propos de Paris, mon village n’est capitale de rien du tout, sauf peut-être pour les chroniques musicales et les parties de Colons de Catane. Mais le papillon que je suis a envie d’envoyer quelques mots d’amour à l’étoile qui a traversé sa vie : « Je t’envoie mon décor » , je t’envoie des images gravées des prairies, de l’étang, du ruisseau, de la cuisine ou des châtaignes qui roulent dans la main, des images imaginées des chevaux et du jardin rempli de fruits et de légumes… Et je me répète ces quelques vers qui insistent, et qui insistent encore :
« J’écoute les battements de mon cœur te répéter
qu’aucune musique au monde ne saura remplacer
quelques mots d’amour »