Décidément, tout ce que touche Trump est irrémédiablement sali et corrompu, à un niveau jamais vu.
Ça paraîtra anecdotique à beaucoup, notamment parmi mes ami·es écolos qui ne peuvent pas saquer le football (et quand je vois comment il évolue, je les comprends, même si je continue à aimer le foot que j’ai connu dans mon enfance, et donc j’ai parlé dans mon altercoupedumondedefootball en 2022), mais c’est très révélateur du mode de fonctionnement de Trump, et plus généralement d’un régime autoritaire : la FIFA (Fédération Internationale de Foutchebol Association) a annoncé qu’elle annulait le carton rouge (et donc la suspension automatique) de l’attaquant états-unien Folarin Balogun. Celui-ci s’était rendu coupable d’une vilaine semelle dans le match précédent, son carton rouge était on ne peut plus logique et légitime, et dans ce cas le règlement est clair et ne souffre d’aucune exception : un joueur qui reçoit un carton rouge doit être automatiquement suspendu le match suivant, point barre.
Cette décision de la FIFA fait suite à la demande de Donald Trump, qui l’a remerciée juste après son annonce sur son réseau social « Truth lol Social », en affirmant qu’une « injustice » lol avait été corrigée. Il faut savoir que selon le règlement de la FIFA, les équipes sanctionnées ne peuvent pas faire appel d’une telle sanction : seule la commission de discipline de la FIFA peut s’auto-saisir, au titre d’un nébuleux article 27 qui n’a été activé qu’une seule fois il y a plus de 15 ans. En l’occurrence c’est ce qui s’est passé, après l’appel de Trump à Gianni Infantino, le larbin raciste et corrompu qui lui lèche le cul depuis des années et qui lui avait remis en décembre 2025 le prix de la paix de la FIFA – méga lol.
C’est du jamais vu. Jamais un chef d’État n’a interféré ainsi dans les décisions de la FIFA pour les changer à l’avantage de son équipe nationale. Même Mussolini n’avait pas fait un truc de ce genre lors de la Coupe du monde 1934 en Italie, même Hitler n’avait pas fait un truc de ce genre lors de la Coupe du monde 1938 en Allemagne, même le général Videla n’avait pas fait un truc de ce genre lors de la Coupe du monde 1978 en Argentine, même Poutine n’a pas fait un truc pareil lors de la Coupe du monde en 2018 en Russie. (L’honnêteté oblige à rappeler qu’en 82, lors de la Coupe du monde en Espagne, le frère de l’émir du Koweit était descendu sur la pelouse pour demander – et obtenir – l’annulation d’un but de l’équipe de France, sous le regard médusé furibard de Michel Hidalgo en short et sandales, à l’époque le foot était encore vaguement amateur et donc encore fréquentable. Michel Denisot, qui commentait ce match en direct, était légèrement étonné : « Ah c’est tout à fait insolite comme démarche » ).
Pour revenir à Trump, on pourrait dire que cette démarche n’est qu’une manière de tricher typique du petit garçon capricieux et pleurnicheur et du vantard et menteur compulsif qu’il est (il est de notoriété publique qu’au golf il utilise tous les expédients possibles pour gagner, par exemple déplacer des balles ou rejouer des coups qu’il a ratés). Mais ça va bien au-delà. Ce clown sinistre orange a un tel sentiment d’impunité, son entourage incompétent et servile est tellement incapable de le prévenir qu’il est en train de faire une bourde, qu’il ne se cache même pas. Comme lorsqu’il s’était vanté d’avoir fait gagner des milliards à des amis qui avaient parié en bourse sur la remontée des actions avant qu’il batte en retraite la queue entre les jambes sur les droits de douane, Trump et son administration, c’est la corruption arrogante et au grand jour.
« C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup » , car cette façon de faire ingérence dans tout selon son bon vouloir, cette façon de modifier ou d’annuler tout ce qui déplaît, c’est une attitude typique des régimes autoritaires, ce que les États-Unis trumpistes sont en train de devenir.
États-Unis / Belgique, en 8ème de finale de cette énième Coupe du Monde de la honte, c’est cette nuit à 2 heures du matin. J’ai toujours aimé la Belgique (j’étais même pour elle lors de la fameuse demi-finale de 1998, celle du but d’Umtiti), mais cette fois-ci je serai plus que jamais son supporter.
