Depuis des années, je dis régulièrement que plus les effets de la crise écologique vont devenir dramatiques et effroyables, et plus les partisans du business as usual vont se radicaliser dans sa défense, plus ils vont prendre l’habitude de désigner les écologistes comme des boucs émissaires : ils sont et ils seront de plus en plus prêts aux mensonges les plus éhontés et aux accusations les plus délirantes pour sauver le capitalisme, qui est pourtant LE principal responsable du désastre écologique (et pour sauver par la même occasion le statut privilégié qu’ils y occupent). À chaque épisode dramatique, que ce soit une canicule, une sécheresse, des méga-feux ou des inondations, les élus et les dirigeants et les médias au soutien du RN, de LR et même de la Macronie s’empressent et s’empresseront de plus en plus d’accuser lézécolos d’en être les responsables, à chaque fois de façon de plus en plus fausse et délirante – mais c’est comme avec Trump, plus c’est gros plus ça passe.
Souvenez-vous des inondations à Valence à l’automne 2024 : elles ont soi-disant été causées par les zécolos qui ont empêché que l’on cure les cours d’eau et les zones humides. En réalité, c’est justement l’une des choses qui accélèrent la circulation de l’eau vers l’aval et qui empêchent les écosystèmes humides de faire tampon et d’absorber une partie des précipitations torrentielles.
Ces derniers mois, quand les tensions sur l’approvisionnement en carburants sont devenues très vives, là aussi c’était de la faute aux zécolos. À vrai dire je n’ai pas bien réussi à comprendre ce qu’on leur a reproché. C’est Sandrine Rousseau ou Marine Tondelier qui a déclaré la guerre à l’Iran ? C’est elles qui ont manoeuvré pour prolonger la dépendance de la France au pétrole, par exemple en discréditant les véhicules électriques, ou en exigeant que la France baisse les taxes sur les produits pétroliers et que l’Union Européenne revienne sur l’interdiction des moteurs thermiques en 2025 ? Dans ce cas j’ai du raté quelques trucs). J’ironise, mais de toutes façons à droite et à l’extrême-droite on est aujourd’hui totalement convaincu de la validité de l’axiome d’Eric Chiotti, aussi appelé théorème de Pascal Prout : « Tout ce qui va mal et qui n’est pas de la faute des zimmigrés ou des woke est forcément de la faute des zécolos » .
Quant à la canicule de juin 2026, là aussi elle est de la faute des zécolos et des idéologues de la décroissance : si des gens sont morts ou se sont épuisés pendant les nuits au point qu’ils ont travaillé pendant une semaine « au ralenti » (comme l’a dit le président du MEDEF), c’est parce que lézécolos ont empêché que l’on développe massivement le nucléaire et la climatisation. Je ne savais pas que l’écologie politique et les mouvements décroissants étaient au pouvoir depuis 50 ans, mais bon, c’est peut-être que j’étais en hibernation. Ce que je sais en revanche, c’est que la focalisation sur ces solutions technologiques est totalement à côté de la plaque. D’une part, le nucléaire ne suffira jamais à satisfaire ne serait-ce que 10% de la totalité de l’énergie consommée dans le monde, et puis il y a tout un tas de choses qu’il va être un tout petit peu difficile d’électrifier à 100% (les avions, les bateaux, les camions, les tracteurs, les tractopelles, les débroussailleuses, les grues, les moissonneuses-batteuses, etc.). Surtout si on veut le faire non seulement pour quelques milliards de happy fews occidentaux d’aujourd’hui, mais pour l’intégralité des humains et « pour les siècles des siècles » (ce qui devrait quand même être le cas si on se situe réellement dans le développement durable). Quant à la climatisation, c’est un exemple quasi parfait de maladaptation, puisqu’elle ne fait que mettre une rustine sur une petite partie du problème, tout en l’aggravant au niveau global et pour celles et ceux qui ne peuvent pas en bénéficier : elle refroidit les bâtiments qui en sont équipés, mais elle réchauffe tout ce qu’il y a autour. Pire encore, elle donne à celles et ceux qui en sont équipés une fausse impression de sécurité, elle les empêche de se rendre compte de la gravité et du caractère meurtrier des canicules, elle tend à les dissuader de modifier radicalement leurs mode de vie et leurs pratiques de consommation ou de déplacement… et donc elle tend à retarder les efforts indispensables et urgents d’atténuation du changement climatique.
À supposer qu’on puisse climatiser 100% des logements de France et faire fonctionner 100% des climatiseurs avec de l’électricité nucléaire (on peut toujours délirer), on fait comment pour climatiser les champs et les forêts ? Quand les écosystèmes auront été anéantis par des canicules de plus en plus nombreuses et intenses, quand la faune et la végétation sauvages auront quasiment disparu, quand les forêts auront grillé sur pied ou brûlé, quand il n’y aura plus d’auxiliaires de culture autour des champs (par exemple plus d’oiseaux pour réguler les populations de chenilles), et quand il fera 48 degrés le jour et 32 degrés la nuit dans la Beauce ou le Santerre, quand en plus il n’aura quasiment pas plu pendant 2 ou 3 mois, on fera comment pour faire pousser des plantes et pour récolter de quoi vous nourrir et nourrir nos gosses ?
J’imagine que les droitardés espèrent faire partie des quelques privilégiés qui survivront un peu plus longtemps que les autres dans leurs logements frais en été et confortablement chauffés en hiver, mais comment feront-ils pour ne pas crever de faim et de soif ? Faut-il être stupide, inconscient et égoïste jusqu’à l’inhumanité pour penser que c’est un avenir plus désirable que celui de la décroissance solidaire.
Dans quelques semaines, on entendra parler d’inflation insupportable sur des denrées alimentaires, du fait de la hausse du coût des engrais à cause de la guerre en Iran, mais aussi du fait de la canicule et de la sécheresse. Là encore, je parie que ce sera encore de la faute des zécolos qui « empêchent nozagriculteurs de produire » alors que « l’agriculture française est la plus vertueuse du monde » (LOL). Oui parce que ces gros mythos sont totalement incapables d’imaginer qu’il existe des peuples qui produisent de la nourriture de façon très productive et très durable, en respectant les principes de l’agroécologie ou de la permaculture comme monsieur Jourdain faisait de la prose, simplement parce que c’est le bon sens et c’est la seule manière de ne pas détruire le vivant dont on a besoin pour se nourrir.
À tous ces droitardés j’ai envie de demander : est-ce que de temps en temps vous avez conscience de votre connerie intersidérale ?
Bien sûr, du point de vue de ces (ir)responsables politiques, c’est très utile de pointer du doigt lézécolos, car cela permet de détourner l’attention des vraies causes de ces différents phénomènes catastrophiques, qui sont toutes la conséquence de l’inaction écologique :
– la baisse beaucoup trop lente au niveau français des émissions de GES, notamment dans le domaine des transports (tout voiture, tout camion, aviation civile…), et la poursuite de leur hausse au niveau mondial.
– la bétonnisation et la goudronnisation des sols autour des grandes métropoles, qui permettent à l’eau de dévaler et d’envahir les villes pendant les épisodes de pluies intenses, qui piègent le rayonnement solaire avant de le restituer le soir et la nuit, qui augmentent la dépendance à la voiture, et donc les températures, notamment durant les canicules. Rappelez moi déjà qui a voté contre les projets de loi sur le zéro artificialisation des sols ? Les zécolos, ou le RN et LR ?
– l’agriculture industrielle, qui cultive en monoculture dans d’immenses champs sans haies ni fossés ni zones humides (ce qui augmente les températures au sol et réduit la capacité des sols à absorber et à stocker de l’eau), qui utilise massivement des produits chimiques destructeurs du vivant (à commencer pas les insectes sans lesquels toute agriculture est impossible)…
– le quasi abandon en rase campagne de la politique de rénovation thermique des bâtiments publics et des logements, qui de ce fait deviennent de véritables bouilloires thermiques en plus d’être des passoires thermiques en hiver.
– etc. etc. etc.
>> TOUS les scientifiques qui travaillent sur les manifestations de la crise écologique constatent de façon objective qu’elles sont de plus en plus fréquentes, de plus en plus brutales, de plus en plus enchaînées, de plus en plus catastrophiques. La quasi totalité de ces scientifiques établissent que ce qui en est la cause, c’est le modèle de développement occidental, c’est-à-dire le modèle de développement industriel, capitaliste, productiviste et extractiviste. Il est aujourd’hui scientifiquement documenté que ce qui est « punitif », c’est l’absence d’écologie, c’est l’acharnement aveugle à prolonger l’agonie de ce modèle économique et social qui est en train d’anéantir toute chance de préserver une planète habitable ; c’est la lenteur coupable avec laquelle les dirigeants politiques et économiques « adaptent » la société française à l’effondrement écologique ; plus largement, c’est leur incapacité totale à comprendre qu’au delà d’un certain stade d’effondrement (et peut-être qu’on y est déjà), on ne peut PAS s’adapter, ou ne pourra PAS s’adapter. En 2024, Christophe Béchu, alors ministre de la transition écologique, avait annoncé vouloir réunir « élus, citoyens, acteurs, société civile et experts pour échanger sur la nécessaire adaptation de la France face au + 4 °C prévu d’ici à la fin du siècle« . On vient de voir ce qui s’est passé alors qu’on en est à + 1 °C : ces gens-là ont-ils vraiment envie de tester les + 4 °C ? Sont-ils assez taré·es pour croire vraiment que ce sera possible ? Comme le dit fort justement le journaliste du Monde Stéphane Foucart, le caractère totalement illusoire de cette perspective paraît désormais évident, de même qu’est évidente que la nécessité absolue de changer de braquer dans les politiques d’atténuation du changement climatique : « La canicule qui s’achève montre sans l’ombre d’un doute que, sans mesures fortes d’atténuation, l’adaptation sera impossible. »
Et pourtant ces jours-ci les mêmes imbéciles persistent à vomir leur détestation de « l’écologie punitive » (« Errare humanum est, perseverare diabolicum« ), et à fantasmer sur la capacité des mécanismes de marché et de l’innovation technologique à nous fournir comme par miracle l’intégralité des solutions à la crise écologique. Je pense par exemple Retaïaut qui a annoncé qu’il sera le président d’une écologie « qui ne punira pas » (comprenez qui laissera faire, qui ouvrira encore plus grand les vannes de l’exploitation et de la destruction des écosystèmes).
Face à ce spectacle, je sens monter en moi une colère, et même une rage, qui devient vraiment difficile à contenir. Ces gens ont l’indécence d’accuser la gauche et l’écologie politique d’être les responsables du désastre, de mettre en danger leur identité culturelle et de vouloir empêcher les Français de vivre comme ils l’entendent, mais ils ne sont même pas capables de se rendre compte que leur modèle économique, social et politique met en péril l’existence même de leur culture, de leur nation, mais aussi de leurs enfants, de leurs petits-enfants, de l’humanité toute entière. Comment est-ce possible d’être aussi stupide et suicidaire ? S’il y a encore des historiens et des historiennes dans un siècle, et si on n’a pas détruit toute preuve de la réalité comme est en train de le faire l’administration Trump aux États-Unis, ils et elles seront sans voix devant le suicide collectif orchestré par les élites politiques et économiques de notre temps.
La menace que lézécolos sur « notre mode de vie » et « nos traditions », parlons-en.
Il y a quelques temps, Laure Lavalette, députée du RN, a fait le buzz avec une séquence grotesque sur C-News durant laquelle elle dénonçait LFI en particulier et la gauche et le wokisme en général : « Ces gens-là, ils n’aiment pas la France, ils aiment pas nos institutions, ils n’aiment pas Noël, ils n’aiment pas les sapins de Noël, ils n’aiment pas les barbecues, ils n’aiment pas Miss France, ils n’aiment pas le Tour de France, ils aiment pas Sardou enfin, ils n’aiment pas ce que nous sommes. » Mais ce que vous êtes, madame Lavalette, va de toutes façons disparaître irrémédiablement, et beaucoup plus vite que vous l’imaginez, et quand bien même LFI, lézécolos et les woke seraient rayés de la surface de cette terre : tout simplement parce que l’essentiel de ce que vous êtes et de votre mode de vie est fondé sur des processus productifs qui sont en train de rendre la planète inhabitable.
J’ai vécu pendant 20 ans à Beauvais, en plein centre-ville, et les deux défilés des fêtes Jeanne Hachette, qui ont lieu chaque dernier week-end de juin, passaient sous nos fenêtres. Je n’étais pas très fan, mais je voyais bien qu’il y avait dans cet événement quelque chose de festif qui rendait beaucoup de gens joyeux. L’édition 2026 devait avoir lieu le week-end dernier, mais elle a été annulée deux jours avant par un arrêté électoral, parce qu’il faisait pas loin de 40 degrés ce jour-là. Les beauvaisiennes et les beauvaisiens ont donc été privé·es de défiler (j’en connais qui le font tous les ans et qui adorent ça), privé·es d’assister aux défilés et au spectacle, d’écouter des fanfares venues de différents pays européens, de manger des churros et des merguez, etc. Les beauvaisiennes et les beauvaisiens ont donc été puni·es. Message aux droitardé·es qui s’étranglent contre « l’écologie punitive » à cause de laquelle, soi-disant, « on ne peut plus rien faire » : si ces fêtes dites « traditionnelles » ont été annulées, si à Beauvais on n’a pu « rien faire » durant ce week-end là, s’il n’était pas possible de sortir la journée et de dormir la nuit dans la majeure partie des quartiers de la ville (notamment dans les quartiers populaires), ce n’était pas à cause dézécolos ou à cause de mes am·ies du réseau associatif et citoyen Beauvais en transition mais c’est à cause du changement climatique provoqué par le modèle capitaliste, productiviste, extractiviste, colonialiste, etc., que vous vous acharnez à protéger et même à déployer toujours plus.
Avec les zécolos on peut s’arranger. On peut essayer de les amadouer et de leur faire croire qu’on agit alors qu’en fait on s’en tamponne royalement. En 2021, j’ai donné une formation à la crise écologique à tous les élu·es du Beauvaisis. La maire madame Cayeux n’est pas restée jusqu’au bout et elle a dit avant de partir que c’était « très intéressant » et que la mairie allait « évidemment en tenir compte » . Mais le lendemain même, elle annonçait en conseil municipal que la ville allait accroître son soutien à l’aéroport pour la montée en puissance de la deuxième piste. Coupable irresponsabilité. Comme celle qui consiste à organiser une réunion de concertation sur la montée en charge de l’aéroport de Beauvais en plaine canicule et par 39 degrés (c’était il y a quelques jours, le 25 juin).
Les zécolos, on peut aussi les menacer pour essayer de les intimider et de les faire taire, comme ce voyou de Bertrand Venteau, qui a fait campagne pour devenir président de la Coordination rurale sur le thème « Les écolos, il faut leur faire la peau » … et qui a été élu. Les zécolos, on peut même les agresser, ainsi que l’ont fait les commandos de la CR qui ont dégradé des bâtiments de l’Office Français de la Biodiversité.
Mais il y a un truc qui s’appelle la réalité physique, avec lequel les droitardés du RN, de LR, de la Macronie, de la CR, du MEDEF ou de C-News ne pourront pas transiger, et qu’ils ne pourront pas faire taire et mettre au pas. Par exemple le changement climatique et ses manifestations. Par exemple la canicule de juin 2026.
Allez-y, les droitardés, lancez votre plan de climatisation (qui va sauver quelques milliers de vies à chaque canicule mais aggraver la situation globale et donc en coûter bien davantage ailleurs), relancez le nucléaire (qui ne sera de toutes façons pas à la hauteur des enjeux et qui sera prêt au mieux dans des décennies, on fait quoi en attendant ?), « libérez les énergies », « simplifiez » le peu de réglementation qui ralentit aujourd’hui la destruction des écosystèmes. Ça n’empêchera pas la catastrophe écologique de continuer à se déployer, les canicules de se multiplier, les calamités agricoles de s’aggraver, l’hécatombe du vivant de s’accélérer, et les fêtes Jeanne Hachette d’être annulées de plus en plus souvent, de même sans doute que des étapes ou des semaines entières de Tour de France. En fait ça augmentera les risques que tout cela survienne, et très bientôt vous vous rendrez compte vous-même que la fin des barbecues et l’annulation des fêtes Jeanne Hachette ou du Tour de France n’est qu’un tout petit désagrément par rapport aux cataclysmes qui ravageront nos territoires ruraux et urbains.
À ce moment-là, peut-être que vous comprendrez, si vous n’êtes pas irrémédiablement débiles, que la végétalisation des assiettes, la fin totale et immédiate de l’aviation civile, l’interdiction de mettre sur le marché des véhicules de plus d’une tonne, l’interdiction de la publicité, l’expropriation des grandes fortunes, la réforme agraire pour permettre aux jeunes d’accéder à la terre sur de petites propriétés en agro-sylvo-pastoralisme, et plus largement le démantèlement de la société industrielle et le retour à une société basée sur une multitude de territoires sobres et exploitant essentiellement des ressources locales, tout cela, qui paraît aujourd’hui un retour en arrière affreux (« On va quand même pas vivre comme de Amish !!! »), aurait finalement été un prix assez mesuré pour permettre le maintien de la vie sur terre, et aussi le maintien d’une partie de « ce que vous êtes ».
Devant tant de connerie, tant de mépris de la réalité et de la science, tant d’égoïsme décomplexé, j’ai une colère de plus en plus immense.
Vous figurez parmi les représentant·es d’un parti politique, d’une institution, d’un groupe d’intérêt ou d’une entreprise qui défend la poursuite et même le développement de la société industrielle, qui réclame d’en finir avec le principe de précaution et de faire all-in sur l’innovation technologique et l’IA ? Alors vous êtes des criminel·les. Un jour il faudra que vous rendiez des comptes.

Merci, merci, merci Grégory.
Si tu savais à quel point ça fait du bien d’entendre parler l’intelligence.
Je suis psychologiquement « préparée » à ce qui nous attend depuis plusieurs décennies maintenant mais ce à quoi je n’étais pas préparée, qui me rend, comme toi, folle de rage et qui m’a encore empêchée de dormir cette nuit, c’est le déni persistant alors même qu’on rentre « dans le dur ».
Cet aveuglement viral je le rencontre partout et en particulier dans mon milieu professionnel.
Sur les 30 enseignants de mon collège, nous sommes 2, oui, 2 (!), à avoir conscience de la gravité de la situation et en ce moment c’est avec une grande tension que je rejoins la salle des profs. Car, oui, dans ce milieu les choses ont bien changé, et si jamais le RN passe aux présidentielles de 2027 je parie que c’est avec la même légèreté, décontraction et insouciance que mes collègues arriveront au collège le lendemain de l’élection.
Le « coq de basse-cour » est un prof de math technosolutionniste rassuriste qui m’a tenu le même discours que les arguments des droitardés que tu cites dans ton article, et comme il parle plus fort que tout le monde, toute sa petite cour suit. La poignée qui ne tombe pas en adoration face à ce gourou pro-capitaliste, ne se sent pas concernée (parce qu’il « faut pas exagérer quand même »).
Je ne sais pas ce qui pour moi est le plus éprouvant quand je viens au collège : les élèves qui se crétinisent (la tête encore pleine des vidéos youporn qu’ils ont visionnées jusqu’au milieu de la nuit), les parents qui insultent et agressent le personnel (la principale – une femme intègre et humaine- vient de porter plainte pour agression et harcèlement) ou le «don’t look up » de la salle des profs… alors quand le matin je peux lire et ressentir ta (saine) colère, je me sens moins seule et ça me permet de tenir.
Encore une fois merci 🙏
Cette insouciance et cette confiance absolue dans les solution technologiques et le « L’homme s’est toujours adapté, alors on s’adaptera encore », ça me semble démentiel. Spécialement chez des gens qui travaillent avec des jeunes et qui devraient quand même penser un peu à la situation abominable dont ils vont hériter…
Un grand merci cher Gregory pour ces paroles roboratives…que je partage à 100 %…
Merci également à isabelle jaglin pour son témoignage…Comment garder la tête froide dans un concert d’absurdités…
Je postais l’autre jour une réflexion sur FCBK à propos du maintien d’un grand prix automobile, il n’a pas fallu attendre’ longtemps pour recevoir une réponse du type :
» les anti voiture, anti bruit, anti tout, se trompent une fois de plus de combat, alors qu’il y a des clim sur les terrasses à Dubaï, dans des stades de foot à ciel ouvert, les centrales chinoises et les USA qui s’en tamponnent comme de l’an 40, mais un gp de F1, un suv en ville , c’est la fin du monde ! »
Lire et relire : https://www.babelio.com/livres/Abbey-Le-Gang-de-la-clef-a-molette-Ne-meurs-pas-o-mon-d/905033
De l’importance également de partager nos colères pour éviter qu’ elles ne dégénèrent
en officines praudiennes…