Je souhaite une belle et joyeuse année, malgré des vents contraires, à celles et ceux qui se sentent animés par l’envie et le courage de vivre comme il convient de vivre, pour qu’une vie « authentiquement humaine » reste possible sur cette planète.
Et pour y réfléchir, je vous conseille très vivement la lecture de « Une éthique pour la nature », un petit livre d’entretiens avec le philosophe Hans Jonas, à la fois très simple à lire et très puissant.
« Comment en êtes-vous venu à établir une éthique de la responsabilité? »
« Il suffisait de regarder autour de soi, (…) de prendre conscience de la situation du monde, ce qui était à la portée de tout un chacun.
(…) L’exploitation abusive de la nature par les hommes, et en particulier par ceux de la civilisation occidentale, a dégénéré en habitude de vie.
(…) Il m’apparut de plus en plus clairement que nous étions en train de créer les conditions de notre propre perdition. Nous ne nous autorisons toutes les bonnes choses dont nous jouissons présentement qu’au détriment du futur. Et nous n’en avons pas le droit. Nous n’avons pas le droit d’hypothéquer l’existence des générations futures à cause de notre simple laisser-aller.
(…)
« Notre puissance nous a rendus plus libres, et cette liberté comporte précisément ses obligations (…). Notre obligation s’étend désormais à la terre toute entière et au lointain futur. Elle constitue une obligation pour nous tous car nous participons tous aux profits de la puissance collective et nous en jouissons. Or notre obligation nous dit qu’il nous faut réfréner notre puissance ici et maintenant, c’est-à-dire qu’il faut réduire notre consommation pour le bien d’une humanité future, que nous ne serons plus là pour voir ».
(…)
[Certains se moquent des conséquences de leurs actes, ou refusent de changer quoi que ce soit à leurs habitudes car ils trouveraient cela trop pénible]. « Je n’ai cure de ceux-là (…). Mais il en est beaucoup d’autres qui, du fait qu’ils se sentent soumis à une loi plus haute que celle de la satisfaction immédiate des besoins et qu’ils aspirent à autre chose qu’à « jouir du présent », se refuseront à la compter pour rien. Voilà ce sur quoi nous devons tabler, et peu importe qu’il y ait effectivement beaucoup de gens de cette trempe » .