Dans cette courte vidéo (seulement 8 minutes), qu’à mon avis n’importe qui devrait avoir regardée, Arthur Keller exprime de façon à mon avis parfaite ce ce qui est en train de se passer, et surtout ce qui nous attend à l’échelle globale : un effondrement inéluctable, parce que…
1) nous ne sommes pas capables d’atténuer le désastre (en tous cas pas assez),
2) nous ne sommes pas capables de nous y adapter (en tous cas pas assez),
3) nous ne fabriquons pas assez de canots de sauvetage pour avoir un plan B à peu près opérationnel quand les systèmes performants dans lesquels nous sommes confortablement installés vont vraiment, mais vraiment se casser la gueule (et pas simplement se dégrader progressivement comme on le voit avec la casse des services publics ou le changement climatique).
« La question c’est « Puisqu’on va pas le faire, qu’est-ce qui va se passer ? (…) Qu’est-ce qui se passe quand notre modèle de société va casser ? Il est en train de subir des pressions de plus en plus fortes, elles sont déjà là. On masque un peu le truc, on s’en rend pas compte parce qu’on vit dans des décors encore rassurants. Mais déjà il se dégrade, on passe en mode dégradé de plus en plus, et ça va continuer comme ça, ça va se dégrader, se dégrader, se dégrader, on dit « On va s’adapter, on va faire ce qu’on peut »… Mais il va y avoir un point de rupture. (…) Qu’est-ce qu’on fait quand ce point de rupture arrive ? Là on ne sera plus en capacité de travailler sur les problème de fond, et de travailler sur l’atténuation et l’adaptation. Là ce sera de la gestion de crise totale. Et dans la gestion de crise, il y a deux options : soit on s’y est préparé avant, soit on s’y est pas préparé. C’est vachement mieux de s’y préparer avant. [Je ne remets] en aucun cas la nécessité de travailler sur [l’atténuation et l’adaptation], d’une part pour limiter la casse et gagner du temps, et d’autre part pour avoir aussi de nouveaux systèmes et de nouveaux principes qui seront utiles demain de toutes façons. Mais imaginer que ça pourrait suffire pour lisser la courbe, non, on voit bien que les verrouillages sont partout ! Donc il est temps de se préparer à la possibilité de l’échec de nos stratégies de transition, que ce soit l’adaptation, l’atténuation, ou la résilience. »
Qu’est-ce qui va se passer ? Réponse : ça va chier. Bon courage à toutezétous.
Pour ma part, je vais continuer à fabriquer un canot de sauvetage en transformant mon lieu, et (j’insiste) je vais continuer le faire pas seulement pour moi et ma famille, mais avec l’idée d’accueillir, et de faire vivre l’un des innombrables lieux dont on aura besoin bientôt quand les navires amiraux, les cuirassés et les destroyers auront fait naufrage.
