Arthur Keller, « La transition va échouer » – mais alors que faire?

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6 thoughts on “Arthur Keller, « La transition va échouer » – mais alors que faire?

  1. La question induite, me semble -t-il, serade savoir qui accueillir dans ces lieux « canots de sauvetage ». Et comment ne pas y reproduire le chaos que l’on trouve à l’extérieur et qui empêche d’atténuer la chute collective. Y as-tu réfléchi ?

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    1. Oui, c’est même un sujet de réflexion depuis longtemps, bien avant que je m’installe ici.
      Sur la première question, très honnêtement, je crois que si on imagine un scénario d’effondrement économique et social brutal (hypothèse d’école), la plupart des personnes qui auront mis en place un canot de sauvetage penseront d’abord à y accueillir leurs proches et notamment leur famille (c’est mon cas), et que toutes les personnes qui n’en auront pas essaieront de se tourner d’abord vers les membres de leur entourage plus ou moins éloigné qui en auront mis en place. Pour ma part (et je là aussi je crois que c’est assez banal), dans un tel contexte les places iraient aussi en priorité aux personnes qui se sont investies dans le lieu, qui ont passé du temps, qui ont filé un cop de main, qui ont vu le projet se développer. Pour qu’un lieu comme le mien devienne un vrai « canot de sauvetage », il faut a minima que le ou les logements soient correctement isolés, que des arbres aient été plantés, qu’il y ait une capacité d’autonomie minimale pour l’eau, l’alimentation et l’énergie, et tout cela nécessite beaucoup de temps, de travail et d’argent. Un jour un copain m’a dit « Quand ça pètera, on viendra chez toi! », et j’ai trouvé ça assez gonflé sachant qu’il n’y a jamais mis les pieds!
      Pour ce qui est de ne pas reproduire le chaos à l’extérieur, je ne sais pas trop comment on y arrivera (le PFH…), mais il faudra bien trouver des moyens. Clarifier la raison d’être et les objectifs du lieu, mettre en place et faire vivre une communication transparente entre les résidents, faire tout son possible pour ouvrir le lieu sur le voisinage…

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  2. Merci pour ta réponse.

    J’ai une autre question : puisque tu auras un canot de sauvetage, comment envisages-tu que personne ne puisse monter à bord sans ton accord, voire ne t’expulse de ton canot ? Par la force, éventuellement.

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    1. Eh bien non seulement je n’ai aucune garantie pour ça, mais je m’attends même que ça arrive. Parce qu’il n’y aura pas assez de canots pour tout le monde, tout simplement…
      Je n’ai pas prévu de me défendre par les armes ou en faisant des tours de garde la nuit, si c’est ta question. Je ne dis pas que je ne le ferai pas si le jour venu c’est nécessaire, mais je dis que ce n’est pas le projet. Imaginons un effondrement très brutal à la Mad Max (là aussi je ne dis pas que je pense que ça va se passer comme ça, c’est une expérience de pensée): je n’ai aucune envie d’utiliser la force pour me protéger contre la prédation et pour survivre 3 semaines de plus que les autres, d’autant plus que ce seraient sûrement les 3 pires semaines de ma vie.
      En fait je fais ce que je fais parce que j’estime que c’est ce qui doit être fait. En me disant que si on est aussi peu nombreux et peu nombreuses à le faire qu’à l’heure actuelle, ça finira mal parce qu’il n’y aura pas assez de canots de sauvetage.
      Je me dis aussi que parmi les gens qui sont persuadés que l’effondrement écologique, social, culturel et politique est en cours, ce serait bien qu’il y en ait davantage qui se lancent dans ce genre de projets. Parce qu’alors, quand ça commencera vraiment à craindre, tout le monde aura dans son entourage un parent, un tonton, une cousine, une amie, etc., chez qui se rendre, dans des lieux qui auront été pensés et configurés pour pouvoir accueillir du monde (et ça prend de l’argent mais aussi du temps, beaucoup de temps…)

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  3. BonjourArthur Keller,

    Nous nous permettons de vous écrire pour vous inviter à l’avant-premièred e notre nouveau film documentaire « Les recommencements », avant sa sortie en salle l’automne prochain.
    Il nous semble qu’il existe une affinité entre nos approches : là où l’information et le savoir ne suffisent pas toujours à produire un déplacement, ce sont souvent les récits et les expériences vécues qui touchent l’imaginaire et éveillent une attention, rendent une situation réellement sensible.

    Cette proximité tient aussi au fait de ne pas considérer la question écologique comme un domaine isolé, mais imbriqué aux différentes dimensions de la vie en société, aux manières d’habiter et de se relier aux autres.
    Co-écrit avec Al Moon, vétéran amérindien de la guerre du Vietnam, il l’accompagne dans un voyage à travers les États-Unis pour se confronter au passé
    et aux hommes de son ancien bataillon.
    Loin d’un film didactique ou à thèse, il adopte une forme libre pour créer les conditions d’une lente transformation — comment un être, confronté à une réalité trop vaste pour être immédiatement pensée, peut peu à peu s’y orienter et retrouver une capacité de la reformuler et d’interagir.
    La route n’y agit pas donc comme un simple déplacement géographique, pas davantage comme un simple retour au passé : elle devient un processus.

    Nous serions ravies de votre présence, et de vous rencontrer à cette occasion.

    Nous nous ferions une joie de laisser une invitation à votre attention, ou deux si vous souhaitez venir accompagné.

    MARDI 17 MARS | 20H15
    Cinéma Reflet Médicis
    3, rue Champollion – Paris 5e

    BANDE-ANNONCE
    https://vimeo.com/1073033532?share=copy

    Dans l’espoir de votre venue, nous vous saluons chaleureusement
    Isabelle Ingold & Vivianne Perelmuter

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