The Boo radleys – « Lazarus »

The Boo Radleys est l’un des représentants de la noisy pop, du shoegazing et de la britpop, des courants musicaux que j’ai beaucoup écoutés dans mes années d’étudiant.

Dans le paysage de la pop et du rock indé, c’est un groupe assez reconnu, mais sa notoriété n’a quasiment pas dépassé ce petit cercle. Par rapport aux cadors de la Premier League que sont les Stone Roses et les Happy Mondays (pour Madchester) ou Blur et Oasis (pour la Britpop), The Boo Radleys est un groupe du ventre mou, qui est presque toujours resté discret, mais qui a réussi de temps en temps quelques coups d’éclat, comme ce morceau assez énorme, et plus tard le single « Wake up Boo! » , typiquement britpop. C’est un peu le modeste Leicester City FC sortant de l’anonymat pour coiffer en 2016 le Big four et faire un tour en Champion’s League, avant de rentrer dans le rang.

Sorti en 1993, l’album sur lequel figure cette chanson porte un titre pour le moins ambitieux (« Giant steps » ) – paraît-il une référence directe au disque culte de John Coltrane. On ne sait pas bien par rapport à quoi ou à qui le groupe veut faire un pas de géant (par rapport à la concurrence, ou par rapport à ses premières productions ?), mais le fait est que l’album se détache nettement du peloton, au point d’avoir été désigné meilleur album anglais de l’année par plusieurs magazines musicaux, dont Select, NME et les Inrocks. J’ai même lu un commentaire disant que « Giant Steps » est en quelque sorte l’équivalent du White album des Beatles, résumant à lui seul trente ans de pop anglaise.

Bon, c’est faire trop d’honneur aux Boo Radleys, on va quand même se calmer. Mais de fait, loin des mélodies un peu brouillonnes de ses débuts, le groupe propose ici une musique beaucoup mieux arrangée (guitare / basse / batterie, mais aussi cuivres, cordes…), empreinte de mélancolie et d’amertume (les textes ne respirent pas franchement la joie de vivre), mais très entraînante.

« Lazarus » , que certains ont qualifiée d’hymne des Boo Radleys, illustre très bien cette formule gagnante.

Le son est très fortement marqué par le dub, ce genre musical issu du reggae et dans lequel le couple basse / batterie est mis spectaculairement en avant. Les Boo Radleys accentuent encore cet effet grâce à l’électronique, ce qui leur permet d’obtenir un effet dansant absolument imparable.

Ça commence par une longue introduction (1’31), comme je les aime, et en deux parties: curieuse pendant 1’10, avec des sons bizarres et tordus (du reggae psychédélique ou sous LSD ?), puis entraînante au possible, avec une batterie, des guitares, une ligne de basse et une trompette qui explosent soudain, toutes en même temps, de façon étourdissante.

Puis la voix de Martin Carr, lointaine et comme assourdie par les réverbérations, pose quelques mots très simples, soutenue par des arrangements subtils, et les parties chantées alternent avec le retour, plusieurs fois, de la partie rythmée de l’intro, qui fait office de refrain musical.

Au final, cette chanson ébouriffante et volcanique est une brillante réussite, qui donne envie de se lever et de partir à l’aventure. Lorsque je l’écoute, je me dis souvent que comme il y a des road-movies, « Lazarus » est une parfaite road-song.

« And now, and maybe now I should change

because I’m starting to lose all my faith

while those around me are beaten down each day »

Loading spinner

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *