Si vous avez la cinquantaine bien tassée, ou un peu plus, il y a assez fort à parier que vous ayez au moins une fois dansé durant votre jeunesse sur ce « one hit wonder » du groupe new-yorkais Indeep. « Last night a DJ saved my life » est un morceau sorti à la fin de l’année 1982, mais il sonne plutôt comme la disco et la funk de la fin des années 1970, avec un rythme scandé par des battements de main synthétiques, une énorme ligne de basse qui fait les gros yeux aux soucis de toutes sortes pour les éloigner, et de célébrissimes riffs saccadés d’une guitare électrique au son métallisé et un peu grinçant qui électrisent et donnent envie de gigoter en tous sens. Comme c’était la mode à l’époque, on y entend sur la version maxi single des bruitages bizarroïdes (une sonnerie de téléphone, des crissements de pneus à 1’49, un coup de sifflet à 3’30, et même le bruit d’une chasse d’eau que l’on tire), ainsi que quelques mesures d’un rap très malhabile dont à mon avis le groupe aurait pu se passer.
Les paroles racontent l’histoire d’une jeune femme qui remercie un disc-jockey pour l’avoir réconciliée avec la vie en la poussant à se défouler sur le dancefloor (« You gotta get up / You gotta get on / You gotta get down girl » ), alors qu’elle avait le cœur brisé et qu’elle n’avait plus le goût à rien (« I was sittin’ there bored to death » ). Le DJ, pas modeste pour deux sous, rappe qu’en effet il est un guérisseur surpuissant capable de chasser toutes les idées noires (« There’s not a problem that I can’t fix » )…
De fait, même s’il n’y a rien de transcendant dans tout cela, les soirs où l’on a envie de se vider la tête sur une piste de danse, « Last night a DJ saved my life » est un morceau qui peut être prescrit sans modération !
« ‘Cause away goes troubles
down the drain »