Après 5 semaines sans la moindre goutte, mon terrain a bénéficié mercredi et jeudi de deux épisodes de pluie assez peu abondants mais salvateurs (16 mm puis 8 mm), et il est passé à travers les énormes orages du nord du département (il a juste reçu des grêlons de petite taille pendant dix minutes). Mon meilleur poto l’abreuvoir se remet à couler, tout doucement, peut-être un petit m3 par jour, donc assez pour remplir une quarantaine d’arrosoirs. J’en ai profité pour bien humidifier en profondeur les zones de cultures potagères, avant qu’il se tarisse à nouveau. À ce moment-là les deux cuves de 10.000 litres en béton prendront le relais… et elles sont pleines !
La météo annonce un temps quasiment idéal pour le jardin dès lors que comme moi on a la chance de pouvoir arroser (autour de 30 °C mais plutôt un tout petit moins, peu de vent, pas de pluie pendant 10 jours donc pas de mildiou). Les 6 pieds de courgettes se développent enfin, les haricots commencent à exploser et à fleurir, les premières tomates formées sont là, j’ai de nombreuses petites pastèques qui ne demandent qu’à grossir, idem pour les melons (30 pieds de 3 variétés différentes). Je vais pouvoir installer des salades. Je récolte les concombres tout petits pour que les pieds ne s’épuisent pas et que la production, pour l’instant généreuse, dure jusqu’à la fin de l’été. Tout ça est abondamment paillé au crottin de cheval sec.
Bref, a priori les planètes sont alignées côté potager : je me suis démené pour le sauver, mais il y a de bonnes chances pour que je sois récompensé : dans quelques semaines, le jardin devrait être luxuriant. Etant donné le temps que j’y ai consacré pour l’arrosage et le paillage, la fatigue et la charge mentale que ça a généré, je suis vraiment soulagé, et même fier et heureux, je dois l’avouer 😎 Quand je pense à mes ami·es et aux agriculteurs et agricultrices qui se désespèrent d’avoir tout perdu ou presque, je mesure mon privilège et ma chance…
Si tout se passe normalement, je vais aussi pouvoir installer des cultures d’automne (salades, choux, radis daikon, poireaux…). Enfin je vais peut-être pouvoir cuisiner pas mal de bocaux pour cet hiver, ce dont j’avais abandonné l’idée!
Chaque jour je me félicite d’avoir choisi ce terrain sur le critère prioritaire de l’eau, et d’avoir inverti une grande partie de mes économies dans les deux cuves. Sans ce double choix, j’aurais sans doute tout perdu cette année (y compris les jeunes arbres fruitiers plantées à plusieurs centaines de mètres).