Il y a quelques années, par une belle fin de journée d’été, j’avais inséré dans ma platine le CD du cinquième album de Björk, « Vespertine », avant d’aller travailler dans le jardin, comme j’aime bien le faire quand la fraîcheur commence à tomber un peu. L’un des avantages de ne pas avoir de voisins, c’est que je peux mettre la musique assez fort pour l’écouter à distance 😊
Morceau après morceau, j’avais passé une heure à me dire que j’avais oublié à quel point j’adore ce disque, à quel point il est mon préféré de la diva islandaise… et quand il a été fini, je suis rentré pour le relancer.
Si j’aime tant « Verpertine », c’est d’abord pour sa cohérence impressionnante, pour le chant libre et doux de Björk, qui y aborde des thèmes très personnels et laisse apparaître une vulnérabilité vibrante, une sensibilité intense à la beauté fulgurante du monde (« Aurora, / goodess sparkle, / shoot me » ). J’aime aussi beaucoup ce disque pour l’electronica intimiste, lente et subtilement ouvragée. C’est le cas dans cette chanson d’une grande douceur, conduite d’un bout à l’autre par des microbeats rugueux et crépitants mais toujours légers, allégée par une harpe cristalline et par des choeurs très aériens dans les refrains.
« Looking hard for
moments of shine »
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À une voyelle près, Aurora c’est le prénom de ma fille, qui a aujourd’hui 23 ans. Elle aussi est une étincelle, elle aussi me percute le coeur. Joyeux anniversaire ma chérie ! En attendant que l’on se retrouve pour le fêter, voici un poème de Emily Jane Brontë qui me touche beaucoup :

« Dis-moi, dis, souriante enfant,
qu’est-ce, pour toi, que le passé ?
« Un soir d’automne, doux et clément,
où le vent soupire, endeuillé. »
Qu’est-ce, pour toi, que le présent ?
« Un rameau vert chargé de fleurs
où l’oiselet bande ses forces
pour s’envoler dans les hauteurs. »
Et l’avenir, enfant bénie ?
« La mer sous un soleil sans voiles,
la mer puissante, éblouissante
qui, là-bas, rejoint l’infini. »
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