Peu connu du grand public, Mercury Rev est un groupe américain dont le troisième disque, « Deserter’s songs », a été désigné album de l’année 1998 par le journal musical britannique NME. De ce troisième opus j’ai déjà partagé deux morceaux assez formidables, « The funny bird » et « Goddess on a hiway » . On y entend une sorte de « chamber rock » psychédélique, flamboyante et torturée, qui flirte parfois avec le folk, et dans lequel les guitares côtoient le piano, les cordes, la flûte, le hautbois, les synthés, le mellotron, la trompette…
Cette profusion musicale est particulièrement présente sur « Holes », un titre planant que j’adore. Si cette chanson donne envie de déserter quelque chose, c’est la terre et la pesanteur, pour aller vers les contrées stratosphériques où nous invitent les nappes de synthé et la voix de Jonathan Donahue, frêle, candide, presque fluette.
« Holes » est une chanson à la beauté crépusculaire (ça fait notamment allusion au délitement de la vie d’un groupe musical : « Bands, those funny little plans, that never work quite right » ), qui après un magnifique solo de trompette, se termine aussi doucement et lentement qu’un coucher de soleil à l’horizon. Et j’en redemande.